La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

2 décembre 2019 – La migration des hirondelles du Gard

Conférence de Christian Hubert 

Christian Hubert du C.O.Gard, après nous avoir traité un premier volet sur les hirondelles dans le Gard présentant les 5 espèces de nos contrées, nous propose le second volet sur la migration des hirondelles. Il détaillera le cycle d’une année complète de leur existence et le calendrier de leur migration.

 

Rendez-vous : à la mairie d’Arpaillargues (salle annexe) le lundi 2 décembre à 15h

Nous terminerons par un petit thé de l’amitié pour cette dernière animation de l’année.

>>> Pour en savoir plus 

 

Ça c'est bien passé

Affiche pour la conférence

Christian Hubert est revenu, tout comme les hirondelles (hum !), pour nous parler cette fois-ci de la migration de ces petits passereaux que sont nos cinq espèces d’hirondelles du Gard.
Une vingtaine de personnes a suivi attentivement la présentation de ce second volet qui portait sur le mystère de la migration. De nombreuses questions entourent ce phénomène propre à de nombreux oiseaux.

Le Processus

Après un petit rappel de la séance de l’an passé, Christian a insisté sur le long processus de la migration en nous présentant un calendrier où toutes les étapes sont importantes, voire vitales. L’existence des hirondelles est rythmée par une succession d’étapes, que ce soit en Europe où elles viennent nicher, ou en Afrique où elles séjournent en hiver, ponctuée par deux grands voyages de migration.

Un auditoire attentif

Les hirondelles sont de retour

Messagères du printemps, elles arrivent en France et dans notre région vers les mois d’Avril-Mai et tout de suite elles se lancent dans une vaste opération de maçonnerie. Elles doivent réparer ou reconstruire leurs nids.
Les hirondelles rustiques choisissent les granges et les remises. Sachant que chaque nid pèse 200 mg de boue et compte 2 200 brindilles, cela nécessite plus 1 100 voyages pour un couple qui construira un nid en 8 à 10 jours.
Le nid des hirondelles de fenêtre, qui préfèrent le construire sous les génoises des toits, est constitué de plus de mille boulettes et réalisé en 15 à 18 jours par le couple. Un travail colossal !
Fin Mai c’est la ponte de 3 à 6 œufs puis la couvaison, seul moment de repos pour ces petits oiseaux.
En Juin, la première nichée doit être alimentée et l’objectif principal est la chasse pour ramener 7 g d’insectes volants, soit 7 000 insectes par nid ce qui correspond à un très grand nombre d’aller-retour.
En Juillet-Août il peut y avoir une 2e ou 3e nichée et toujours les incessants allers-retours à la recherche de la nourriture, car il faut emmagasiner 7 à 8 g de graisse pour affronter le grand voyage et atteindre 60 à 90 heures de vol en autonomie. Chaque hirondelle doit passer de 20 à 30 gr.

Le grand départ

La migration

En septembre, c’est le grand rassemblement pour le grand départ. Elles se regroupent sur des arbres, des fils, des toits, ou dans les roselières où demeurent encore des insectes, puis amorcent une descente progressive vers le Sud.
En Octobre, Novembre et Décembre c’est le grand mystère non encore totalement élucidé de la migration. Depuis Aristote jusqu’à la fin du 18e s., les savants et les érudits pensaient que les hirondelles s’enfouissaient sous la boue ou sous l’eau pour passer l’hiver. Buffon, grand naturaliste a commencé à s’insurger, puis en 1899 Christian Mortensen institutionnalisa le baguage et c’est au début du 20e s. qu’il y eu un premier retour de bague sur oiseau mort lors d’expédition en Afrique. Ce n’est qu’en 1960 que grâce au baguage on a pu attester la présence d’hirondelles en Afrique.

L’Hivernage

Il a fallu attendre les années 1990 pour avoir une carte de migration et de stationnement et qu’un naturaliste italien ayant bagué 50 000 hirondelles, eu en réponse 100 bagues, trouvées à l’occasion, là aussi, d’une expédition au Nigéria où les bagues étaient portées en collier. A Ebbakem au sud est du Nigéria une colonie de 3 à 4 millions d’hirondelles s’installe en hiver.
L’opération inverse du baguage fut effectuée ensuite. En France le baguage est réalisé par le Muséum d’Histoire Naturelle. Sur 850 000 baguages effectués le retour d’info est de 1 pour 1 000 (le public pensait 10 % !). 

 

Grandes questions

Aux questions : Pourquoi les hirondelles partent en Afrique et pourquoi n’y nichent-elles pas ? Christian précise : Ce n’est pas à cause du froid, mais par manque de nourriture qu’elles partent, car les insectes disparaissent en hiver, alors qu’en Afrique, en dessous du fleuve Niger, il y en a beaucoup. Ensuite au printemps la demande en insectes volants est telle, qu’elles doivent repartir en Europe où les insectes sont revenus.
Sur les 75 espèces d’hirondelles, 37 sont sédentaires sur le continent africain.

La migration (La Hulotte)

Dangers de la migration

La migration est un voyage long et difficile de 5 à 7 000 km. La disparition des oiseaux est importante.
Sur 200 petits prêts à partir seul 40 reviendront (80 % de perte) la 1ère année, 13 la 2e , 6 la 3e, 3 la 4e et 1 la 5e année.
Une hirondelle vit aujourd’hui en moyenne 3 à 4 ans, rares sont celles qui vivent 14 ou 15 ans ou plus.

Christian évoquent ensuite les 5 grands dangers qui menacent les hirondelles : 3 naturels et 2 humains.

– les barrières naturelles :
  • massifs montagneux avec le froid et la tempête,
  • la mer très longue à traverser,
  • le Sahara qui s’étend de plus en plus.
– les dangers humains
  • la prédation sur le continent africain avec la chasse au filet (600 000 tuées dont peu d’hirondelles de fenêtre) et la capture et la mise en cage pour les touristes.
  • les problèmes cultural et architectural avec les traitements et pesticides.

Mystères

Christian a présenté une carte des migrations où sont inscrits les lieux d’hivernage de chaque espèce d’hirondelles : les rousselines, les rustiques, les rivages, les hirondelles de rocher migrent peu, on peut en observer près du Gardon, mais seules les hirondelles de fenêtre restent toujours un grand mystère. Sans doute hivernent-elles en Afrique de l’est mais nous n’en avons toujours pas la preuve.
Certains spécialistes, sont aujourd’hui convaincus que les hirondelles de fenêtre passent tout l’hiver en vol dans le ciel africain.

De quoi regarder nos hirondelles de fenêtre et les 40 nids entiers présents dans notre village sous un œil nouveau, curieux et admiratif ! Ce qui nous engage à poursuivre l’inventaire en 2020 et peut-être à l’étendre.

La conférence s’est terminée par un thé de l’amitié agrémenté d’oreillettes du Marché de Noël (offertes en remerciement des contes de Noël racontés aux enfants par trois membres de la Zébrine), une belle façon de clôturer cette année 2019.

Pour aller plus loin :

 Quelques photos de la conférence

 

 

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