La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

6 juin 2019 – Visite de Suze-la-Rousse

Suze-la-Rousse

Suze-la-Rousse en Drôme provençale. Visite du château avec Jean-Pierre Couren et présentation de l’Université du Vin. Édifiée sur un promontoire rocheux, la forteresse médiévale est un spectaculaire ouvrage militaire protégé par des tours et un rempart. La visite sera suivie de celle du Musée de la typographie à Grignan.

Rendez-vous : 8h30 au parking de la salle polyvalente.

Quelques mots sur la promenade :
La visite a été proposée et organisée par Jean-Pierre et Gilberte Couren. Un repas est prévu au restaurant « La ferme Chapouton ».

 

Ça c'est bien passé

Château de Suze-la-Rousse

Le parcours

Le château de Suze-la-Rousse se trouve en Drôme provençale. Il fait partie des trois châteaux dont Jean-Pierre Couren avait la charge en tant que Conservateur du Patrimoine, c’est dire s’il le connaissait bien et, comme à Grignan, il a fait partager ses connaissances aux 21 zébriniens qui ont franchi la limite de leur département.

Le village

Tout d’abord, le curieux nom du village : Suze serait un Segusa, du pré-latin seg, au sens de hauteur, comme Saze, Sisteron… et La Rousse, ferait référence à la châtelaine du 15e s. Marguerite des Baux, appelée « La Rousse », mais plus probablement à la teinte particulière des pierres qui servirent à la construction du château, à vous de choisir !
Le village se blottit au pied du château fort, construit sur un promontoire au cœur des vignobles des Côtes du Rhône. Ce très beau château, classé monument historique, fut édifié dès le 12e s. par la famille des Baux, descendants des princes d’Orange, à l’emplacement d’un relais de chasse offert par Charlemagne à son cousin Guillaume de Gellone au 8e siècle. Au Moyen Âge, Suze était la ville la plus importante du Tricastin. À la Renaissance, les La Baume transformèrent le château en une demeure de plaisance avec une cour d’honneur à l’italienne. Il fut ensuite remanié et remis « au goût du jour » aux 17e et 18e siècles par ses propriétaires successifs.

Le groupe attentif devant la Garenne

La Garenne

Entouré par sa garenne de 23 hectares, le château a fière allure. C’est sur cette garenne du latin «garenna» ou «warenna», en provençal «gareno», signifiant forêt réservée, qu’un oppidum a d’abord été érigé (quelques vestiges archéologiques l’attestent). Ce bois de chênes, principalement verts, était autrefois une chasse réservée ; il entoure le château d’une couronne de verdure et inclut divers édifices comme la chapelle, la glacière et le pigeonnier et surtout le jeu de paume, ancètre du tennis, l’un des derniers jeux de paume subsistant en France. Ce grand bâtiment rectangulaire aurait été édifié au 16e siècle, en l’honneur du passage du roi Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis effectuant le « grand tour » passant aussi par le Pont du Gard. Une balle en cuir était frappée par une batte sur les murs séparés par un filet dont il reste les traces de fixation.

Le Château

Cour d’honneur

Acquis par le Département de la Drôme en 1965, le château a fait l’objet d’un vaste projet s’articulant entre l’histoire du site et le patrimoine vitivinicole de la Drôme.
Nous rapprochant du château, nous avons longé des vestiges de gargouilles et de blasons puis franchi le grand pont dormant autrefois surmonté d’un châtelet et d’un pont levis sur les fossés secs (pas de douves par manque d’eau) et pénétré dans la superbe cour Renaissance par la porte monumentale surmonté du blason des La Baume. Quelle surprise de découvrir derrière l’austère façade médiévale une jolie cour finement ornée et miraculeusement conservée ! Les trois ordres classiques : toscan, ionique et corinthien avec pilastres, colonnes engagées, blasons, trophées, fenêtres à doubles croisées, gargouilles… se déploient sur les quatre côtés. Un grand puits-citerne et un puits domestique complètent cette véritable oeuvre d’art réalisée par Rostaing de La baume en 1547 et poursuivi par François de La Baume au 17e s.
Après la grande cuisine incluant une monumentale cheminée, nous avons pénétré dans le grand hall au magnifique escalier à double révolution dallé de marbre, il est somptueux avec ses sculptures néoclassiques.

Vitrine sur l’usage du vin

Les usages du vin au fil des siècles

Au 1er étage se succèdent des salles toutes dédiées aux usages et à la culture de la vigne et du vin. Sur des panneaux et dans de très belles vitrines, tout l’univers du vin et de la vigne est évoqué dans une approche croisant arts et arts décoratifs, archéologie, histoire, ethnologie, économie, formation et métiers du vin : verres, flacons, amphores… transport, production, avec entre autre l’évocation des terrasses de cultures soutenues par des murs de pierre sèche qui a retenu notre attention bien sûr !
Outre les collections de ce musée thématique, nous avons pu admirer :
– La salle d’arme ou Grande salle, qui présente des fresques guerrières encadrant la cheminée aux armes des La Baume, faisant face au portrait de François de La Baume-Suze. De fines gypseries aux allégories de la pêche et de la chasse, des paniers fleuris et des instruments de musique ornent les murs.
– Le Salon octogonal, est un véritable bijou de gypserie de style rocaille composé d’un décor de feuillages, guirlandes de fleurs, bouquets et de grotesques.
– La grande salle ornée elle aussi de très fins stucs et gypseries évoque les quatre saisons et les quatre éléments : printemps / terre ; été / air ; automne / eau ; hiver /feu. Elle est magnifique et contient une brillante collection de verres et d’objets de la table.
Se succèdent : Petit vestibule, antichambre, chambre du Bailli… avec une présentation muséographie originale et ingénieuse où il aurait fallu s’attarder davantage, mais nous étions attendus.

 

Atelier de dégustation dans la Chapelle

L’Université du vin

Une animatrice de l’Université du Vin nous a présenté cette institution installée dans le château depuis 1978, qui par des actions de sensibilisation et de formation à l’œnologie et aux métiers de la vigne et du vin, s’adresse aux professionnels comme aux amateurs. Nous avons visité les salles d’atelier et le grand amphithéâtre, équipés pour la dégustation, installés dans la chapelle et dans les caves au sous-sol du château, ce qui nous a permis de contempler le grand pont dormant et les tours massives de très près.
Après un bref regard sur le jardin ampélographique qui regroupe des cépages du monde entier nous avons continué notre route bordée de lavandes en fleurs, vers Grignan pour déjeuner à La ferme Chapouton, comme l’an passé.

village de Grignan

Le village de Grignan

Grignan

Le Mas Chapouton est toujours aussi beau, c’est le mas provençal type, entouré de rosiers et de murs de pierre sèche, où le repas fut fin et apprécié.
Après le repas, certains sont allés voir la chapelle Saint Vincent aux beaux vitraux contemporains (vue l’an passé), pendant que d’autres ont flâné de rose en rose (un peu fanées) dans les rues du village jusqu’au Musée de la typographie. Là, un libraire nous attendait, bien entendu environné de livres, dont certains, provenant des éditions Colophon, sont imprimés artisanalement et localement sur de vieilles machines à l’aide de beaux caractères en plomb. Il nous a ouvert le musée installé dans la maison du Bailli, un très ancien édifice de justice où était rassemblé au 1er étage de nombreuses machines d’imprimerie et des caractères typographiques en bois et métal… :

Musée de la typographie

un atelier d’imprimerie du 19e s. regroupant tout le nécessaire à la fabrication des livres jusqu’au début du 20e siècle. L’odeur de l’encre et tous les objets nous ont ramené au temps jadis (pas si lointain) des ateliers d’imprimeur. Dans la salle du bas est installé l’atelier en activité où nous avons assisté à une courte démonstration d’impression, puis nous avons visité les anciennes prisons de cette maison de justice où sont rassemblés tous les objets d’écriture : multiples encriers, porte-plumes divers et une collection de machines à écrire derrière les barreaux !

La journée riche en découvertes se termina comme il se doit par un rafraîchissement au Café Sévigné au pied de la statue de la célèbre marquise.

Pour aller plus loin :

 Quelques photos de la visite

 

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