La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

7 mai 2019 – Visite de Labeaume

Labeaume

Labeaume

Visite guidée du village de Labeaume (Ardèche) et des jardins suspendus. Village de caractère situé au bord de la rivière Beaume, entouré de falaises autrefois creusées de grottes troglodytiques. Les « jardins suspendus » du Récatadou sont des terrasses aménagées dans les falaises. On y cultivait toutes sortes de légumes en fonction des saisons.

 

Rendez-vous : 7 h 45 au parking de la salle polyvalente pour co-voiturage. Rendez-vous à 9 h 30 au parking du village

Ça c'est bien passé

 

En route

Pour La Zébrine, dont la mission et l’intérêt sont principalement tournés vers le patrimoine de pierres, le village de Labeaume avait tout lieu d’être passionnant.
Passés Vallon-Pont-d’Arc et Ruoms, la route sinueuse dévoile un paysage de pierres et de gros rochers ruiniformes.

 

Labeaume vu du pont

Un village de pierre

Le village accroché à la falaise est tout de pierre. Les maisons de galets et de gros moellons calcaires intègrent même les rochers. Pour construire « un simple coup de casquette pour dépoussiérer le rocher et zou on peut construire » déclarait la grand-mère d’un de nos guides. En effet, chaque maison semble inclure ou naître d’un rocher. Les rues même sont caladées et les 20 membres de La Zébrine ont emprunté pour commencer la calade de l’ancienne mairie jusqu’à l’ancienne école près de la vieille mairie où demeuraient les restes d’un panneau d’affichage, puis ont suivi la grande calade et la calade de la Coste jusqu’à la maison construite en éperon ou proue de navire très effilée en passant devant une ancienne échoppe.

Ancien château

Nous sommes descendus par la calade du Rieu en suivant la source si importante dans ce pays minéral, remontés par la calade de la grotte des chèvres en passant près d’une petite bergerie dans le rocher, pour deviner les bases d’une tour, apercevoir le château et les grottes si nombreuses qu’elles ont donné leur nom au village et à la rivière (une beaume étant une grotte en langue d’Oc). Nous sommes descendus, peut-être encore par la calade de l’ancienne forge jusqu’à la place du Sablas, la grande place du village où se trouvait un ancien moulin, des restaurants, une fontaine et où se tenait le 1er petit marché de la saison.
La rivière La Beaume et le pont submersible sont à proximité, ce qui explique les repères de crues sur la façade d’un café, témoignant des inondations. Chaque année la rivière sort de son lit, c’est pourquoi le pont n’a pas de parapet , mais certaines crues sont exceptionnelles comme celles de 1890 et de 1992. Les villageois habitués à ces débordements habitaient le haut du village ou le haut des maisons, réservant le bas aux usages agricoles.
Nos quatre guides faisant partie de l’Association Dolmen et patrimoine, bons connaisseurs de leur village, nous ont bien guidés dans les ruelles tout en évoquant son passé. La période la plus florissante se situe après la révolution avec la production de cocons de vers à soie qui étaient portés aux moulinages (et non à la filature comme chez nous). Le village, comme ceux de l’Uzège ou des Cévennes, était planté de quantités de mûriers, mais il y avait à Labeaume une autre richesse, comme à Vézénobre : la figue, récoltée et séchée sur les terrasses voûtées (les couradous où s’effectuait aussi le décoconnage ). Ce qui a donné le surnom des habitants : « Beca figue et saute ron » (= mange figue et saute rocher).
Nous avons continué la visite par l’Eglise Saint-Pierre au surprenant clocher soutenu par de massives colonnes formant narthex. Elle abritait une salle présentant les vêtements et objets de culte et de procession et un curieux Saint Joseph portant l’enfant Jésus.

 

Balade sur les rives de la Beaume

Balade sur les rives de la Beaume

Balade sur les berges de la Beaume

Nous avons ensuite emprunté un sentier qui longe la rivière tapissée de Cerfeuil et de Balsamine où commencent à s’étager les jardins, puis, doucement, grimpé à flanc de falaise en passant prés d’un ancien réservoir détruit par une chute de pierres, pas plus tard que l’an passé (hum, prudence !). La vue est superbe, un peu vertigineuse bien sûr. Nous avons enfin atteint les fameux jardins suspendus vus dans « Des racines et des ailes » et qui ont motivés notre visite.

 

 

Jardins suspendus

Les jardins suspendus

Tout en haut du village, dominant La Beaume, un mas fut construit par la famille Reynaud, le mas de Saint-Genest. La population du village au 19e siècle a augmenté comme partout et les terres cultivables étaient très rares. Le plateau étant, nous le verrons, recouvert de grandes dalles de pierre calcaire, il a fallu gagner sur la falaise la moindre parcelle de terre. C’est ainsi que les agriculteurs, maçons et carriers de surcroît sont devenus voltigeurs, escaladeurs et ont accompli une oeuvre remarquable : d’escaliers, vires, passages, tunnels… une merveille de jardins, tous dédiés à une culture spécifique, du haut en bas de la falaise. La vue est magnifique mais vertigineuse.

Pique-nique devant le Récatadou

Pique-nique devant le Récatadou

Après le pique-nique devant le « Récatadou », le mas, devenu salle communale, après avoir été colonies de vacances…, ceux qui sont descendus (comme celles qui sont restées en haut d’ailleurs) ont pu admirer non seulement le travail de ceux qui ont bâti puis cultivé ces terrasses mais aussi de ceux qui ont restauré et débroussaillé en 2007 ces parcelles redevenues sauvages. Aujourd’hui, depuis 2012, un conservatoire de figuiers s’étage sur les jardins. Des plantes résistant au manque d’eau, des rosiers, iris en fleurs … nous ont été présentés par Jacques, le jardinier. Le dernier jardin observé en descendant un long escalier taillé dans le rocher nous réservait une surprise. Une tête sculptée dans la pierre, la bouche ouverte pour laisser jaillir l’eau d’une citerne prévue pour arroser le petit lopin de terre. Jadis une rangée de vigne était plantée juste au bord du vide pour prévenir celui qui cultivait et devait s’arrêter sitôt la vigne touchée afin de ne pas basculer dans le vide. Un petit oratoire voûté, sculpté d’une croix martelée devait aussi les protéger !

 

Dolmen du Ranc de Figère

Les dolmens

Nous sommes redescendus dans le village par un chemin plus court et avons repris les voitures pour nous diriger vers le Ranc de Figère où se trouvent le chemin des dolmens. Nous avons pu observer cinq dolmens de moyenne grandeur, constitués de très gros blocs de pierre provenant sans doute de la roche prise sur place car le plateau est vraiment complètement minéral, recouvert d’un calcaire dur comme celui d’Arpaillargues, mais qui laisse très très peu de place à la terre et à l’arbre. Un paysage presque lunaire où des hommes sont venus bâtir 147 dolmens (au dernier comptage), mais oui, sur les 900 que possède l’Ardèche : incroyable ! Il y en a plus qu’en Bretagne, mais ceux que nous voyons ici sont plus petits.
Après la causerie de Mme Couderc sur la « révolution du Néolithique » et la migration puis la sédentarisation de l’homme de la préhistoire de par le monde, Michel (je crois), un autre membre de l’association, nous a décrit avec humour les dolmens du parcours, en complément aux intéressants panneaux pédagogiques.

La fin de l’après-midi arrivant, il nous fallait bien rentrer, non sans nous être désaltérés au « Bec figue », le bistrot de pays. Une belle balade qui a satisfait tous les promeneurs, le village est magnifique (surpeuplé en été), « un village de caractère » et nos guides fort sympathiques, tant et si bien, que nous les recevrons sans doute à notre tour pour leur faire découvrir notre propre village.

 

 

 

Pour aller plus loin :

 

Quelques photos de la visite

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