La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

Catégorie : Les sorties de la Zébrine

14 septembre 2020 – Balade autour du Domaine de La Tuilerie à Violès

Domaine de La Tuilerie

Pour sa première sortie après la saison chaude et suivant le programme annoncé lors du repas champêtre de  juin dernier, nous vous proposons de nous retrouver pour une balade autour du Domaine de la Tuilerie à Violès avec Edith.

Rendez-vous : 10h15  au parking de la Cité médiévale de Vaison la Romaine ou 8h45 au parking de la salle polyvalente pour covoiturage.

Quelques mots sur la sortie: Au menu : découverte des villages de Séguret, Sablet, Gigondas le matin et, l’après midi, visite de La Roque Alric et, peut-être, la cité médiévale de Vaison-la-Romaine (si le temps nous le permet). Tout cela bien sûr en voiture et non pas à pied et agrémenté d’un repas à l’auberge du domaine à midi (25€/personne) concocté par la belle-fille d’Edith.

 

Ça c'est bien passé

Vaison-la-romaine

Par une fort belle journée de fin d’été une vingtaine de zébriniens se sont retrouvés au pied de la cité médiévale de Vaison la romaine pour commencer une balade dans les beaux villages de l’ancien Comtat Venaissin.

 

 

Edith Henry

Edith

Arpaillarguoise et zébrinienne, elle a vécu une trentaine d’années à Violès au domaine de La Tuilerie. Elle nous a proposés de découvrir les lieux où elle avait l’habitude d’emmener ses amis et ses enfants et nous l’en remercions chaleureusement.

 

 

 

 

Le Pont romain

Le Pont romain

Une fois franchi le Pont romain qui est le véritable lien entre la ville basse moderne et la cité médiévale , nous avons commencé à grimper par les ruelles caladées (pavées). Daté du 2e siècle après J-C, il est célèbre pour son arche unique et sa crue de 1992.

 

 

La cité médiévale

Nous passons le porche et le beffroi du 14 e siècle et nous découvrons les beaux hôtels particuliers qui bordent les rues, construits parfois avec les vestiges antiques de la ville basse. Nous admirons les portes et les fenêtres à meneaux et à croisées.

Vaison la romaine à la particularité d’avoir à la fois une ville antique au bord de l’Ouvèze et médiévale sur le rocher, avec des déplacements de populations et d’habitats successifs de la préhistoire à nos jours. Capitale du peuple Voconces « Vasio vocontiorum » (vasio = source), elle fut ensuite l’une des villes les plus riches de la Narbonnaise au 2e siècle avec l’occupation romaine.

Au 13 e siècle la population a cherché refuge sur le rocher au pied du château, construit par les Comtes de Toulouse au 12e siècle et devenu propriété papale en 1274 jusqu’en 1791. C’est au 19e siècle que le développement urbain contraignit une nouvelle fois ses habitants à quitter son promontoire. Il y a aujourd’hui 6 000 Vaisonnais(es).

De belles fontaines, certaines avec des mascarons, agrémentent places et placettes. La cathédrale-haute surmontée d’un clocher de plan carré est du 15 e siècle, ses grandes voûtes en ogives et ses vitraux contemporains sont remarquables.

Le château, tout au sommet du village, est un château fort aux pierres claires. Nous nous contentons de le contempler du rocher ou de ses remparts pour les plus courageux.

 

Repas à l’Auberge de la Tuilerie

Le domaine de La Tuilerie

Le domaine viticole Grand-père Jules se trouve au milieu des vignes juste avant le village de Violès. C’était le domaine d’Edith et Gérard Henry. Il est aujourd’hui celui de leur fils  qui a pris la suite de son père, mais c’est bien Edith qui a crée l’Auberge de la Tuilerie, d’abord ferme-auberge en 1986 puis restaurant en 1990. Plus table d’hôte que restaurant, elle y accueillait ses amis viticulteurs, ses clients fidèles, certains venus même du Danemark, et tous les amateurs d’une cuisine méditerranéenne raffinée et goûteuse. Elle a bien voulu nous raconter l’histoire de sa formation, de son installation et de son succès.

Sa belle-fille nous a régalés entre autres d’un crespèu et d’un nougat glacé délicieux, accompagnés de vins biologiques du domaine. Des bouteilles aux noms de ses petits enfants : le Benjamin, le Cadet, l’Ainé, Victor, Léa… sans oublier les Bulles éphémères.

Après une courte visite des caves et malgré la chaleur, nous avons quitté l’agréable jardin ombragé de grands platanes, pour repartir en balade.

 

Tour carrée de l’église St Nazaire

Sablet

Nous traversons les vignes du domaine et à quelques kilomètres, voici le village de Sablet sur son mont sableux de saffre, dominé par une tour carrée. Un rempart et 8 tours enserrent des ruelles en colimaçon abritées de « soustéts » (passages couverts) qui montent jusqu’à l’église et à la table d’orientation où nous avons une vue magnifique sur un paysage de vignes et les falaises de Rasteau.

 

 

 

 

Séguret vu de Sablet

Séguret

Village classé « Plus beaux villages de France« , c’est un « village médiéval aux allures de crèche provençale ». Tout comme Vaison et Sablet, ce village faisait partie du Comtat Venaissin, ils ont tous trois un passé commun. Il a été bâti au 10e siècle avec ses maisons serrées derrière les remparts, gages de sécurité dans ces périodes agitées. Il tire son nom du provençal Ségur (sécuritas en latin).

 

Portail neuf ou porte des Huguenots

Du portail de la bise au portail neuf

Nous franchissons le portail de la bise au nord (mistral) et empruntons la rue des Poternes qui traverse le village jusqu’au portail neuf au sud ou « porte des Huguenots ». Nous grimpons à nouveau par de belles ruelles caladées. (Il faut toujours grimper dans ces villages perchés, oh ! les molets !). Nous admirons la fontaine avec ses mascarons (têtes grotesques), flanquée d’un lavoir où certains se rafraîchissent et même s’éclaboussent. Ouf qu’il fait chaud ! Nous entrons dans la chapelle Sainte Thècle, lieu d’exposition qui abrite aussi une statue gallo-romaine du Dieu Sylvain, puis nous grimpons jusqu’à l’église Saint Denis divinement fraîche. C’est une église provençale type au style baroque qui présente en décembre « le mystère de Li bergié de Séguret » une pastorale de Noël. « Tout le village est transformé à Noël par les lumières et les décors, c’est magnifique ! « , nous dit Edith qui aime particulièrement Séguret.

 

Entrelacs de branches de platanes

La place des arceaux

Nous terminons par la place des arceaux derrière le portail sud où nous nous émerveillons de la tonnelle de platanes centenaires faite d’un superbe entrelac de branches. Les platanes ont le label « Arbres remarquables de France« . Après une dernière photo de groupe et un nouveau rafraîchissement au lavoir, nous décidons de repartir vers le Gard malgré l’envie de continuer à découvrir d’autres villages, comme Gigondas, La Roque Alric, Crestet…

Ce sera pour une autre sortie au printemps peut-être.

Merci encore à Edith de nous avoir fait partager ses petits coins de paradis vauclusiens.

A l’ombre de la tonnelle de platanes

Pour aller plus loin

Quelques photos de la visite

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11 mars 2020 – Visite de Vézénobres

Vézénobres

Les capitelles de Vézénobres (le bois Rascalas) et le circuit de l’eau. Visite du centre ancien de Vézénobres. Visite guidée par Michel Wienin, scientifique et spéléologue chevronné,  ancien président de la Société Cévenole de Spéléologie et Préhistoire..

Rendez-vous : 10h  au parking de la table d’orientation de Vézénobres ou 9h15 au parking de la salle polyvalente pour covoiturage.

Quelques mots sur la sortie:
La visite a été proposée par Annie et Philippe avec l’aide de Marcel Watier pour le choix du guide. Un pique-nique est prévu.

 

Ça c'est bien passé

Le site

Sous un ciel radieux (bien différent de celui de Nîmes lors de la précédente sortie !) et une température estivale, un groupe de 17 zébriniens a pris la petite route de Brignon, Cruviers, Ners… pour grimper jusqu’au parking de la table d’orientation de Vézénobres où ils ont retrouvé Michel Wienin, notre guide du jour.

Michel et les zébiniens dans la montée du fort

Michel Wienin

Il est à la fois géologue, chercheur, enseignant… il a réalisé l’inventaire des sites industriels en Languedoc Roussillon. Il est aussi spéléologue et ami de Marcel Watier, ce qui nous a permis (et nous en remercions Marcel) de l’avoir pour guide. Mais il est aussi un enfant de Vézénobres où il a la chance d’habiter dans sa maison de famille (du 12e s.) qu’il nous a aimablement ouverte. Connaissant bien l’histoire de son village, il a su nous faire comprendre son évolution à partir d’un intéressant point de vue économique et technique.

Table d’orientation

La table d’orientation

Nous avons commencé par nous situer à partir de la table d’orientation qui se trouve au sommet du village à l’emplacement de l’oppidum et du fort. Michel nous a désigné tous les sommets que nous pouvions apercevoir. D’un côté les Cévennes avec le Mont Lozère, l’Aigoual…, le Pic St Loup, pour les plus connus, de l’autre côté la garrigue avec le Mont Bouquet (dont nous avons l’habitude de voir la face opposée)… et même le Ventoux, mais aussi le Gardon … le tout dans une visibilité exceptionnelle.

Quelques fragments de mur d’enceinte du fort qui succède à l’oppidum gallo-romain  demeurent encore en place, surmontés pendant la dernière guerre par une tour de guet dont il ne reste que l’encrage des piliers.

Le village médiéval

Vézénobres est un superbe village perché qui a le label Village de caractère et compte 1800 habitants. Étape sur le chemin de Regordane il a connu une grande prospérité au Moyen Age.

Nous entrons dans le village par la porte de l’Auro (vent du nord), une des cinq portes de l’enceinte. Seules quelques belles pierres à bossage témoignent de son existence. Nous descendons la rue du Haut plan, celle de la Montée du fort pour atteindre la Grand rue. Des rues caladées, bordées d’anciennes maisons.

Maison de famille de Michel Wienin

Maison à calabert

Nous entrons dans celle de notre guide pour y découvrir une vaste pièce voutée en berceaux croisés qui parait traversante tant elle est éclairée par la terrasse couverte voutée en berceau, appelée autrefois calabert et destinée au séchage des figues. Notre hôte nous explique que toutes les maisons de cette rue possédaient au 17e siècle ce genre de terrasse, ce qui participe aujourd’hui à la beauté du village, offrant à la vue ces alignements de grandes voûtes. Jadis on y installait sur de grandes piques de bois, des colliers de figues (séparées par des nœuds) que l’on laissait sécher quelques mois pour obtenir ces fameuses figues sèches prêtes à fournir des fruits en hiver, vendues à la foire de la St André en automne. De la terrasse la vue est magnifique sur les collines, les toits du village, le Gardon et le verger-conservatoire des figuiers où 1000 figuiers de 100 variétés différentes proviennent du Conservatoire botanique National de Porqueroles. La grande pièce servait d’échoppe au Moyen Age, ouvrant par une large porte sur la rue, une plus petite porte permettait d’accéder par un escalier aux chambres. Un autre escalier descendait sur trois niveaux où étaient abrités les bêtes, les marchandises…

Les andrones

En remontant la Grand rue, nous passons devant d’étroites ruelles ou escaliers qui permettaient d’atteindre la rue en dessous, sans avoir besoin de parcourir ces longues rues parallèles.

Les doubles portes

Les doubles portes

Nous passons devant des maisons aux curieux doubles encadrements de portes. A la fin du 18e s., pour échapper à l‘impôt sur les portes et fenêtres, de nombreuses portes cochères ont été réduites offrant cette curieuse architecture parfois doublée. De longs claveaux faits d’un calcaire blanc et dur du pays constituent ces grands arceaux du Moyen Age où s’incorporent des encadrements de porte plus tardifs.

Certaines fenêtres au dernier étage des maisons sont surmontées de la carrelle (carréla) ou poulie pour monter la paille ou le foin et plusieurs maisons possèdent une corniche décorative.

Maison romane

Rue des maisons romanes

Nous continuons cette passionnante lecture de façades pour atteindre la rue des maisons romanes. Exceptionnelle rue bordée de magnifiques façades de rares maisons civiles à étage du 12 et 13e s. Une fine corniche de losanges posés sur la pointe décore plusieurs maisons créant un bel ensemble. Partout règne le calcaire blanc et dur comme le marbre. Quelques pierres en réemploi sont incorporées à la façade comme ce chapiteau avec une chimère (au dessus de la fenêtre). Ces riches demeures étaient habitées par des artisans et des marchands, certains désignés comme Génois ou Pisans, car le village se trouvait sur le chemin de Regordane, importante voie de commerce médiéval.

Château de Thoiras

Le château de Thoiras

Nous poursuivons en passant près de la porte Viterne et nous dirigeons vers le château de la famille Girard. La plus belle demeure du village avec ses mâchicoulis et ses fenêtres à meneaux, vendue au 17e s. à la commune, il abrite la Mairie, l’Office de Tourisme et la Maison de la figue.Nous pénétrons dans l’ancienne cour du château devenue rue du porche, ruelle voûtée par une verrière du 20e siècle en passant sous une porte de défense et nous arrivons à la place de la Mairie.

Place de la Mairie

Située entre la Grand’rue et la rue de l’horloge, voici la plus belle place du village où se trouve bien sûr la Mairie à la porte modifiée, mais aussi les cafés et restaurants, un puits-citerne et une fontaine au curieux visage aux yeux multiples. Surmontant le toit de la Mairie, nous apercevons une jolie petite tourelle dite « cheminée sarrazine » qui pourrait être une ancienne cheminée ou une lanterne des morts. Une belle demeure présente une porte et des fenêtres trilobées.

Porte de Sabran

Porte de Sabran

Nous descendons par la rue de l’horloge vers la porte de Sabran (nom d’une famille importante du village). C’est l’unique porte du 13e siècle conservée, elle fut surmontée d’une tour de l’horloge au 19e siècle.

Devenue une nécessité sociale, l’horloge apparait avec le salariat et les manufactures. Le cadran indiquait les 24 heures et à minuit sonnait deux fois 24 heures, pic et repic. Les 48 coups sont devenus vite insupportables et l’horloge fut remplacée par une plus classique et plus discrète.

A proximité, contre l’ancien rempart se trouve un grand bassin-citerne qui contenait l’eau de la Mayre que nous verrons cette après midi. Notre guide se souvient qu’enfant il venait y chercher de l’eau quand la citerne du haut était à sec. Le bassin, lui, ne l’était jamais.

Le château de Montanègre

Nous retournons vers le haut du village en passant près de la porte Bourgoule (du bourg) et près du château de Montanègre ou Fay Péraut du 12e, 14e siècle, quasiment détruit lors des guerres de Rohan (1628). Le village presque entièrement protestant a souffert de ces guerres. Sont détruits l’enceinte et le château dont il ne reste presque, à dessein et pour l’exemple, qu’un haut mur superbement rectiligne coiffé d’une colonie de corneilles.

Pique-nique

Nous retournons vers le parking sur le chemin de Pateférine où à l’ombre de petits chênes verts, nous nous restaurons confortablement installés sur les tables de pique-nique au bord du chemin qui conduit vers les capitelles et les sources.

Sur le chemin des capitelles

Chemin des capitelles

Le circuit du bois Rascalas est celui qui a motivé notre sortie. Il figure dans le livre du Collectif des Garrigues : L’art de la pierre sèche en Garrigue parmi les 20 balades sur les sentiers du Gard et de l’Hérault, comme notre sentier des Conques.

Le chemin circule entre des murs de pierre sèche, parfois se transforme en chemin clapier et longe des enclos plantés d’oliviers.

Culture de l’olivier

La culture de l’olivier est toujours présente à Vézénobres, elle fût très importante après celle de la figue au 17 e, remplacée par celle du mûriers avec la sériciculture, puis par celle de la vigne dans les terres plus riches et de l’olivier dans les terres plus pauvres. C’était, nous dit Michel, une culture industrielle, non pas seulement pour l’alimentation (pour garnir nos salades) mais pour l’industrie textile et entre autre de la laine. Les fils de laine étaient enduits d’huile d’olive pour faciliter le tissage, les tissus obtenus étaient ensuite nettoyés à la terre de Sommières puis foulés (au moulin à foulon) pour les épaissir et les rendre plus résistants. Elle était aussi utilisée dans les savonneries.

Capitelles et tombeaux

Nous apercevons la première capitelle mais aussi un curieux maset dans le sous bois, juste derrière la cabane. Ce n’est pas un maset mais un tombeau réalisé au 19e siècle (les briques utilisées en témoignent) pour une famille protestante. Plusieurs tombeaux semblables se trouvent dans les bois ou sur les murs et clapas, ils datent d’un temps où les protestants n’avaient pas le droit d’être enterrés dans les cimetières catholiques et devaient l’être, comme en Cévennes, dans le champ près de leur mas ou dans les caves.

Certaines capitelles observées ressemblent aux nôtres, mais la plupart sont plutôt du style « carrade », avec les portes excentrées et constituées de pierres plates et régulières. S’ensuivit une discussion de spécialistes sur la construction de ces fameuses cabanes. Michel, à l’encontre des opinions les plus répandues, nous parle de construction en anneaux et non de voûte à encorbellement… nous nous garderons bien de trancher ce dilemme !

Source de la Mayre

Les sources

Nous continuons notre chemin vers les sources. D’abord la Mayre, source mère, abritée par un petit édifice voûté du 19 e siècle, fermé par une porte en fer. Il est le point de départ d’une longue canalisation en terre cuite réalisée par la commune et le Comte de Bernis-Calvière (propriétaire de la source) pour fournir en eau (partagée à parts égales) le village et le château. L’eau  canalisée se divise en deux. Une canalisation se poursuit jusqu’au bassin du Payre (le père) réservoir de 600 m3 pour desservir le château qui se trouve à 1 km, jalonnée de regards voûtés (permettant le nettoyage). L’autre canalisation part en direction du village pour alimenter les deux grands bassins de la place de la Mairie et celui près de la tour de l’horloge.

Le sentier se poursuit jusqu’à la source captée, autre source abritée par un édifice semblable à celui de la Mayre contenant une eau claire.

Chemin de Regordane

La balade se poursuit dans un chemin caillouteux comme le lit d’un ruisseau où nous admirons un vieil arbousier torsadé. Nous atteignons la route de Deaux en empruntant encore une variante du chemin de  Regordane révélant, dans la pierre, quelques anciennes ornières. Nous décidons ensuite d’écourter la longue boucle prévue par notre guide qui tenait à nous faire découvrir une grande muraille à Martignargues. Il fait vraiment trop chaud et les zébriniens sont déjà bien fatigués.

Château de Calvière

Le château de Calvière

La remontée vers le village est un peu lente. Nous faisons halte pour admirer le château de Calvière, ce petit Versailles baroque crée en 1745 par l’architecte G. Rollin pour le Marquis de Calvière au milieu d’un grand jardin de 17 hectares qui nécessitait beaucoup d’eau, entre autre pour remplir de somptueux bassins ! Toujours la propriété de la famille Calvière et Bernis, il ne se visite pas ! Nous nous glissons dans une partie de l’ancien jardin où Michel avait l’habitude de jouer enfant, pour observer les deux bessous (jumeaux), les deux derniers bassins jumeaux.

Nous atteignons enfin le haut du village où nous attendent bien à l’ombre le deuxième groupe de zébriniens qui avait prudemment rebroussé chemin à la Mayre. Tous fatigués mais contents, nous avons remercié chaleureusement notre guide après avoir tout de même rejoint la fameuse muraille en voiture. Etonnant haut et large mur protégeant simplement une vigne : mystère !

Cette randonnée rendue sportive par la chaleur mais instructive, dans ce village chargé d’histoire, au patrimoine riche entre autres de pierre sèche, et qui plus est, accompagnée d’un guide exceptionnel, correspond tout à fait à l’esprit des visites appréciées par les zébriniens.

 

Quelques photos de la visite

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27 février 2020 – Visite sur le thème de l’Eau à Nîmes

Jardins de la Fontaine

Jardins de la Fontaine

L’eau à Nîmes, visite guidée du jardin de La Fontaine, du Castellum divisorium et du quartier des teinturiers avec un guide de l’Office de Tourisme.

Rendez-vous : 9h 30 à l’entrée du Jardin de la Fontaine ou 8h30 au parking de la salle polyvalente pour covoiturage.

Quelques mots sur la sortie:
La visite a été proposée par Gino. Un repas est prévu au restaurant Les Alysées

 

Ça c'est bien passé

Le site

Dès 9 h 30, un groupe de 15 personnes s’est retrouvé devant la belle grille dorée de l’entrée du Jardin de la Fontaine. Un petit groupe de courageux zébriniens qui pourrait regretter le choix du thème du jour : l’eau, car l’eau du ciel commence à tomber et le mois de février est encore frais !

 

Jardins de la Fontaine © O T Nîmes

Le Jardin de la Fontaine

Notre guide Sophie Wildbolz munie d’un grand parapluie, sans se départir de sa bonne humeur, a commencé à évoquer le grand ensemble composé de la source, du canal et du jardin, au cœur de la ville. Plus exactement au cœur de la ville gauloise qui s’étendait de la colline surmontée par la Tour Magne (d’abord gauloise) jusqu’au début du Boulevard Jean Jaurès. Cette ville est agrandie par les gallo-romains toujours autour de la source sacrée de Nemausus devenue Augusteum. Au Moyen age elle se déplace et se concentre autour des arènes (lieu de refuge). Elle s’étend ensuite progressivement, atteignant une apogée au 17e et 18e siècles où sont entrepris les grands travaux de l’architecte Jacques Philippe Mareschal (1739-1760) qui, pour contrôler le débit de la source, fait construire ces canaux aux formes arrondies, puis ce magnifique jardin inspiré de La Villa d’Este ainsi que le grand cours (Avenue Jean Jaurès) aujourd’hui réaménagé par Michel Vilmotte trouvant enfin toute sa mesure et attestant des qualités visionnaires de son concepteur.

Canal et pont du Jardin de la Fontaine

Le canal

C’est donc bien à la demande de la ville poussée par ses habitants que le grand canal fut entrepris et c’est bien pour réguler la source et non pour orner le jardin. Un double canal qui ceinture le jardin et rejoint le centre ville où il disparait en partie et se transformait en agau. Aujourd’hui, il abrite de grandes carpes dont le rôle est d’épurer l’eau, de limiter la prolifération d’algues générées par la pollution liée à la décharge des Lauzières située au dessus du bassin de rétention de la source autrefois si claire. Le canal comptait jadis trois moulins le long de son cours.

La source et l’Augusteum

Source et temple de Diane

La source est déjà connue et vénérée par une tribu indigène avant même les Gaulois (ou Volques arécomiques) qui y implantèrent un lieu de culte et un temple dédié à Nemoz. Elle est réinvestie par les gallo-grecs puis les gallo-romains qui y célébraient le culte de Nemausus et qui, en 25 avant notre ère, érigèrent un sanctuaire du culte impérial, un Augusteum décidé par Auguste, tout en conservant le culte de Nemausus.

Les quelques marches qui plongent dans la source sont romaines. Un fanum (petit temple) se trouvait à proximité et un autel sur l’île artificielle du nymphée (là où se trouve aujourd’hui l’ensemble des sculptures au-dessus des colonnades qui plongent dans l’eau venant de la source). Les seuls éléments antiques conservés sont les exèdres (bancs) et des colonnes retaillées. Tout un jeu d’eau se déployait autour du nymphée pour impressionner les fidèles.

L’Augusteum comportait aussi un théâtre que l’on devine sous la pelouse à flanc de colline et un grand portique à colonnes dont quelques éléments (les propylées ou vestibule) sont visibles au Musée de la romanité.

La source n’est jamais à sec, même par les fortes chaleurs et la sécheresse de l’été. Elle coule toujours en un mince filet d’eau et les travaux de régulation de Jacques Philippe Mareschal fonctionnent même pendant les inondations. Ce sont les eaux des cadereaux qui ont inondé la ville en 1988 et 2002, pas celles de la source pourtant issue de l’eau de ruissèlement des collines voisines.

Dans le temple de Diane

Le Temple de Diane

Diane, déesse de la chasse était aussi celle des sources. Le bâtiment ne comprenant pas de fenêtres, il a été dénommé temple par un archéologue du 19e siècle, (peut-être Auguste Pelet ). Aujourd’hui, il reste mystérieux mais lié à l’Augusteum. Certains évoquent une bibliothèque, d’autres encore un lieu de prières et de méditations annonciatrices (incubation), mais pas un temple et encore moins dédié à Diane.

 

Castellum-Divisorium

Le Castellum divisorium

Pas très éloigné du jardin et de la source se trouve un autre ouvrage gallo-romain très rare car il n’en existe que 2 ou 3 dans le monde : le Castellum divisorium ou plutôt le bassin de distribution des eaux de l’aqueduc du Pont du Gard.

L’eau est si importante pour les romains qu’ils ont fait construire à grands frais un aqueduc comme dans toutes les grandes villes romaines pour que l’eau soit accessible à tous, mais surtout par ostentation. Nîmes ne manquait pas d’eau pourtant, outre la source, une importante nappe phréatique se trouve à peu de profondeur. L’aqueduc devait alimenter les 250 fontaines publiques de la ville antique, les thermes et quelques riches demeures possédant l’eau courante. Dix conduites rayonnent dans un bassin circulaire et trois bondes permettent son nettoyage. Il se trouve rue de la lampèze et fut découvert en 1844 par Auguste Pelet (Inspecteur des monuments historiques) qui a étudié le tracé de l’aqueduc suite à des effondrements. Le castellum a échappé par miracle au dynamitage de la colline à la construction du fort Vauban.

L’Agau (dessin d’Émilien Frossard – 1835)

L’Agau

Dans le prolongement du canal, qui a cet endroit se divise et devient souterrain sous le Boulevard Victor Hugo, se trouvait l’Agau, un écoulement naturel, renforcé au Moyen Age et où se sont installés des teinturiers, des soyeux et des tanneurs. Tous ont besoin d’eau et implantent leurs ateliers en contrebas du canal. Au 19e siècle (1870 ?) à la chute de l’artisanat de la soie, le canal est recouvert et devient la rue Nationale. S’y installent de beaux hôtels particuliers à l’image de l’Hôtel de La Baume riche demeure du 17e siècle.

Les teinturiers utilisaient l’indigo, méthode par oxydation qui a produit le fameux Denim, laine ou coton bleu, rustique et solide produit à Nîmes (mais aussi un peu partout en Europe et même à Uzès, selon les dernières études !). En 1990, lors de la construction de la Coupole des Halles, la rue Nationale se voit coupée en deux, elle reprend le nom de rue de l’Agau du côté du square Antonin.

Curieusement, l’Agau se trouverait sur l’emplacement de la Via Domitia, en effet la rue Nationale conduit directement à la Porte Auguste.

 

Notre guide a conclu sa visite par l’évocation du scandale des fuites d’eau présenté dans la fameuse émission d’Elise Lucet, Cash investigation, qui témoigne de l’importance de l’eau dans la gestion communale.

L’eau est une véritable richesse à préserver, de plus en plus précieuse dans cette période de réchauffement climatique. Les zébriniens en sont bien conscients.

Tous satisfaits de leur guide, ils envisagent d’autres visites sur le thème de l’arbre, des ferronneries… ou d’autres encore.

 

 Quelques photos de la visite

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25 septembre 2019 – Visite de l’Abbaye Saint-André de Villeneuve-les-Avignon

Abbaye de Saint-André

Abbaye de Saint-André

Les jardins de l’Abbaye Saint-André. A Villeneuve-les-Avignon, dominant le Rhône, l’Abbaye Saint André possède deux hectares classés « jardins remarquables ». Entre vestiges historiques, espèces rares et paysages bucoliques, les visiteurs s’offrent ici une parenthèse hors du temps. Possibilité d’une visite guidée de l’abbaye.

Rendez-vous : 9h au parking de la salle polyvalente.

Quelques mots sur la promenade :
La visite a été proposée par Jean-Pierre et Christiane, organisée par Annie. Un repas est prévu au restaurant « L’Hortus » de l’Abbaye.

 

Ça c'est bien passé

Abbaye Saint-André de Villeneuve par William Marlow (1740-1813)

Le site

Une petite pluie automnale a accueilli plus d’une quinzaine de Zébriniens aux portes du Fort Saint André de Villeneuve-les-Avignon. Sans nous décourager, en pensant aux bienfaits de l’eau pour la nature et les jardins, nous avons suivi notre guide Olivier Ricomini, le jardinier de l’Abbaye Saint André.
Un jardinier atypique, passionné et passionnant. Il fut en autre, libraire et étudiant en théologie et philosophie. Il a suivi la formation de jardinier à l’Ecole du Breuil et fut même jardinier de William Christie.

Le Palais abbatial : histoire

La visite a commencé par le Palais Abbatial, laissant le temps au soleil de se montrer, devant la maquette du lieu. Notre guide nous a présenté l’histoire de ce rocher, le Mont Andaon situé sur la rive droite du Rhône, face à Avignon et son palais sur le rocher des Doms.
Une érmite Casarie s’y est retirée dans une grotte au 6e siècle. Elle fut l’épouse du 1er Évêque d’Avignon. Sainte femme, sa sépulture devint l’objet de vénération et d’un pèlerinage. Au 10e s. une Abbaye bénédictine s’y établie. Deux églises y furent édifiée, l’une portant le nom de Saint André.
Au 13e s. le roi de France et l’abbé de Saint André deviennent coseigneurs de Villeneuve et une forteresse fut construite sur le rocher, une terre royale face à Avignon où s’établie la papauté.
L’Abbaye se rallie à la Congrégation de Saint-Maur au 17e et entame de grandes constructions avec de célèbres architectes qui transforment le lieu en véritable palais, pourvu d’un magnifique escalier et de grands bâtiments aujourd’hui disparus. Ce qui en reste est déjà d’une grande richesse. Le tableau du peintre anglais William Marlow témoigne de l’importance de l’abbaye au 18e.
Après la Révolution et les moines dispersés, l’abbaye est vendue et son propriétaire décide la démolition et la vente des matériaux. Seul le pavillon d’entrée subsiste. Les propriétaires se succèdent, des soeurs y résident au 19e. Au 20e, le lieu devient la propriété d’un peintre restaurateur des fresques du Palais des Papes dont un ami, Emile Bernard exécuta trois fresques néo-botticelliennes sur les murs d’une galerie. En 1915, Elsa Koeberlé, poétesse, découvre Saint André où elle résidera jusqu’à sa mort grâce à la générosité d’un collectionneur et peintre bittérois Gustave Fayet. Une de ses petites filles Roseline Bacou conservatrice au Musée du Louvre en devient héritière et continuera l’oeuvre de restauration et d’aménagement du jardin avec l’appui des monuments historiques.

Salon du palais abbatial

La visite

La porte franchie, un escalier monumental témoignant des fastes de jadis conduit à une grande galerie jouxtant l’ancien cloître. Les plafonds sont superbes, ils présentent des voûtes à la stéréotomie parfaite et raffinée. Les multiples collections de Roseline Bacou et Elsa Koeberlé y sont présentées en un grand cabinet de curiosité. Les céramique néo-palissiennes de Christine Viennet (mère des propriétaires actuels) côtoient les vaisselles, les livres, les photos et autres curiosités.
La grande salle meublée selon les goûts des collectionneuses s’ouvre sur les jardins. Les portraits d’Elsa Koeberlé, Génia Lioubow son amie et les photos de familles qui trônent sur le piano contribuent à évoquer la vie, la personnalité et les goûts raffinés et éclectiques de ces femmes dont la présence est palpable.

Le Jardin 

Jardins de l’Abbaye Saint-André

Notre guide nous conduit ensuite dans les jardins, jardins de femmes précise-il aussi : un jardin italien et un jardin sauvage.
Au 10e s; le monastère primitif ne possédait pas de jardins sur ce rocher aride, c’est plus bas, près du fleuve que se trouvait « le jardin de l’Abbaye ». Au 17e les mauristes aménagent un véritable jardin sur la colline, un puit est creusé dans le roc jusqu’au Rhône.
Le jardin fut reconstruit par Elsa et Génia en s’inspirant des villas toscanes. L’abbaye et le jardin sont classés Monuments historiques en 1947 et le jardin devient « Jardin remarquable » en 2014.
C’est un vrai défi que s’est lancé Olivier Ricomini, seul jardinier, se proposant à entretenir et modifier le jardin selon les conditions du lieu. Il y a peu de terre végétale, qui plus est épuisée de trop de traitements chimiques. L’ensoleillement est maximal et les nouvelles conditions climatiques peu favorables. Malgré cela, le jardin est très beau. Il domine le Rhône et la vue d’Avignon est sublime. Les statues et les ruines romantiques contribuent à la magie du lieu. Le parterre en éventail, autrefois planté de 300 rosiers de la même espèce éternellement replantés est transformé en une friche fleurie en attente de projet paysagé. Les tonnelles, les cyprès, les oliviers et les grands pins couchés forment un décor très méditerranéen. Les sentiers qui serpentent dans le jardin sauvage conduisent à la petite chapelle de Casarie qui domine l’ensemble.
Il reste les soubassements de deux églises séparées par le cimetière contenant de grands sarcophages. Notre guide nous fait remarquer un gros Lentisque et deux grandes Clématites toutes sèches qui se couvriront pourtant de fleurs blanches en Décembre.

Déjeuner à l’Hortus

L’Hortus

Nous redescendons par le grand escalier qui jouxte le bâtiment du palais pour nous installer sur les petites tables de jardin de « l’Hortus », dispersées dans la Cour d’Honneur sous le viel Arbre de Judée. Le restaurant de l’abbaye nous a concocté un panier pique-nique gourmand et de terroir bien apprécié.

 

 

 

L’Exposition

Après nous être agréablement restaurés dans ce lieu privilégié nous allons visiter l’exposition « Le souffle du paysage » de Claire Degas dont les œuvres semblent baigner de brume et de lumière étranges évoquant une nature sauvage et onirique

 

Aux marches du Palais

Nous prenons une dernière photo de groupe aux marches du palais et nous nous décidons à quitter ce lieu plein de charme et d’histoire sans avoir oublié de remercier notre guide. Peut-être pourrions nous revenir visiter La Chartreuse et le reste du fort ou le Musée Pierre de Luxembourg l’année prochaine. A suivre !

Pour aller plus loin :

 Quelques photos de la visite

 

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6 juin 2019 – Visite de Suze-la-Rousse

Suze-la-Rousse

Suze-la-Rousse en Drôme provençale. Visite du château avec Jean-Pierre Couren et présentation de l’Université du Vin. Édifiée sur un promontoire rocheux, la forteresse médiévale est un spectaculaire ouvrage militaire protégé par des tours et un rempart. La visite sera suivie de celle du Musée de la typographie à Grignan.

Rendez-vous : 8h30 au parking de la salle polyvalente.

Quelques mots sur la promenade :
La visite a été proposée et organisée par Jean-Pierre et Gilberte Couren. Un repas est prévu au restaurant « La ferme Chapouton ».

 

Ça c'est bien passé

Château de Suze-la-Rousse

Le parcours

Le château de Suze-la-Rousse se trouve en Drôme provençale. Il fait partie des trois châteaux dont Jean-Pierre Couren avait la charge en tant que Conservateur du Patrimoine, c’est dire s’il le connaissait bien et, comme à Grignan, il a fait partager ses connaissances aux 21 zébriniens qui ont franchi la limite de leur département.

Le village

Tout d’abord, le curieux nom du village : Suze serait un Segusa, du pré-latin seg, au sens de hauteur, comme Saze, Sisteron… et La Rousse, ferait référence à la châtelaine du 15e s. Marguerite des Baux, appelée « La Rousse », mais plus probablement à la teinte particulière des pierres qui servirent à la construction du château, à vous de choisir !
Le village se blottit au pied du château fort, construit sur un promontoire au cœur des vignobles des Côtes du Rhône. Ce très beau château, classé monument historique, fut édifié dès le 12e s. par la famille des Baux, descendants des princes d’Orange, à l’emplacement d’un relais de chasse offert par Charlemagne à son cousin Guillaume de Gellone au 8e siècle. Au Moyen Âge, Suze était la ville la plus importante du Tricastin. À la Renaissance, les La Baume transformèrent le château en une demeure de plaisance avec une cour d’honneur à l’italienne. Il fut ensuite remanié et remis « au goût du jour » aux 17e et 18e siècles par ses propriétaires successifs.

Le groupe attentif devant la Garenne

La Garenne

Entouré par sa garenne de 23 hectares, le château a fière allure. C’est sur cette garenne du latin «garenna» ou «warenna», en provençal «gareno», signifiant forêt réservée, qu’un oppidum a d’abord été érigé (quelques vestiges archéologiques l’attestent). Ce bois de chênes, principalement verts, était autrefois une chasse réservée ; il entoure le château d’une couronne de verdure et inclut divers édifices comme la chapelle, la glacière et le pigeonnier et surtout le jeu de paume, ancètre du tennis, l’un des derniers jeux de paume subsistant en France. Ce grand bâtiment rectangulaire aurait été édifié au 16e siècle, en l’honneur du passage du roi Charles IX et de sa mère Catherine de Médicis effectuant le « grand tour » passant aussi par le Pont du Gard. Une balle en cuir était frappée par une batte sur les murs séparés par un filet dont il reste les traces de fixation.

Le Château

Cour d’honneur

Acquis par le Département de la Drôme en 1965, le château a fait l’objet d’un vaste projet s’articulant entre l’histoire du site et le patrimoine vitivinicole de la Drôme.
Nous rapprochant du château, nous avons longé des vestiges de gargouilles et de blasons puis franchi le grand pont dormant autrefois surmonté d’un châtelet et d’un pont levis sur les fossés secs (pas de douves par manque d’eau) et pénétré dans la superbe cour Renaissance par la porte monumentale surmonté du blason des La Baume. Quelle surprise de découvrir derrière l’austère façade médiévale une jolie cour finement ornée et miraculeusement conservée ! Les trois ordres classiques : toscan, ionique et corinthien avec pilastres, colonnes engagées, blasons, trophées, fenêtres à doubles croisées, gargouilles… se déploient sur les quatre côtés. Un grand puits-citerne et un puits domestique complètent cette véritable oeuvre d’art réalisée par Rostaing de La baume en 1547 et poursuivi par François de La Baume au 17e s.
Après la grande cuisine incluant une monumentale cheminée, nous avons pénétré dans le grand hall au magnifique escalier à double révolution dallé de marbre, il est somptueux avec ses sculptures néoclassiques.

Vitrine sur l’usage du vin

Les usages du vin au fil des siècles

Au 1er étage se succèdent des salles toutes dédiées aux usages et à la culture de la vigne et du vin. Sur des panneaux et dans de très belles vitrines, tout l’univers du vin et de la vigne est évoqué dans une approche croisant arts et arts décoratifs, archéologie, histoire, ethnologie, économie, formation et métiers du vin : verres, flacons, amphores… transport, production, avec entre autre l’évocation des terrasses de cultures soutenues par des murs de pierre sèche qui a retenu notre attention bien sûr !
Outre les collections de ce musée thématique, nous avons pu admirer :
– La salle d’arme ou Grande salle, qui présente des fresques guerrières encadrant la cheminée aux armes des La Baume, faisant face au portrait de François de La Baume-Suze. De fines gypseries aux allégories de la pêche et de la chasse, des paniers fleuris et des instruments de musique ornent les murs.
– Le Salon octogonal, est un véritable bijou de gypserie de style rocaille composé d’un décor de feuillages, guirlandes de fleurs, bouquets et de grotesques.
– La grande salle ornée elle aussi de très fins stucs et gypseries évoque les quatre saisons et les quatre éléments : printemps / terre ; été / air ; automne / eau ; hiver /feu. Elle est magnifique et contient une brillante collection de verres et d’objets de la table.
Se succèdent : Petit vestibule, antichambre, chambre du Bailli… avec une présentation muséographie originale et ingénieuse où il aurait fallu s’attarder davantage, mais nous étions attendus.

 

Atelier de dégustation dans la Chapelle

L’Université du vin

Une animatrice de l’Université du Vin nous a présenté cette institution installée dans le château depuis 1978, qui par des actions de sensibilisation et de formation à l’œnologie et aux métiers de la vigne et du vin, s’adresse aux professionnels comme aux amateurs. Nous avons visité les salles d’atelier et le grand amphithéâtre, équipés pour la dégustation, installés dans la chapelle et dans les caves au sous-sol du château, ce qui nous a permis de contempler le grand pont dormant et les tours massives de très près.
Après un bref regard sur le jardin ampélographique qui regroupe des cépages du monde entier nous avons continué notre route bordée de lavandes en fleurs, vers Grignan pour déjeuner à La ferme Chapouton, comme l’an passé.

village de Grignan

Le village de Grignan

Grignan

Le Mas Chapouton est toujours aussi beau, c’est le mas provençal type, entouré de rosiers et de murs de pierre sèche, où le repas fut fin et apprécié.
Après le repas, certains sont allés voir la chapelle Saint Vincent aux beaux vitraux contemporains (vue l’an passé), pendant que d’autres ont flâné de rose en rose (un peu fanées) dans les rues du village jusqu’au Musée de la typographie. Là, un libraire nous attendait, bien entendu environné de livres, dont certains, provenant des éditions Colophon, sont imprimés artisanalement et localement sur de vieilles machines à l’aide de beaux caractères en plomb. Il nous a ouvert le musée installé dans la maison du Bailli, un très ancien édifice de justice où était rassemblé au 1er étage de nombreuses machines d’imprimerie et des caractères typographiques en bois et métal… :

Musée de la typographie

un atelier d’imprimerie du 19e s. regroupant tout le nécessaire à la fabrication des livres jusqu’au début du 20e siècle. L’odeur de l’encre et tous les objets nous ont ramené au temps jadis (pas si lointain) des ateliers d’imprimeur. Dans la salle du bas est installé l’atelier en activité où nous avons assisté à une courte démonstration d’impression, puis nous avons visité les anciennes prisons de cette maison de justice où sont rassemblés tous les objets d’écriture : multiples encriers, porte-plumes divers et une collection de machines à écrire derrière les barreaux !

La journée riche en découvertes se termina comme il se doit par un rafraîchissement au Café Sévigné au pied de la statue de la célèbre marquise.

Pour aller plus loin :

 Quelques photos de la visite

 

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20 mai 2019 – Visite de Rochegude

Rochegude - Gard

 Visite de Rochegude avec Pierre Chante, ancien maire et historien du village. Visite du village médiéval perché au-dessus de la Cèze et balade à la découverte des dolmens, de la grotte des camisards, des capitelles, etc.

 

Rendez-vous : 9 h 30 au parking de la salle polyvalente pour co-voiturage. Rendez-vous à 10 h au parking du village

Ça c'est bien passé

 

En route

Rochegude vu de la rivière

Le beau village perché de Rochegude n’est pas très loin. Pour nous Uzégeois, il se trouve sur la route de Barjac. Juste avant le pont de Tharaux ou plutôt de Rochegude (à ne pas confondre !), il faut tourner à gauche, longer la Cèze et on arrive au pied du village, près de la Fontaine à la salamandre.
Pierre Chante, notre guide nous y rejoint pour nous faire découvrir son village. Professeur d’histoire, Maire pendant plus de dix ans, il est d’une famille installée à Rochegude depuis le 18e s.

 

La rivière

Dominant la Cèze, le village est entouré de collines mais nous décidons de commencer par la rivière où nous avons la surprise d’observer des orpailleurs : mais oui, le site est aurifère. Un couple y avait installé son matériel et patiemment tamisait le sable et l’eau. Des guêpiers nous survolaient, leurs nids creusés dans la berge sablonneuse que nous avons suivie jusqu’au Pont noyé, un pont submersible à la ligne curieusement incurvée, longtemps seul lieu de passage entre les deux rives de la commune.

 

Le château de Theyrargues surgit des iris d’Aubarine

Un hameau

Nous avons obliqué vers le hameau d’Aubarine, tout près de Rivière de Theyrargues surmonté de son château de fière allure. Un château très « people », appartenant jadis à la même famille que le château de Portes, il est aujourd’hui la propriété d’un américain qui y a reçu la « jet set ». Il est superbe surgissant des iris. Car le hameau d’Aubarine est très fleuri, vraiment charmant avec sa ferme auberge aux produits bio. Il est installé à flanc de colline et là, le chemin, si plat le long de la rivière, va commencer et ne pas cesser de monter !Si bien que Marcel, notre aîné, décide de continuer vers le village et nous rejoindre pour le pique-nique.
 

Les collines 

Le chemin monte bien, nous passons par le mas du Puech et peu à peu nous découvrons un large paysage avec au loin les Cévennes. Le village est d’ailleurs entre Garrigues et Cévennes comme l’a intitulé notre guide, auteur d’un livre sur Rochegude très bien documenté et illustré que presque tous les membres du petit groupe des 9 zébriniens vont acquérir à la fin de la journée.
La végétation est quasi semblable à celle d’Arpaillargues, pourtant Pierre nous signale que le sol provient d’un très ancien dépôt granitique de la Cèze et c’est pourquoi nous pouvons trouver des bruyères, des châtaigniers et autres plantes des sols acides comme le ciste blanc. Nous pouvons observer aussi la Dorinia, plante mellifère (Pierre a des ruches) et plusieurs orchidées : une colonie de grands Sérapias près d’une petite mare couverte de lentilles d’eau, de jolis Orchis pyramidaux et même deux petits Ophrys brûlés et une Céphalanthère le long du chemin bordé par un tapis de fleurs multicolores.

 

Dolmen du Tonnerre

Les dolmens

Hors d’haleine, nous découvrons aussi les dolmens. Tout comme à Labeaume, où nous étions il y a quinze jours, il y a aussi une nécropole néolithique sur le sommet de la colline de Piécourt et Vambelle (d’ailleurs Rochegude ressemble étrangement à Labeaume, en moins rocailleux).
Le premier dolmen présente la caractéristique de conserver les petites plaquettes de fermeture (disposées comme un mur de pierre sèche !), c’est rare. Fouillé par des archéologues comme les 5 ou 6 dolmens découverts (et il s’en découvre encore perdu dans la végétation), il daterait de 2 à 3000 ans avant notre ère. Un peu plus loin, sur le plateau, Pierre nous fait remarquer une autre curiosité : une dalle funéraire. Les hommes de la civilisation de Ferrières, sédentarisés, qui pratiquaient l’agriculture et l’élevage, devaient y rassembler les restes des dépouilles placées autrefois dans les dolmens. Nous redescendons par un chemin bordé de deux autres dolmens et d’une curieuse construction de pierre sèche dans le sol, comme une cabane en creux. Autrefois désignée comme un four à chaux, ce serait plutôt une fosse funéraire. Parfaitement appareillé, il est mystérieux.
Nous poursuivons jusqu’à la « cabane des chasseurs et des promeneurs » pour souffler un peu, bien assis à l’ombre et pique-niquer. Marcel nous rejoint avec Sylviane Chante, Maire du village et compagne de Pierre.
Sitôt remis de notre ascension, nous allons observer le Dolmen du Tonnerre, le plus impressionnant avec son tumulus spiralé. Ce dolmen a été restauré, la grosse dalle de couverture replacée et les pierres du tumulus, dont il restait la trace dans le sol, reconstruit. Son nom témoigne du jour d’orage où il fut découvert.

 

La Grotte des Camisards

La Grotte des Camisards

Nous repartons vers le village par une descente caillouteuse qui nous conduit à la grotte des Camisards. Comme son nom l’indique, elle a accueilli après la Révocation de l’Edit de Nantes (1685), des assemblées clandestines, dites Assemblées du désert, et Pierre nous apprend qu’un soir, il y a peu de temps, plus de cent personnes ont renouvelé cette tradition de se retrouver la nuit tombée dans cette grotte à la lumière des bougies et que même cinq cents militaires protestants y sont entrés lors d’une commémoration. Expérience émouvante bien sûr !
La grotte est profonde, ouverte comme un œil ; elle est sombre et présente quelques belles stalactites et draperies découvertes à la lueur des smartphones. Des couloirs d’accès conduisent à d’autres salles plus belles encore, parait-il, car nous ne pouvons y accéder.

 

Les faïsses

Nous continuons à descendre longeant parfois le « chemin d’Uzès« , entre deux murs de pierre sèche, bien embroussaillé et nous apercevons des terrasses ou faïsses autrefois cultivées et bientôt remises en valeur par un sentier d’interprétation incluant les capitelles du village.

 

Le village

Zébriniens dans les ruelles de Rochegude

Nous retrouvons le village et faisons halte à l’ancien cimetière protestant. Bien endommagé par de fortes pluies, il compte encore quelques pierres tombales (de la famille Chante) et un énorme cèdre, coincé dans le lit de fer forgé de la tombe d’une riche propriétaire de Rochegude.

tour du château

Nous nous dirigeons ensuite vers le château des Barjac-Rochegude au sommet du village. En partie en ruine, il est pourtant habité et conserve les vestiges d’un mur d’enceinte, un mur crénelé et une grosse tour, qui a sans doute donné son nom au village : Ròca aguda (= rocher aigu), la ròca désignant un rocher surmonté d’une tour. La vue est magnifique et porte loin vers la rivière, les hameaux, les collines et les Cévennes. Nous parcourons les ruelles pentues, contemplons les hauts murs des maisons de pierre à l’aspect plutôt cévenol. La restauration est parfaite et discrète, fleurs et plantes réchauffent la pierre dorée, les passages et les escaliers. Les rues  » t’encroche » et « t’empougne » témoignent de leur étroitesse ou de leur risque. Pierre nous parle d’un temps où les maisons étaient en ruines et où on pouvait acheter une rue entière et créer une propriété qui regroupait jadis 5 ou 6 maisons ! Nous passons par la Porte Ouest et atteignons l’Eglise du village. Sobre, elle fut un temps le Temple quand le village était presque tout protestant et redevint église avec adjonction de chapelles latérales et rehaussement du toit. Elle est aujourd’hui une salle d’expositions avec des œuvres d’artistes comme Sylvère, et parfois salle de projections. On peut y voir une vitrine contenant un grand vase de terre cuite trouvé dans la grotte des « Deux porches », servant à recueillir l’eau qui goutte du plafond. Cette poterie citerne du néolithique a eu une histoire mouvementée car entreposée à l’abri de la Mairie, elle fut malmenée lors de l’inondation de 2002 qui engloutit tout le bas du village, des repères en témoignent.

 

Le site des « meules »

Le site des meules

La boucle étant bouclée nous nous retrouvons devant la fontaine d’eau potable de la Salamandre où, assoiffés, nous nous rafraîchissons et nous reposons un peu avant de continuer vers le site des « meules« .
Derrière le cimetière actuel se trouve un site énigmatique. Une succession de grandes dalles arrondies, sculptées en forme de grands coussins, s’étage sur le flanc de la colline. Ce pourrait être un très ancien site sacré, révélé par un groupe de personnes tournées vers les énergies géobiologiques, en lien peut-être avec les bâtisseurs de dolmens (?). Que d’énigmes à Rochegude !

Ce fut une balade très riche en découvertes et sensations, liant promenade et patrimoine, en compagnie d’un guide très sympathique et érudit, tout ce que nous apprécions. Et là encore nous avons proposé de l’accueillir avec un groupe de Rochegudois pour, à notre tour, leur faire découvrir Arpaillargues.

Pour aller plus loin :

 

Quelques photos de la visite

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7 mai 2019 – Visite de Labeaume

Labeaume

Labeaume

Visite guidée du village de Labeaume (Ardèche) et des jardins suspendus. Village de caractère situé au bord de la rivière Beaume, entouré de falaises autrefois creusées de grottes troglodytiques. Les « jardins suspendus » du Récatadou sont des terrasses aménagées dans les falaises. On y cultivait toutes sortes de légumes en fonction des saisons.

 

Rendez-vous : 7 h 45 au parking de la salle polyvalente pour co-voiturage. Rendez-vous à 9 h 30 au parking du village

Ça c'est bien passé

 

En route

Pour La Zébrine, dont la mission et l’intérêt sont principalement tournés vers le patrimoine de pierres, le village de Labeaume avait tout lieu d’être passionnant.
Passés Vallon-Pont-d’Arc et Ruoms, la route sinueuse dévoile un paysage de pierres et de gros rochers ruiniformes.

 

Labeaume vu du pont

Un village de pierre

Le village accroché à la falaise est tout de pierre. Les maisons de galets et de gros moellons calcaires intègrent même les rochers. Pour construire « un simple coup de casquette pour dépoussiérer le rocher et zou on peut construire » déclarait la grand-mère d’un de nos guides. En effet, chaque maison semble inclure ou naître d’un rocher. Les rues même sont caladées et les 20 membres de La Zébrine ont emprunté pour commencer la calade de l’ancienne mairie jusqu’à l’ancienne école près de la vieille mairie où demeuraient les restes d’un panneau d’affichage, puis ont suivi la grande calade et la calade de la Coste jusqu’à la maison construite en éperon ou proue de navire très effilée en passant devant une ancienne échoppe.

Ancien château

Nous sommes descendus par la calade du Rieu en suivant la source si importante dans ce pays minéral, remontés par la calade de la grotte des chèvres en passant près d’une petite bergerie dans le rocher, pour deviner les bases d’une tour, apercevoir le château et les grottes si nombreuses qu’elles ont donné leur nom au village et à la rivière (une beaume étant une grotte en langue d’Oc). Nous sommes descendus, peut-être encore par la calade de l’ancienne forge jusqu’à la place du Sablas, la grande place du village où se trouvait un ancien moulin, des restaurants, une fontaine et où se tenait le 1er petit marché de la saison.
La rivière La Beaume et le pont submersible sont à proximité, ce qui explique les repères de crues sur la façade d’un café, témoignant des inondations. Chaque année la rivière sort de son lit, c’est pourquoi le pont n’a pas de parapet , mais certaines crues sont exceptionnelles comme celles de 1890 et de 1992. Les villageois habitués à ces débordements habitaient le haut du village ou le haut des maisons, réservant le bas aux usages agricoles.
Nos quatre guides faisant partie de l’Association Dolmen et patrimoine, bons connaisseurs de leur village, nous ont bien guidés dans les ruelles tout en évoquant son passé. La période la plus florissante se situe après la révolution avec la production de cocons de vers à soie qui étaient portés aux moulinages (et non à la filature comme chez nous). Le village, comme ceux de l’Uzège ou des Cévennes, était planté de quantités de mûriers, mais il y avait à Labeaume une autre richesse, comme à Vézénobre : la figue, récoltée et séchée sur les terrasses voûtées (les couradous où s’effectuait aussi le décoconnage ). Ce qui a donné le surnom des habitants : « Beca figue et saute ron » (= mange figue et saute rocher).
Nous avons continué la visite par l’Eglise Saint-Pierre au surprenant clocher soutenu par de massives colonnes formant narthex. Elle abritait une salle présentant les vêtements et objets de culte et de procession et un curieux Saint Joseph portant l’enfant Jésus.

 

Balade sur les rives de la Beaume

Balade sur les rives de la Beaume

Balade sur les berges de la Beaume

Nous avons ensuite emprunté un sentier qui longe la rivière tapissée de Cerfeuil et de Balsamine où commencent à s’étager les jardins, puis, doucement, grimpé à flanc de falaise en passant prés d’un ancien réservoir détruit par une chute de pierres, pas plus tard que l’an passé (hum, prudence !). La vue est superbe, un peu vertigineuse bien sûr. Nous avons enfin atteint les fameux jardins suspendus vus dans « Des racines et des ailes » et qui ont motivés notre visite.

 

 

Jardins suspendus

Les jardins suspendus

Tout en haut du village, dominant La Beaume, un mas fut construit par la famille Reynaud, le mas de Saint-Genest. La population du village au 19e siècle a augmenté comme partout et les terres cultivables étaient très rares. Le plateau étant, nous le verrons, recouvert de grandes dalles de pierre calcaire, il a fallu gagner sur la falaise la moindre parcelle de terre. C’est ainsi que les agriculteurs, maçons et carriers de surcroît sont devenus voltigeurs, escaladeurs et ont accompli une oeuvre remarquable : d’escaliers, vires, passages, tunnels… une merveille de jardins, tous dédiés à une culture spécifique, du haut en bas de la falaise. La vue est magnifique mais vertigineuse.

Pique-nique devant le Récatadou

Pique-nique devant le Récatadou

Après le pique-nique devant le « Récatadou », le mas, devenu salle communale, après avoir été colonies de vacances…, ceux qui sont descendus (comme celles qui sont restées en haut d’ailleurs) ont pu admirer non seulement le travail de ceux qui ont bâti puis cultivé ces terrasses mais aussi de ceux qui ont restauré et débroussaillé en 2007 ces parcelles redevenues sauvages. Aujourd’hui, depuis 2012, un conservatoire de figuiers s’étage sur les jardins. Des plantes résistant au manque d’eau, des rosiers, iris en fleurs … nous ont été présentés par Jacques, le jardinier. Le dernier jardin observé en descendant un long escalier taillé dans le rocher nous réservait une surprise. Une tête sculptée dans la pierre, la bouche ouverte pour laisser jaillir l’eau d’une citerne prévue pour arroser le petit lopin de terre. Jadis une rangée de vigne était plantée juste au bord du vide pour prévenir celui qui cultivait et devait s’arrêter sitôt la vigne touchée afin de ne pas basculer dans le vide. Un petit oratoire voûté, sculpté d’une croix martelée devait aussi les protéger !

 

Dolmen du Ranc de Figère

Les dolmens

Nous sommes redescendus dans le village par un chemin plus court et avons repris les voitures pour nous diriger vers le Ranc de Figère où se trouvent le chemin des dolmens. Nous avons pu observer cinq dolmens de moyenne grandeur, constitués de très gros blocs de pierre provenant sans doute de la roche prise sur place car le plateau est vraiment complètement minéral, recouvert d’un calcaire dur comme celui d’Arpaillargues, mais qui laisse très très peu de place à la terre et à l’arbre. Un paysage presque lunaire où des hommes sont venus bâtir 147 dolmens (au dernier comptage), mais oui, sur les 900 que possède l’Ardèche : incroyable ! Il y en a plus qu’en Bretagne, mais ceux que nous voyons ici sont plus petits.
Après la causerie de Mme Couderc sur la « révolution du Néolithique » et la migration puis la sédentarisation de l’homme de la préhistoire de par le monde, Michel (je crois), un autre membre de l’association, nous a décrit avec humour les dolmens du parcours, en complément aux intéressants panneaux pédagogiques.

La fin de l’après-midi arrivant, il nous fallait bien rentrer, non sans nous être désaltérés au « Bec figue », le bistrot de pays. Une belle balade qui a satisfait tous les promeneurs, le village est magnifique (surpeuplé en été), « un village de caractère » et nos guides fort sympathiques, tant et si bien, que nous les recevrons sans doute à notre tour pour leur faire découvrir notre propre village.

 

 

 

Pour aller plus loin :

 

Quelques photos de la visite

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9 avril 2019 – Pierre sèche et biodiversité

plantes des murs de pierre sèche

Avril en baladePierre sèche et biodiversité, avec Philippe et Annie Tiébot-Auberlet. Les constructions en pierre sèche qui parsèment nos bois et garrigues jouent un rôle écologique à bien des égards, de nombreuses espèces végétales et animales y trouvant refuge.

Rendez-vous : 14 h au parking de la salle polyvalente

Parcours de 4 km, Durée de la visite : 2 h.30 et 1 h.30 de marche

Ça c'est bien passé

 

Avril en balade 2019

Pierre sèche au patrimoine de l’Unesco

Après avoir présenté La Zébrine et la manifestation Pierre sèche, pierre taillée Minorque-Uzège qui se tient du 7 au 28 avril à Uzès et dont la balade fait partie, Philippe a lu aux vingt cinq promeneurs d’Avril en balade, une partie du texte de la reconnaissance de l’Unesco, qui a inscrit l’art, savoir-faire et techniques de la pierre sèche, au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

 

Randonneurs d’Avril en balade au pied du mur

Murs en pierre sèche

 Une fois précisé ce que l’on entendait par constructions en pierre sèche, c’est-à-dire constructions en pierre brute sans liant ou mortier, il nous a invité à observer le mur du petit jardin communal contre le pré, devenu parc d’Arpaillargues. Ce mur autrefois en pierre sèche comme de nombreux murs du village ou de l’Uzège, qui clôturait le petit jardin potager, a été restauré et même refait par endroit. Philippe a bien insisté sur le rôle drainant des murs en pierre sèche qui laissent passer l’écoulement des eaux au moment des grandes pluies et sont plus résistants que les murs en cairons. Ce sont des constructions durables, écologiques et refuges de biodiversité.

 

 

Herbes d’or, Nombril de Vénus et Capillaires

Les Plantes

Ce mur abrite de nombreuses espèces de plantes dont les jolis Cymbalaires des murs ou Ruines de Rome. Plus loin, à l’angle de la rue des mûriers et du chemin de Cantarel, un long mur, lui aussi surélevé et remanié avec adjonction de mortier, nous a permis d’observer une collection de Polypodes et Fougères. Partout où la pierre laisse quelques interstices la terre et la plante peuvent se fixer comme ici des Herbes dorées, des Capillaires des murailles, Nombrils de Vénus, Pariétaires ou Perce muraille, Herbes à Robert… toutes plantes qui contribuent à assainir l’air que nous respirons. Cette rue devenue de plus en plus passante en raison des lotissements construits dans ce quartier, illustre bien par le passage de plusieurs voitures nous obligeant à interrompre nos observations, le rôle bénéfique de capture du CO2 et des métaux lourds que doivent opérer ces petites plantes si dédaignées et pourtant si utiles.

Nous continuons par le chemin du Clos des vaques pour emprunter le chemin de la Jasse (bergerie) en nous éloignant enfin des résidences et cheminer dans le sentier du Clos pour rejoindre le chemin de Galon où entre la grande cabane communale au triple linteau et la belle cabane Méric nous avons observé un muret de clôture garni de Lichens et de Mousses, de Sédum (orpin ou poivre de muraille), de Garance voyageuse et de quelques coquilles d’escargots.

 

Enclos et cabane Méric

Cabanes en pierre sèche

Revenant sur le chemin du Clos de Broussan, nous nous arrêtons devant la plus belle cabane d’Arpaillargues où Philippe a présenté les constructions en pierre sèche, pouvant être comme celle ci, l’oeuvre d’un maçon (bâtisseur de pierre sèche) tant elle est parfaitement construite de pierres régulières et bien calées, alors que d’autres constructions moins soignées sont l’oeuvre de bâtisseurs moins expérimentés. Elles sont toutes différentes selon la pierre trouvée sur place résultat d’épierrement méticuleux des muraillers des garrigues.
Continuant le chemin par le terrain propice à l’éclosion d’orchidées (vues l’an passé), nous avons atteint la propriété dite « de Nelly » où un long mur de pierre sèche était couronné de Sédums et de Joubarbes en une éclosion de jaune. Poursuivant le chemin en passant par le sentier de la grande dalle de calcaire dur bordée d’Iris nains nous atteignons le Clos de Coste Joulène où nous nous accordons une petite pause.

 

Les animaux

Philippe en profite pour présenter les petits animaux qu’hébergent les murs en pierre sèche. Les escargots bien sûr, si nombreux autrefois et présents par leurs coquilles : Zonites et Petit gris, des insectes : Araignées, Scorpions, Chenilles de Papillons, Punaises, Abeilles maçonnes... et des oiseaux comme la Mésange, le Rouge queue, la Bergeronnette, mais aussi des Lézards des murailles…

 

L'enclos de Coste Joulène (septembre 2018)

L’enclos de Coste Joulène

Protection du patrimoine

Une fois l’enclos présenté ainsi que le travail des muraillers de La Zébrine, nous avons repris la direction du village pour nous retrouver dans le petit jardin où après la dernière observation de plantes, nous avons partagé une citronnade de l’amitié.
La pluie annoncée nous a épargnés et les randonneurs sont repartis non sans nous avoir remerciés. Ce fut un agréable moment de partage convivial de notre intérêt et passion pour la protection de ce patrimoine de pierre sèche si riche en qualités environnementales. Une technique bien représentative d’une relation harmonieuse entre les êtres humains et la nature. Notre façon à nous de contribuer à préserver la Nature..

 

Pour aller plus loin :

 

Quelques photos de la visite

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2 avril 2019 – Le Sentier des capitelles d’Uzès : de Carrignargues à la Montagne

Cairn La Montagne Uzès

Cairn sur le sentier des Capitelles de La Montagne Uzès

Avril en balade. Les Capitelles d’Uzès, de Carrignargues à la Montagne, avec Daniel Munck du Syndicat Mixte des Gorges du Gardon et Philippe Tiébot.

Après la traversée du quartier de Carrignargues aux longs murs de pierre sèche, visite du sentier des capitelles de la Montagne, un site peu connu rassemblant de nombreux enclos et cabanes ainsi que de mystérieux cairns..

 

Rendez-vous : 14 h au parking du Musée du Bonbon Haribo

Parcours de 5 km, Durée de la visite : 3 h. et 2 h. de marche

Ça c'est bien passé

 

Avril en balade 2019

Le Parcours

La balade du sentier des capitelles d’Uzès faisant partie des nouveautés d’Avril en Balade fut tout de suite complète et c’est donc plus de 20 personnes qui ont suivi Philippe Tiébot et Daniel Munch du Syndicat mixte des Gorges du Gardon et de la Zébrine sur les chemins de la garrigue Uzétienne.

 

En marche chemin de la garrigue

Carrignargues

Stationnant au carrefour du chemin de la Garrigue et du chemin de Saint-Maximin dans ce quartier de Carrignargues qui compte plus de 60 cabanes sur les 165 d’Uzès, nous avons d’abord observé la belle cabane « carrade » en calcaire coquiller juste au bord du chemin. Une cabane très bien bâtie, aux angles parfaits, qui pouvait être construite par un maçon et faire partie de ces cabanes de prestige appartenant à un propriétaire aisé. Une date, peu visible, sur le linteau indique 1824 (ou 1821).

La belle carrade

La belle carrade

Nous avons continué le chemin nous arrêtant à nouveau pour observer une cabane en ogive plus caractéristique de l’Uzège, dans son enclos. Même forme qu’à Arpaillargues, avec une porte surmontée d’un linteau formant larmier et d’un triangle de décharge. Même pierre que la précédente : un calcaire gréseux ou coquillier. Continuant le chemin nous nous éloignons des habitations car ce quartier d’enclos autrefois planté de vignes et d’oliviers est devenu un quartier résidentiel.

 

Pyramide à degrés

La Montagne

Nous évitons le DFCI trop pentu et aride pour emprunter tout droit un chemin parfumé, bordé de coronilles, de thym, d’aphyllanthes, de cistes… qui grimpe doucement dans la forêt communale et rejoint le chemin de Saint-Siffret. Nous atteignons le quartier de la Montagne où se trouve aussi de nombreuses cabanes. Nous nous arrêtons à proximité d’une ancienne citerne pour observer un grand amas de pierre sèche formant une pyramide à degrés bien endommagée. Mystère sur la destination de cet édifice, aucune ouverture. Tour de guet ou « viste » pour surveiller troupeaux ou oiseaux, cible pour certains selon la mémoire orale, mausolée pour d’autres, la question reste entière.
Poursuivant notre route par un petit sentier, nous longeons une cabane écroulée et nous atteignons un chemin plus large bordé d’enclos fermés où nous apercevons des cabanes et des maisons : c’est le chemin de Saint-Siffret et nous nous trouvons à la lisière du village.

Sentier des capitelles

Le sentier des capitelles d’Uzès

Nous atteignons enfin le Sentier des capitelles réalisé par la Municipalité d’Uzès et l’ONF dans les années 2000 -2010. Un panneau en bois signale sa présence et un fléchage nous invite à le suivre. La roche est différente, plus dure, plus sonore, géologiquement plus ancienne nous précise Daniel. Nous nous arrêtons pour observer la première cabane de forme ogivale, hélas endommagée par l’absence de linteau en pierre, remplacé par une poutre en fer insuffisante et par la disparition de l’arc de décharge, peut-être dérobé. Une restauration tout à fait faisable est indispensable car la construction est devenue dangereuse. L’intérêt de la nouvelle animatrice du patrimoine d’Uzès pour la pierre sèche va peut-être permettre cette restauration…
Nous poursuivons le sentier en contemplant les longs murs de pierre qui constituent des enclos communiquant entre eux et nous nous arrêtons devant une cabane adossée à un mur (c’est une des caractéristiques des cabanes de l’Uzège) qui a fort heureusement échappée à la chute d’un grand pin à ses pieds. Ces enclos autrefois cultivés, débroussaillés par l’ONF il y a quelques années, sont aujourd’hui envahis de chênes kermès, de viornes-tin, de pins… et demandent de l’entretien. De même que la cabane suivante, plus basse et de forme ogivale mais d’apparence biscornue. Elle présente un couloir d’entrée dont le linteau aurait disparu.
Sur les murs, à proximité, de petites constructions récentes de muraillers amateurs témoignent de l’intérêt pour la construction en pierre sèche.

Cairns

Les cairns

Mais nous remarquons surtout de beaux et solides cairns qui jalonnent le parcours. Ils sont parfaitement exécutés en forme de pyramides cylindriques pleines de pierre sèche. Ce serait, selon la mémoire orale, des cairns construits par des Indochinois à la fin de la dernière guerre. Venus relayer les hommes partis au front, cette main d’oeuvre indochinoise a été à l’origine des plantations de riz en Camargue et en Uzège aurait travaillée à la fabrication de charbon de bois et à la restauration des cabanes de la garrigue. [Un texte joint vous donnera quelques éléments sur la présence en France et à Uzès de ces vietnamiens].

Abris et clapas

Les abris

Nous continuons à sinuer dans ces parcelles boisées et nous atteignons un grand enclos où se trouve tout un ensemble d’abris et de murs. Un assétadou (siège) pour surveiller le troupeau bien abrité du vent et de la pluie et un petit abri voûté, tous deux incorporés dans un grand clapas construit avec un escalier étroit pour atteindre le sommet, une viste, pour surveiller peut être encore le troupeau ou faire la passée (chasse). Tout à côté une petite cabane basse et un abri à la porte particulièrement étroite, surmonté d’un chemin clapier, un chemin de pierres permettant de communiquer entre les parcelles et économisant la terre cultivable après épierrement bien sûr. Car toutes ces petites parcelles ont été soigneusement épierrées par le petit peuple des garrigues venu exploiter ces terres arides pour compléter un revenu tiré de l’industrie de la soie et de la laine au 18e et 19e siècle. Ceci en Uzège mais aussi dans toutes les régions où subsiste ce patrimoine de pierre sèche. (Voir, entre autre : Architecture vernaculaire en pays d’Uzège de C. Chabert & P. Tiébot, Ed. La Fenestrelle).

Grandes cabanes

Les Grandes capitelles

Les cabanes suivantes, plus grandes et accolées sont intéressantes, elles présentent d’énormes linteaux, dont l’un inquiétant est à restaurer. Nous pénétrons presque au complet dans la plus grande à la porte résolument de côté (et non centrale comme dans la plupart des cas) pour admirer la belle voûte à encorbellement (les pierres placées légèrement en débord pour former la voûte).
Les cabanes suivantes sont toutes dans le même état et méritent entretien (éloigner la végétation) et restauration.

Nous poursuivons le chemin bordé de cèdres où nous continuons à apercevoir des cairns et des murets remontés lors de chantiers de restauration sans doute à la création du sentier, et nous retrouvons le début du sentier balisé. Mais le temps passant très vite nous redescendons le chemin parfumé pour nous retrouver devant la belle « carrade ».
Une belle après-midi de balade bucolique dédiée à l’architecture de pierre sèche que nous défendons ardemment et que nous prenons plaisir à partager.

Cette balade est aussi une introduction à la manifestation sur la pierre sèche organisée tout le mois d’avril par les associations La Zébrine et L’Uzège, avec le concours du Syndicat mixte des Gorges du Gardon et du service Ville d’Art et d’histoire d’Uzès, intitulée Pierre sèche – Pierre taillée, Minorque – Uzège au Jardin Médiéval , à la Médiathèque et à la Maison du Patrimoine. (programme ci-dessous).

 

Pour aller plus loin :

 

Quelques photos de la visite

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24 mars 2019 – Visite de l’enceinte romaine de Nîmes

Mur d’enceinte dans le jardin du Musée

Visite de l’enceinte romaine de Nîmes

Visite guidée, avec l’Association Pont du Gard et Patrimoine, de la plus grande enceinte romaine jamais recensée sur le territoire national et, particulièrement, des portions récemment découvertes. Un patrimoine exceptionnel, édifié sous l’empereur Auguste, et remis en valeur en 2008 grâce au comité de quartier Plateforme-Cadereau.

 

Rendez-vous : 8 h au parking de la salle polyvalente pour co-voiturage. Rendez-vous à 9 h devant le Musée de la romanité, pique-nique à la tour Magne et retour à 16h30

Ça c'est bien passé

 

Le Parcours

Continuant notre périple sur la romanité, une douzaine de zébriniens courageux a suivi le parcours de l’enceinte romaine de Nîmes sur 9 km à travers la ville. Le temps était superbe, les arbres de Judée, les iris, et les glycines tout en fleurs nous ont accompagnés dans certains quartiers de garrigue (urbanisée) où serpente le rempart.
Notre guide, Michel Lescure, de l’Association Pont du Gard Patrimoine est un nîmois de longue date qui connait très bien sa ville et son sujet. Ingénieur, spécialiste entre autres des ponts ( restauration du Pont du Gard et du Pont St Nicolas), il a su bien compléter son discours historique par ses connaissances techniques.

 

plan enceinte gallo-romaine Nîmes

plan enceinte gallo-romaine Nîmes

L’enceinte

Après la présentation générale de cette fameuse enceinte de 6 km de long délimitant 220 hectares (dont il reste 1,6 km visible) nous avons traversé le Musée de la Romanité pour observer la première portion de muraille et la première tour de notre balade.
Cette enceinte, une des plus grande de la Gaule romaine, comportait 80 tours espacées de 70 a 80 m et toutes différentes : circulaires ou semi circulaires, octogonales, barlongues, ovoïdes, pédonculaires, irrégulières ou carrées. L’enceinte s’ouvrait par 10 portes plus ou moins importantes selon la voie qui y menait. Les deux plus connues étant la Porte Auguste et la Porte de France. La muraille, dont le parement était construit en petit et moyen appareil, de belles pierres calcaires taillées en gros triangle, avait 9 m de haut et 2 de large. Elle était surmontée de créneaux et possédait un chemin de ronde en grand appareil. C’était pourtant une enceinte de prestige plus ostentatoire que défensive. Elle date de 16 – 15 av JC et fut « offerte » par Auguste à la cité de Nemausus comme indiqué sur la Porte Auguste.

 

Porte de France

Premiers arrêts

Après l’observation de la base de la tour circulaire du jardin du musée (visible autrefois dans la clinique Saint Joseph) nous avons par le fond du jardin atteint la Porte de France appelée aussi Porte d’Espagne, mais nommée France en l’honneur de Louis XIV (venu visiter rapidement Nîmes et le Pont du Gard). Il ne reste qu’un arc de cette belle porte qui devait avoir des tours et autres ornements. Nous suivons le tracé des remparts qui se trouvaient sous le grand bâtiment de la Sécurité sociale avec une tour sous la piscine actuelle puis nous traversons le Bd Jean Jaurès (sans oublier d’admirer la vue sur la Tour Magne qui nous attend), pour nous arrêter devant un immeuble de la rue des tilleuls qui conserve la base d’une tour au rez de chaussée. [De l’autre côté de la rue, le médaillon d’un chat surmonté de feuillages sur la façade d’une petite maison attire notre attention].

Dernière fouille de Montaury

Vers la colline de Montaury

Nous commençons alors à monter par l’Avenue Pompidou, où sur le bord de la chaussée, entre des branches, nous découvrons une petite portion de rempart bien cachée. Nous poursuivons en trouvant ça et là quelques tronçons de rempart, le quittant parfois pour cheminer dans de petites rues de campagne et atteignons le sommet de la colline de Montaury, une des 7 (plutôt 6) collines de la Rome française, où la vue est superbe sur la ville. C’est là que nous retrouvons Michel Aubert, l’ardent défenseur de l’enceinte romaine avec le Comité de quartier Plateforme-Cadereau. Ce sont eux qui ont alerté archéologues et municipalité pour préserver et fouiller les remparts. Les bases d’une tour et de nombreux vestiges ont été mis au jour cette année et surtout le rempart n’a pas été détruit pour y construire des bâtiments.
Nous descendons vers la route de Sauve pour admirer les dernières trouvailles, et après le cimetière protestant nous traversons la route d’Alès pour atteindre une carrière longée par un bon tronçon de muraille en petit appareil et redent.

Tour Magne

La Tour Magne

Nous continuons à grimper vers le Mont Cavalier où se trouve la plus belle des tours, la plus grande, la fameuse Tour Magne (de magnus=grand). Avant de l’observer en détail, notre guide rappelle le célèbre holorime de Marc Monnier: « Galamment de l’arène à la tour Magne à Nîmes » ou « Gall amant de la reine alla tour magnanime » ! Le lieu est très agréable et nous nous y installons pour pique-niquer tout en observant la tour. Les romains ont entouré et rehaussé une tour gauloise en pierre sèche, qui hélas a disparu sous Henri IV à cause d’un pépiniériste Mr Traucat (plantation de nombreux mûriers) en quête d’un trésor. La tour vidée, point de trésor ! Il reste tout de même la partie romaine comprenant un soubassement avec rampe d’accès et deux niveaux. Le parement détruit laisse apparaître des parties évidées pour alléger l’édifice. Un grand escalier intérieur et moderne permet d’atteindre le sommet).

Le Mont Duplan

Mont Duplan

Une fois reposés nous continuons par les petites rues bucoliques bordées de pierres sèches et d’arbres en fleurs pour suivre la muraille qui serpente sur la crête par la rue des moulins et des Trois fontaines où nous admirons les 4 moulins et la petite chapelle dédiée à St Baudile (écoutant la légende des 3 sauts de sa tête donnant naissance aux 3 fontaines !) puis nous atteignons le col de la Croix de fer (mon quartier d’enfance, mais oui, je suis une nîmoise !).
Nous remontons par des escaliers en longeant St Luc pour atteindre le Mont Duplan où passait le rempart et où près du dernier moulin ayant ses ailes, à l’ombre du pin couché, un groupe de boulistes perpétue la tradition de ce jeu populaire.
Nous descendons encore par une « traboule » en escaliers « ornée » de Street art (plus ou moins apprécié) dans un quartier aux petites maisons modestes pour retrouver le boulevard et atteindre la fameuse porte Auguste.

Porte Auguste Nîmes

Porte Auguste

La Porte Auguste

La plus majestueuse des portes, celle que rejoint la voix Domitienne, appelée aussi Porte d’Arles, était incluse dans le château de Nîmes dès le Moyen Age et redécouverte après la Révolution. Elle possède quatre passages en arc plein cintre, dont deux grands centraux pour les véhicules et deux petits latéraux pour les piétons. Elle était autrefois flanquée de deux tours semi-circulaires.  La copie en bronze d’une statue d’Auguste lui a donné son nom ainsi que la dédicace apposée sur le fronton que l’on devine. Notre guide nous invite à détailler la cuirasse d’Auguste, magnifique et hautement symbolique.

 

Tour et enceinte près des Arènes

Retour aux Arènes

Nous continuons le boulevard Amiral Courbet suivant la muraille disparue mais dont on peut découvrir une tour dans la Banque Populaire et retrouvons les Arènes où il n’y a pas si longtemps on pouvait observer la base d’une tour tout près de l’amphithéâtre. Il n’en reste aujourd’hui que le tracé sur la vaste esplanade qui nous relie au Musée de la Romanité notre point de départ. La boucle est bouclée et nous allons nous désaltérer à l’ombre des arènes savourant tous ces vestiges antiques que l’on connait un peu mieux à présent.

 

Pour aller plus loin :

 

Quelques photos de la visite

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