22 mai 2023 – Le Jardin Médiéval d’Uzès

Découverte de l’histoire du jardin ainsi que de ses bâtiments : Tour du roi, salle de garde, tour de l’horloge… Visite organisée et accompagnée de Gilles président de l’Association In situ du Jardin médiéval et membre de la Zébrine. Visite historique guidée par Gilles et visite botanique guidée par Charlotte.

RV :  10 h au jardin Médiéval

 

 

 

Ça c'est bien passé

A l’entrée du Jardin médiéval

Après la Camargue et la Drôme, nous voilà de retour à Uzès au centre de la ville, dans le Jardin Médiéval. Même si certains connaissaient déjà le lieu, peu connaissaient son histoire. 22 zébriniens ont suivi les présentations historique et botanique assurées par l’Association In Situ, heureuse bénéficiaire de ce petit paradis au cœur d’Uzès.

 

 

 

Nos guides

Partie historique : Gilles, membre de la Zébrine et nouveau président de l’association in Situ, nous a proposé cette visite. Professeur d’histoire, il a été séduit et s’est passionné pour ce jardin si historique.

Partie botanique : Charlotte, elle, passionnée et fine connaisseuse des plantes, œuvre dans le jardin depuis pas mal d’années.

 

L’Association In Situ

Crée en 1995, comme le jardin, sous l’impulsion de l’Office de la Culture, elle gère et entretient ces lieux qui sont municipaux, afin de mettre en valeur ce riche patrimoine. De nombreux uzétiens se sont succédés bénévolement pour la faire vivre, entre autres Nicole Beaumont, Charles Olmière et Christian de Beaupuy, ont géré l’association et employé un personnel passionné et compétent comme Dominique, depuis peu à la retraite, Sylvian, Charlotte, Florence et bien d’autres.

 

La Tour du Roi

Les visites guidées

Aux pieds de la tour du Roi, Gilles évoque le castrum d’Elzéar, vassal du Comte de Toulouse et premier Seigneur d’Uzès, à la charnière du 11e et 12e siècle. Ce castrum, bien situé sur la partie haute de la ville, à distance de l’Évêché, était plus vaste que le jardin actuel car il englobait le Duché.
Pour faciliter la visite, le groupe des zébriniens est scindé en deux.

Visite historique

Au cœur du jardin, dans la deuxième cours,  Gilles nous a présenté les deux tours jumelles rectangulaires, celle du Duché et celle de l’Évêque. Nous avons aussi remarqué les deux entrées bien séparées : celle par où nous sommes arrivés et celle que recouvre une peinture murale. Les châteaux d’Uzès résultent de partages successoraux, essentiellement transmis par les femmes et là, je laisse la parole à notre guide, tant cette histoire est complexe. (texte des notes qu’il a eu la gentillesse de nous transmettre) .

 

Graffitis des frères Longuet

La chapelle

Au fond de la cour de l’Évêque, nous passons la porte d’une grande salle voutée appelée « la chapelle », dont les murs sont couverts de graffitis. Son plafond évoque en effet celui d’une chapelle qui ne l’est que depuis 1826. Ce fut un lieu carcéral pendant cinq siècles jusqu’en 1789. Parmi les graffitis gravés par les prisonniers, on peut remarquer une frise de caractères gothiques révélant les mots occitans Desperensa et Delivrensa (nul besoin d’avoir fait de l’ancien occitan pour comprendre et compatir). Il y a de nombreux  » Arbres de vie  » ou branches de gui, des monogrammes IHS Maria et surtout, comme le précise Sylvian, la mention de trois frères Longuet de Vers et des Baux, cordonniers et laboureurs qui y ont passé cinq mois, en 1632, pour avoir omis de payer une taxe :  » la réve « , une taxe royale, dont aucun zébrinien connaissait l’existence. Tous les murs clament leur innocence et leur désespoir !

 

La Tour de l’Évêque

La salle Raynon

Au fond de la chapelle nous entrons dans une grande salle qui est le rez-de-chaussée de la tour de l’Évêque. Son porche d’entrée se trouve rue Entre les tours. En son centre, une curieuse trappe est un-cul-de-basse-fosse. Cette salle dite Raynon abrite une exposition sur la ville d’Uzès.

 

 

Soldat et orant

Le premier étage de la tour de l’Évêque

Nous empruntons à nouveau une  » vis de Saint-Gilles  » (cf la visite de l’Abbatiale de Saint-Gilles le mois dernier) pour atteindre la salle du premier étage. Là aussi, de nombreux graffitis nous attendent : des Christs orants, des croix de Malte dites croix huguenotes à quatre lobes et huit pointes, les huit béatitudes, nous apprend Gilles… Nous distinguons quatre grands graffitis, représentant un chevalier portant lance et trois soldats, tous tournés vers la porte d’entrée comme la défendant. Ils portent l’équipement militaire du 14e siècle. Ces gravures dans la belle pierre d’Uzès auraient peut-être été réalisées par des Tuchins ou par des soldats de métier.

 

Salle des gardes

La salle des gardes ou Aula

Traversant le jardin, nous passons dans la première cour et entrons dans l’Aula, la résidence seigneuriale composée d’une salle basse avec croisées d’ogives (dite salle des gardes) et d’une salle haute voûtée. L’Aula est proche de la Tour du Roi, tour carrée où on peut grimper (par un escalier en vis ) pour atteindre un panorama magnifique sur la ville. Ce sera l’occasion d’une visite supplémentaire (gratuite pour ceux qui ont adhéré à l’association !) car l’heure prévue pour la visite historique est presque écoulée. La tour est dotée de mâchicoulis et de pierres de bossages. Le roi Louis XIII venu soumettre les villes protestantes (places de sûreté) y résida quatre jours en 1629 :  » J’y dormirai car j’y suis chez moi  » déclara-t’il !
En bref, comme l’indique le dépliant du jardin, au XVe siècle, les trois tours d’Uzès : tour Bermonde (Duché), tour de l’Évêque et tour du Roi (dans l’enceinte du Jardin médiéval) symboliseront les trois pouvoirs rivaux jusqu’à la Révolution, où tout devient biens nationaux.

 

La maison d’arrêt

Prolongement du rôle carcéral du lieu, une maison d’arrêt est décrétée en1795-1820. Gilles a bien étudié ce thème. 

Une longue rangée de 13 cellules sont construites. Il en reste deux pour témoigner.
Au 20e siècle, les cellules sont devenues des logements pour 200 espagnols réfugiés lors de la » Retirada « . Une exposition en a témoigné ainsi qu’un graffiti conservé sur un mur du jardin :  » ESPANA ».

La municipalité a racheté les différents bâtiments en 1941.
 » Un moment oubliés, ces lieux chargés d’histoire trouvent une nouvelle vie grâce à la création d’un jardin médiéval ouvert au public « .

Laissons la parole au guide

Introduction.
Elzéar 1er est seigneur d’Uzès à la charnière du 11ème et du 12ème (mort en 1125).
Etymologie du nom Elzéar : « Dieu se souvient » en hébreu.
C’est un prénom rare, sauf en Provence : anecdote d’un descendant, Elzéar de Sabran (Lubéron) canonisé au 14ème pour chasteté dans le mariage.
Un castrum en cœur de ville, au sommet du plateau uzétien (mais avec un puits abondant), proche de la principale rue commerçante et à bonne distance de l’évêché (pouvoirs rivaux).
Une implantation plus vaste que le Jardin actuel, notamment vers le nord (englobe le duché et au-delà).
Vassal du puissant comte de Toulouse (jusqu’à la croisade des Albigeois) qui lui donne les fonctions de viguier (justice).

Les partages successoraux.
Sa fille unique Marie épouse Raymond de Posquières (= Vauvert).
Huit petits-enfants, dont quatre évêques, une qui épouse un comte de Toulouse, un qui reprend le fief de Posquières, enfin Bermond et Béatrice.
Premier partage en 1138, à la mort de Raymond de Posquières. Bermond 1er a la partie nord et Béatrice, épouse de Raynon du Caylar, a le sud (Jardin actuel).
Deux tours, symboles de puissance, érigées tout de suite (tour Bermonde) ou bien à la génération suivante, en tout cas au milieu du 12ème.
Tours semblables, de la même époque : plan rectangulaire, hauteur comparable, pierres en moyen appareil, peu de pierres en bossage, contreforts saillants aux angles, escalier en vis de St-Gilles logé dans un des saillants.
Ne pas tenir compte des innovations du 19ème : le clocheton avec l’horloge installés par la municipalité en 1831 et la déco type Viollet-le-Duc rajoutée au milieu du 19ème.
Deuxième partage vers 1180 entre deux petits-fils de Béatrice, Raynon III qui garde la tour et Elzéar II, plus au sud, qui va devoir faire construire (lui ou ses descendants) à la fin du 12ème ou au début du 13ème.
Séparation très nette entre ces deux coseigneuries : un grand mur aveugle qui est l’arrière de la résidence d’Elzéar II et deux entrées séparées quoique parallèles.

Un nouveau coseigneur, l’évêque.
Vente en deux fois de la partie centrale aux évêques d’Uzès 1242 et 1280.
Personnages riches et puissants : vaste évêché, contrôle de la voie régordane, de la foire de Beaucaire, obtiennent de Louis VII en 1156 le droit de battre monnaie, obtiennent de Simon de Montfort en 1215 la viguerie d’Uzès (pouvoir de justice temporelle).
Ne résident pas sur place. Construction au 13ème du château de La Capelle.
Donc les lieux n’ ont qu’une fonction judiciaire et carcérale.
Tribunal de la temporalité, dont il reste deux cheminées superposées et un petit bâtiment dit de la Temporalité mais qui date de 1854.
Une prison dans les autres bâtiments.

La maison d’arrêt (1795-1926).
A la Révolution, tout devient « biens nationaux ». La maison d’arrêt est créée par des décrets de 1795 et 1800.
Différents motifs d’incarcération, le plus souvent quelques jours pour incivilités.
Un règlement napoléonien très précis : 700 g de pain par jour, de la paille fraîche tous les dix jours…
Mais des évasions fréquentes et de mauvaises conditions d’hygiène constatées par l’architecte départemental Feuchère, donc on détruit en 1854 l’ancien tribunal de la Temporalité et on construit treize cellules (il en reste deux) et la prison des femmes.
1926, Uzès perdant son statut de sous-préfecture, la prison est fermée…
… Puis rouverte en février 1939 pour y loger 212 Espagnols de la Retirada (seulement des femmes et des enfants). Ils sont nourris à l’hôpital, certains vont à l’école, ils sont mal vus, on les appelle « les Rouges », deux d’entre eux ont fait souche à Uzès.

La chapelle.
Ce n’est pas une chapelle à l’époque (chapelle en 1826).
Voûte romane en plein cintre.
Niveau d’origine un mètre plus bas.
Lieu carcéral pendant quasiment cinq siècles, jusqu’en 1789.
La frise gothique, traduite par l’université de Poitiers et estimée du 14ème : DESPERENSA et DELIVRENSA.
Nombreux graffiti : arbres de vie, monogrammes, IHS MARIA.
Les frères Longuet, deux de Vers et un des Baux, cordonnier ou laboureurs, y passent cinq mois en 1632 pour ne pas avoir payé la rêve (octroi royal affermé à un fermier général, à l’évêque dans le cas présent). Ils passent leur temps à graver un peu partout leur tristesse et leur colère.

La salle Raynon (premier niveau de la tour).
Porche récent (1831, pour l’horloge).
Remplace probablement une porte préexistante : un assommoir, des hourds au-dessus, dont l’emplacement se voit de la rue entre-les-tours, et la nécessité de ne pas traverser la prison pour accéder à la cour.
Un cul de basse fosse qui n’a jamais servi de cachot (cellier plutôt).

Le premier étage de la tour.
Départ de l’assommoir.
Nombreux graffiti : christs orants, croix de Malte dite ici croix huguenote à quatre lobes et huit pointes (les huit béatitudes).
Quatre superbes personnages quasiment à taille réelle : un cheval et trois soldats, tous tournés vers la porte d’entrée.
L’équipement militaire de la fin du 14ème : salade, ou barbute, lance, pourpoint, fauchard, dague, hallebarde, chausses, cuirasse. Equipement léger, à l’italienne, loin des armures des chevaliers de l’époque.
Graffiti réalisés soit par des tuchins prisonniers, soit par des soldats hébergés par l’évêque pendant la guerre contre les tuchins, en tout cas par des soldats de profession.
Remarquable et rare témoignage sur la fin du 14ème.
Un nouveau coseigneur, le duc.
1486, Simone d’Uzès, descendante de Bermond, épouse un noble du Vivarais, Jacques de Crussol.
1565, la vicomté des Crussol est érigé en duché par Charles IX.
1632, le duc de Montmorency est exécuté par Richelieu pour avoir conspiré contre le roi, le duché d’Uzès devient « premier duché de France (= le plus ancien).

L’aula (=résidence seigneuriale).
Elzéar II et ses descendants occupent les lieux et font construire. D’abord l’aula, dont le mur arrière est aveugle et sert de séparation puis la tour séparée par une ruelle. Dans l’ordre inverse, l’aula aurait été accolée à la tour.
Une fonction défensive : le rempart Est, un assommoir, des mâchicoulis de même facture que ceux de la tour, un chemin de ronde aujourd’hui bouché, une tour massive de 25 m de haut, de plan carré (9,8×9,8), dotée de murs de 2,8 m d’épaisseur, en pierres de moyen appareil en bossage, de remarquables mâchicoulis reposant sur les 4 angles et douze consoles.
Une fonction résidentielle : côté sud, on aperçoit les traces d’une fenêtre à meneaux, d’une porte cochère, d’une surélévation du bâtiment. A l’intérieur, une vaste salle de 21 m par 8, une triple croisée d’ogives qui a remplacé les voûtes d’origine (une des croisées s’est effondrée depuis, l’emplacement a servi de logis au gardien de la maison d’arrêt), une cheminée d’angle qui a entraîné le déplacement d’un culot.
Une fonction carcérale, peut-être seulement après le rachat par le roi. En effet David, architecte de la ville, précise en 1811 que le cachot de la Tour du roi est situé à 2,24 m sous le niveau de la cour et que la paille y pourrit trop rapidement. D’autre part les descendants américains du huguenot Jean-Pierre Bondurant prétendent que leur ancêtre a été incarcéré dans la Tour du roi. Cela pourrait expliquer la trace des marches extérieures permettant d’accéder à l’escalier au niveau du premier étage.

Les rois de France.
1493, Charles VIII (1483-1498) rachète la coseigneurie pour 4 400 livres. Premier roi à avoir guerroyé en Italie, il ne vient pas à Uzès mais c’est un moyen de s’installer symboliquement en ville. Du coup l’ancienne Tour du roi, située au bout des bourgades, devient inutile et sera détruite, probablement au 17ème.
1629, Louis XIII y réside quatre jours, du 10 au 14 juillet, après le siège d’Alès et la paix d’Alès (29 juin) qui retire aux protestants toutes leurs places de sûreté (autonomie administrative et militaire). Destruction symbolique de la muraille du Portalet, demande des consuls pour qu’il ne dorme pas dans cette « tour à hiboux », fière réponse du roi (« J’y dormirai car j’y suis chez moi »).

La maison d’arrêt (1795-1926).
A la Révolution, tout devient « biens nationaux ». La maison d’arrêt est créée par des décrets de 1795 et 1800.
Différents motifs d’incarcération, le plus souvent quelques jours pour incivilités.
Un règlement napoléonien très précis : 700 g de pain par jour, de la paille fraîche tous les dix jours…
Mais des évasions fréquentes et de mauvaises conditions d’hygiène constatées par l’architecte départemental Feuchère, donc on détruit en 1854 l’ancien tribunal de la Temporalité et on construit treize cellules (il en reste deux) et la prison des femmes.
1926, Uzès perdant son statut de sous-préfecture, la prison est fermée…
… Puis rouverte en février 1939 pour y loger 212 Espagnols de la Retirada (seulement des femmes et des enfants). Ils sont nourris à l’hôpital, certains vont à l’école, ils sont mal vus, on les appelle « les Rouges », deux d’entre eux ont fait souche à Uzès.
1941, rachat des lieux par la municipalité, création du Jardin médiéval en 95.


 

Dans le jardin clos

Visite botanique

Il était l’heure de changer de groupe et nous suivîmes Charlotte dans ce jardin luxuriant dont l’aménagement s’inspire des jardins clos de la fin du Moyen Age. 450 variétés de plantes y cohabitent et illustrent les multiples usages que l’on faisait des plantes au Moyen Age.
Nous commençons par admirer près du vieux puits, jadis à l’eau abondante, un massif de Câprier dont les bourgeons étaient prêts à être cueillis avant la floraison. Nous admirons ensuite la composition murale de l’herbularium, reproduit en carreaux de céramique vernissée.

 

L’Herbularium

L’Herbularium

C’est un jardin des plantes médicinales ou simples, un jardin clos de monastère. Il contenait des plantes de première urgence, les autres simples étant récoltées dans la nature.
Ce jardin est composé de parterres délimités par des plessis d’osier ou de noisetier réalisés par les jardiniers. De nombreuses étiquettes nomment les différentes plantes et leurs vertus. C’est ainsi que Charlotte nous présente les plantes émollientes, adoucissantes (des voies respiratoires) : la Guimauve, la Mauve, la Buglose d’Italie… ; les antitussives comme la Violette, le Tussilage ; les fébrifuges comme les feuilles d’Olivier, le Chardon Béni ; les sudorifiques : Bourrache, Pulmonaires ; les vulnéraires et cicatrisantes comme l’Ortie, antihémorragique, la Consoude, la Renoué bisforte ; les digestives-amères comme l’Absinthe (vermifuge), la Tanaisie, la Sauge, les baies de Cade ou Genévrier oxycèdre tout comme celles plus petites du Genévrier commun. Notre guide nous explique comme il est facile de les différencier : les feuilles présentent un ou deux traits blancs, deux pour le cade (K2). A ne pas confondre avec le Genévrier de Phénicie aux boules rouges toxiques. Toutes les baies de Genévrier sont insecticides comme l’Absinthe et la Tanaisie.

 

Rosa gallica

Les roses

Le jardin présente de belles roses souvent parfumées aux noms poétiques dont celles de la Rosa Gallica, rosier ancien connu au Moyen Age, rapporté par les Croisés ou les Arabes pour ses vertus ornementales. Il est à l’origine de la plupart des rosiers d’aujourd’hui. Sa fleur est simple comme celles des Églantiers. Le Rosier de Provin est lui, cultivé pour son parfum. On y a même retrouvé la rose Gil…

 

 

Plantes de la première cour

La Réglisse

La Réglisse

Nous dirigeant vers la salle des gardes, nous avons observé les petites feuilles de la Réglisse, tonique et cardiaque, qui a une valeur historique à Uzès et dans la région. L’Usine Zan (aujourd’hui Haribo) à Pont-des-charrettes a fourni les fameux bouts de Zan ainsi que les bâtons de réglisse à de nombreux vieux uzétiens, tout comme les usines d’Avignon de Montpellier ou de Moussac. La Réglisse n’y est pas cultivée, ses racines viennent d’Espagne ou d’Italie ou même de Chine.

 

Quelques arbres du jardin

Le Grenadier

Le Grenadier est connu depuis l’antiquité : il est symbole d’amour et de fécondité avec ses gros fruits plein de graines rouges. Ses racines sont vermifuges et sa peau contient une substance astringente utilisée en tannerie pour assurer l’étanchéité des peaux.

Le Mûrier blanc aux feuilles polymorphes et aux fruits blancs fut planté, comme le Mûrier noir (aux fruits noirs) en bord de champ pour cette petite industrie de complément qui connu un grand développement : la sériciculture. Les feuilles ont nourri des milliers de magnans (vers à soie).
Ses fruits peuvent être utilisés en confitures mais il ne faut pas le confondre avec le Mûrier à papier aux feuilles veloutées et découpées.

 

Le carré de Céréales

Le carré des céréales

Il présente les différentes variétés de Blé, le Seigle, l’Avoine, l’Epautre. A noter que le Petit Epautre est particulièrement adapté aux terres arides, important pour notre futur en manque d’eau !

 

Les plantes messicoles

Adventices des moissons, elles sont en voie de disparition à cause des insecticides. La Nielle des blés est toxique, mais beaucoup sont médicinales : le Chardon Béni, le Coquelicot, la Nigelle de Damas, la Renoncule, l’Adonis (toxique), les Pieds d’alouettes…

 

 

Le jardin potager

Plantes de la deuxième cour

Le jardin potager

Le long du mur de clôture se trouvent les alimentaires de cueillette.
La grande Férule, dont on peut consommer les jeunes pousses comme celles du Fragon et bien sûr des Asperges. Elles le furent en période de disette, comme l’Arum d’Italie, toxique dont les bulbes cuits en plusieurs eaux sont comestibles, tout comme les Asphodèles qui ne sont pas toxiques mais qui ne sont pas très bonnes, plutôt utilisées pour en faire de la colle.

Les plantes tinctoriales

Les plantes tinctoriales

Le Pastel des teinturiers aux fleurs jaunes. Les boules de feuilles fermentées étaient appelées « coque », d’où l’expression Pays de Cocagne (où les cultivateurs faisaient fortunes). Il fut concurrencé par l’Indigo dont on importait la fécule à la fin du Moyen Age, pour obtenir de beaux bleus.
La Garance des teinturiers qui donne un beau rouge tout comme sa cousine sauvage, la Garance voyageuse (rouge plus pâle).
Le Réséda des teinturiers cultivé pour sa belle couleur jaune.
La Lambourde utilisée pour teindre les cheveux en jaune ! ?

Les plantes textiles

Le Lin cultivé, le Lin sauvage ou le Lin de Narbonne aux jolies fleurs bleues donnent le tissu de lin si apprécié aujourd’hui.
Le chanvre utilisé pour les cordages et les toiles ; les Orties dont la Ramie qui viennent d’Inde ; le Genet d’Espagne…

Plantes utilitaires

Le Petit Houx ou hérisson de cheminée ; la Saponaire ou Herbe à savon ; le Cornouiller sanguin qui fleurit jaune aux bords des routes, utilisé en vannerie et dont les fruits produisent de l’huile ; les Mûres ; le Pariétaire que personne n’aime, peut-être parce qu’il est allergisant, est pourtant diurétique et soigne l’arthrose. Ses feuilles froissées remplacent les éponges pour nettoyer les ustensiles de cuisine… et tant et tant d’autres.
Toutes les plantes ont de multiples vertus, ce sont des trésors oubliés à notre portée.

 

La visite s’est terminée autour d’un apéritif composé de tisane de Réglisse et de Citronnelle concoctée par les petites mains du Jardin et de Pineau des Charentes apporté par Gilles et Martine.
On pouvait aller découvrir les deux expositions ou grimper à la tour du Roi, mais aussi, à n’en pas douter, revenir plus tard dans ce lieu magique, ce jardin « extraordinaire ».
Nos deux visites furent accompagnées par les cris des Martinets et les chants des oiseaux, signe de l’importance de cet oasis en pleine ville.

 

 

Pour aller plus loin

 

Quelques photos de la visite

 

 

 

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