La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

1er mai 2017 – Les orchidées d’Arpaillargues

Céphalanthère - détail

Céphalanthère – détail

Balade commentée par Yves Maccagno, botaniste de la Zébrine (que nous ne présentons plus) dans la garrigue et les bois d’Arpaillargues.

Rendez-vous : 9h devant la mairie d’Arpaillargues.

Présentation de la balade :
Après les orchidées de Cassagnoles l’an passé, nous allons découvrir celles du village, d’autres espèces, d’autres couleurs de ces mystérieuses fleurs, qui, nous le rappelons, sont des plantes terrestres vivaces à double bulbes ou à tubercule ou rhizome, dont il existe 25 000 espèces dans le monde et 200 en Europe.

 

Ça c'est bien passé
Yves et son fan club

Yves et son fan club

Sous un ciel bleu immaculé entre deux épisodes pluvieux, un petit groupe de huit personnes motivées a suivi Yves Maccagno non pas à la recherche du muguet, mais sur le chemin des orchidées d’Arpaillargues-Aureilhac.

Sur le chemin du moulin à vent

Des Sérapias reconnaissables à leur langue (bien pendues) voisinent avec de petits lins bleu, du thym rose … le thème de la sortie est bien les orchidées mais Yves, bien sûr nous a permis d’observer de nombreuses plantes qui jalonnent le chemin : Ormeaux aux feuilles asymétriques, Paliure bonnet d’évêques, Arum à la spathe pour capturer les insectes, Cornouiller sanguin en fleur, Nerprun alaterne aux bords des feuilles translucides, Hélianthème des Apennins aux petites fleurs blanches dont il faut retourner la fleur pour compter les cinq sépales (trois grands et deux minuscules).

Ophrys bécasse

Ophrys bécasse

Un peu plus loin, l’Ophrys bécasse reconnaissable à son petit bec et à ses pétales rosés et un Orchis bouc heureusement en bouton, voisinent avec l’Urosperme de Daléchamp d’un jaune pale aux feuilles douces et aux ligules marron.

Nous atteignons le « spot » des Orchis militaire ou pourpre au croisement du chemin du moulin. Un tapis de ces grandes orchidées avait été repéré l’an passé. Cette année il y en avait moins mais il en restait plusieurs en fleur, bon nombre étaient déjà fanées (plus précoces cette année) tout comme les grandes Barlies de Robert, elles, toutes fanées car en fleur depuis janvier. Nous avons eu la surprise d’apprendre que les orchidées pouvaient être hybrides. Nos orchis militaires étaient aussi pourpres avec de nombreuses fleurs mais d’un rose plus pâle. Elles apprécient les lieux ouverts et présentent des tiges et fleurs fanées (de l’an passé) portant des graines très fines impossibles à resemer d’autant que toutes les orchidées poussent en symbiose avec un champignon (qui fait office de réserve), comme presque tous les végétaux d’ailleurs précise Yves.

Vers la Viste et le chemin de Galon

Nous sommes revenus sur nos pas en observant au passage le Chèvrefeuille étrusque en fleur, l’Epine noire, le Frutican ou jasmin jaune, le Troène parfumé… pour bifurquer et passer sous la Viste et longer un terrain recouvert de Vesce jaune reste d’une culture et ensuite traverser la route et poursuivre sur le chemin de Galon bordé d’Erodium bec de grue (famille du géranium), de Salsifis sauvages dont la fleur est en fait un bouquet de fleurs, de Chêne kermès qui en Grèce peut atteindre deux mètres de diamètre, ce qui a permis à Yves de nous parler de sélection artificielle régressive : l’homme coupant depuis des centaines d’années les gros spécimens provoque une « perte de mémoire » des plantes qui restent de petites dimension.Nous avons observé le Cade aux pieds mâles et femelles (portant les fruits) dont le Gard est très riche. Notre département possède cinq cades de plus d’un mètre de diamètre, quarante deux de un mètre cinquante de circonférence, la majorité mâle (seulement quatre femelles) ce qui pose la question du changement de sexe des vieux spécimens, déjà observés chez les ifs en Angleterre. 

Chemin du Clos de Broussan

Orchis pyramidal

Orchis pyramidal

Après être passés près de la capitelle Méric (la plus belle du village) sur le chemin du Clos de Broussan nous avons bifurqué sur la droite pour emprunter un chemin bordé de terrains découverts où nous avons pu observer le très joli Orchis pyramidal juste ouvert. D’un rose fuchsia cet orchis de 15 à 20 centimètres de haut s’ouvre en forme de pyramide. Il tapissait le terrain l’an passé et cette année commence juste à s’ouvrir. Il voisine avec les Sérapias et les Ophrys bécasse et même avec les Ophrys en forme d’araignée déjà fanées. C’est donc un bien beau terrain à orchidées à remarquer.Yves a précisé la différence entre orchis et ophrys. L’Ophrys a trois pétales, l’un plus grand (le labelle) et trois sépales et prend l’apparence d’un insecte, alors que l’orchis présente une tige et de nombreuses fleurs regroupées en gros épis (avec, pour certains, un labelle ressemblant à des bonshommes en pantalon bouffant).

Le mode de reproduction des orchidées très élaboré témoigne d’une co-évolution avec l’animal. Certaines orchidées peuvent effectuer un triple stimulus. Elles produisent des phéromones et prennent la forme de l’insecte femelle pour attirer le mâle (qui apparaît 15 jours avant la femelle). Les pollinies se collent sur l’insecte ce qui permet la fécondation quand l’insecte visite une autre fleur.

Chemin du Clos de Trosse

Nous poursuivons sur le chemin du Clos de Trosse (ou grand vigne) en prenant à gauche pour passer devant l’ancien maset de Nelly et découvrons juste après un vieux chêne boursouflé un bouquet de Limodores à feuilles avortées. C’est une longue orchidée violette aux fleurs qui semblent placées à l’envers, les bractées reliées à la tige et qui n’a pas de feuille (pas de vert). C’est une plante parasite qui pousse sur des racines d’arbres . C’est la dernière orchidée que nous pourrons observer puisque les deux Céphalanthères de l’enclos de Coste Joulène ne sont pas revenues cette année (certaines orchidées ne ressortant que tous les 2, 10, voire 20 ans!).La balade se termine, après avoir observé près de la grande dalle de pierre le Dompte venin officinal et la douce Phlomis lychnite aux fleurs jaunes. 

L’enclos de Coste Joulène

Arrivés dans l’enclos nous avons pu suivre le sentier botanique presque terminé, avant de commencer l’Assemblée générale de notre association La Zébrine. Une matinée bien chargée riche de fleurs et d’observations de la nature qui nous enchante toujours !

Quelques photos de la balade

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