La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

Étiquette : 2017

19 mai 2017 – La vallée de l’Eure à Uzès

Les lavandières à la fontaine de l'Eure

Les lavandières à la fontaine de l’Eure

Promenade au pied d’Uzès dans la vallée de l’Eure.

Rendez-vous : 9h30 au parking de la Vallée de l’Eure.

Quelques mots sur la promenade :
De la source de l’Eure aux différents moulins en passant par l’aqueduc, un parcours marqué par la présence de l’eau.

 

Ça c'est bien passé
Le groupe des promeneurs

Le groupe des promeneurs

De bon matin, un groupe de 16 membres de La Zébrine accompagné de Bernard Malzac a parcouru les chemins de la Vallée de l’Eure. Une vallée verte et bucolique à deux pas d’Uzès.

Bernard Malzac président de l’Association H.C.U. et directeur des Éditions La Fenestrelle a bien su nous transmettre ses connaissances acquises à la lecture de documents d’archives et de nombreux livres, mais nous a aussi relaté ses propres souvenirs d’enfance et de collégien qui comme beaucoup d’Uzétiens ou Uzégeois a fréquenté ce beau site.

Moulins et filatures

Le premier édifice observé tout près du parking, est un bâtiment plutôt banal mais qui s’avère être autrefois le moulin Roussel ou Vernet (famille de potiers) qui fut transformé ensuite en une filature. Une ancienne carte postale en témoigne : un long bâtiment avec une cheminée. Ce qui a permis à Bernard d’évoquer le travail dans les filatures. Le dur travail des fileuses qui venaient de tous les villages de l’Uzège mais aussi celui des enfants par la lecture d’une circulaire de 1841 qui autorisait leur travail à partir de 8 ans ! Pas plus de 8 h par jour mais de 5 h du matin à 9 h du soir, ponctué par une pause repas, avec fréquentation de l’école (on se demande quand!). Bernard a précisé qu’au début du 20e s, c’était encore les conditions de travail à l’Usine Zan de Pont des charrettes. Nous nous sommes ensuite dirigés vers un autre moulin Roussel connu par certains pour être reproduit en carte postale avec des lavandières en premier plan.

La source

Derrière ce bâtiment se trouvent les sources de l’Eure dans une vaste vasque d’où émergent des boulidous (aperçus par le portail). Une dizaine de sources ou plus exactement de résurgences de l’eau venue du plateau constituent cette source de l’Eure divinisée en Ura par les romains (stèle conservée à Lyon). Ura donne Eure ( la racine UR de Ura, signifie eau). Une source pérenne au débit constant (400 l/s ) à l’eau cristalline qui se jette dans l’Alzon à l’eau plus trouble. Une eau peu calcaire (7 ou 8 km pour se déposer) qui intéressa les romains pour alimenter la ville de Nîmes au moyen du célèbre aqueduc de 50 km à la pente constante.
Trois tracés de l’aqueduc ont été envisagés. L’un passant par l’oppidum de Marbacum (près de Russan) l’autre passant par le pont romain (ou plutôt roman) et l’ancienne route d’Uzès à Nîmes et le 3e adopté passant par St Maximin, Bornègre …

Le lavoir

Près de la source un bâtiment aux arcatures ogivales attira notre attention . C’était un ancien lavoir dont la construction en 1849 a été confié à un atelier de charité (pour occuper et rémunérer des indigents) qui fonctionna jusqu’à ce qu’on construise le lavoir sous l’Évêché. Avant, les lavandières venaient directement au bord de l’Alzon, les pieds dans l’eau (!) pour effectuer les grandes « bugades » et il existait une entente avec les meuniers qui devaient descendre et remonter les « bugadières ».
Bernard a fait circuler plusieurs cartes postales anciennes qui montraient la vallée de l’Eure avec les lavandières et le moulin mais aussi les pentes quasi désertiques car exploitées. Les moutons broutaient, les bouscasiers (bûcherons) coupaient le bois pour alimenter les fours à chaux, les charbonnières, boulangeries… un tout autre paysage.
Ils nous a appris aussi qu’en 1855 la ville de Nîmes a voulu acheter la source et tous les bâtiments Roussel, fort heureusement les uzétiens s’y sont opposés.

L’aqueduc

Le bassin de régulation de l'aqueduc romain

Le bassin de régulation de l’aqueduc romain

Continuant notre balade nous avons longé le canal de l’aqueduc et observé ses cotés couverts de mortier de tuileaux (argile concassée) et le badigeon d’étanchéité ou « malta » décrit par Pline. Il serait composé outre le sable, la chaux et l’oxyde de fer, de lait de figue, sève d’euphorbe et graisse de porc. Quelle recette !
Cet aqueduc n’aurait fonctionné que 150 ans. Le bassin de régulation découvert par des archéologues locaux, ouvrage exceptionnel servant à réguler et nettoyer le canal était couvert comme l’ensemble de l’aqueduc enterré et aérien.

Les autres moulins

La tour du Prévôt

La tour du Prévôt

Nous avons atteint ensuite un autre moulin bladier (à blé) le moulin du Tournal précédé par les traces d’un barrage ou resclause et signalant sur ses murs des marques de niveaux de crues (celle de 1789 étant étonnante). Vingt huit moulins étaient présents dans la vallée de l’Eure, certains bladiers, d’autres à foulon (à martinets) pour renforcer la solidité des tissus de laine ou pour faire de la pâte à papier. Plus loin le moulin de Gisfort prés de la rivière où un barrage faisait cascade, possédait une pouzarenque encore visible (directement dans l’Alzon).
Au passage Bernard attira notre attention sur les micocouliers dont on utilisait le bois pour faire des fourches ou comme son grand père, des colliers de mouton.

Château Bérard

Nous passons le long du château Bérard construit au 19e s, par un directeur de l’usine Zan. Construction composite : toit d’ardoise, brique, fenêtres à meneaux ; pour atteindre le moulin de Carrière ou de Bargeton (famille bien connu en Uzège et à Arpaillargues, dont un ancêtre fut le médecin de François 1er) qui vient d’être restauré et permet de voir les biefs, canaux et caves du sous sol.

Temple des Druides et carrière

Le "Temple des Druides"

Le « Temple des Druides »

Nous avons continué vers la grotte (ou temple) des druides, abri naturel de carriers dénommée à tort au 19e s ; comme la crypte (qui elle non plus n’a rien de paléo-chrétien).
La carrière des pins Bérard dont la pierre a servi à de nombreuses constructions est un beau site toujours fréquenté, en témoignent des sculptures récentes. Autrefois la pierre était extraite à l’aide de bois et d’eau qui faisait exploser le rocher et à coup d’escoude.

Vers le centre ville

Juste en face une très belle vue sur Uzès, et continuant par la rue de l’escalette nous sommes remontés vers le centre ville en passant devant l’ancien abattoir du début du 20e s. surmonté des armoiries d’Uzès, transformé en Usine Eminence puis en cuisines de l’Uzège. Nous sommes passés devant l‘ancien hôpital du 18e s ; construit par l’Évêque Baouin (son gisant est à la cathédrale) pour l’accueil des indigents. Après avoir longé une partie du barry (l’enceinte qui comprenait 4 portes), nous avons atteint le pavillon Racine construit par le Baron de Castille (amateur de colonne) où l’une des membres a fait la lecture d’une lettre d’Uzès puis nous sommes redescendus dans la vallée par le grand escalier après une petite pause sur le balcon de la marquise.

Cette belle balade dans cette vallée chargée d’histoire, fort bien guidée par Bernard Malzac s’est terminée par un agréable pique-nique au bord de l’eau. Visite à poursuivre peut-être à Marbacum ou à l’ermitage de Collias.

 

 

Pour aller plus loin :

 Quelques photos de la balade

 

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Avril en balade 2017 – Les senteurs des garrigues

Iris sauvages

Iris sauvages

 

Promenade en garrigue le nez au vent avec Philippe Tiébot.

Rendez-vous : 14 au parking de la salle communale.

Quelques mots sur la promenade :
Senteurs capiteuses, parfums discrets, essences cachées ou odeurs fétides, la garrigue est peuplée de mille et une fragrances, celle du thym ou de la sarriette bien sûr, mais aussi de l’herbe à bitume, du pistachier térébinthe, de la coronille, du cade… sans oublier la roquette, le poireau, l’asperge sauvage ou la rue. Cette promenade n’a de pas d’ambition scientifique mais propose une découverte inhabituelle de notre nature.

 

Ça c'est bien passé
Balade sur les parfums de la garrigue

Un groupe très attentif

Avril en balade a rassemblé 22 personnes sur le chemin des senteurs de la garrigue. Certains venus d’Avignon, de la Drôme, du Grau-du-Roi et qui avaient déjà suivi et apprécié nos balades d’Avril les années précédentes, d’autres de Nîmes et Uzès et bien sûr quelques unes d’Arpaillargues, membres de la Zébrine.

Cette année Philippe avait choisi le thème des senteurs des plantes et des arbres et de la communication entre les espèces végétales et animales.

« Quelle est pour vous l’odeur de la garrigue ? » a-t-il demandé en préambule à l’assistance. Beaucoup ont répondu celle du thym. Mais oui, le thym domine mais c’est toute une palette de parfums ou de senteurs qui compose cette odeur inimitable.

Psoralee ou Herbe au bitume

Psoralée ou Herbe au bitume

Nous avons d’abord emprunté le Sentier des Conques « à l’envers », pour passer devant le petit bois de lauriers dans le chemin de la Barboye. Ce Laurier sauce, bien connu et qui entre dans la composition de savon d’Alep. Puis sur le chemin de Coste Joulène nous avons pu respirer l’Herbe au bitume, petite plante herbacée méconnue qui dégage en la coupant une bonne ou mauvaise odeur de bitume. Certains aiment et d’autres pas, ce sera le cas pour de nombreuses plantes. « Le goût et les odeurs… »
A savoir tout de même que l’odorat humain peut discerner plus de 10 000 odeurs différentes et que le sens de l’odorat était très important dans le passé en évitant à l’homme de mauvaises rencontres (bêtes sauvages) ou des maladies (aliments avariés). Aujourd’hui, moins utilisé (à part par les « nez »), il semble réservé au plaisir, celui d’utiliser un parfum ou plaisir de sentir dans son jardin les roses, le lilas ou le seringa ou bien dans la garrigue les iris et la lavande. A savoir aussi que l’homme possède dans le nez un épithélium, zone constituée de petits capteurs qui est capable de différencier les odeurs et qui est moins performant que celui du chat ou des insectes.

En préambule Philippe a aussi précisé que toutes les plantes avaient une odeur que nous sentions ou pas selon les personnes et bien sur, pas seulement pour notre plaisir mais pour leur reproduction, pour attirer les insectes pollinisateurs et permettre leur survie ou bien pour repousser les animaux et ainsi ne pas disparaître sous leur dents, comme le Thym ou certains arbres.

Le monde végétal est un monde merveilleux qui ne cesse de nous surprendre et les stratégies de survie et de communication sont plus étonnants les unes que les autres.
Je laisse à Philippe le soin de joindre les petites fiches qu’il a réalisées pour préparer cette balade. Un gros travail de recherches qui le passionne ! Et je me contente d’énumérer les plantes sauvages odorantes signalées en cour de route.

Rue

Rue

L’Asperge, mais oui, dont le parfum et le goût sont bien connus , puis la Lavande aspic (la vraie, ou plutôt la nôtre !), la Sauge peu fréquente mais dont un pied complète le sentier botanique de Coste Joulène. La Coronille qui éclaire et embaume tous les terrains et les chemins. L’Iris gigot ou fétide (et oui certaines plantes sentent mauvais pour nous mais pas pour les mouches!), Le Cade bien connu pour ses vertus insecticides, le Thym qui tapisse la draille du Dévès que nous avons empruntée. Il s’entoure même d’un halo d’huile essentielle pour se protéger de la sécheresse et éloigne les autres plantes et surtout la dent du mouton. Cette famille des labiés tout comme la Sauge, la Lavande, la Sarriette ou le Romarin sont bien les plantes les mieux adaptées à notre région et d’ailleurs celles qui la symbolisent. La Rue, alors là, les avis sont partagés. Bonne ou mauvaise odeur ? Et surtout méfiance elle peut être allergène et a un système d’étamines au comportement curieux. Et puis surprise : la Germandrée. Mais quelle est donc cette odeur ? mais oui, le saucisson ! Amusant !

Nous poursuivons sur la draille fort heureusement ombragée en regrettant que les jolis Iris nains parfumés soient déjà fanés et retournons vers le village en nous arrêtant devant un grand Pin d’Alep pour observer la résine odorante. L’odeur des pins au soleil est bien l’odeur de l’été !
Le Pistachier térébinthe dont était issue la térébenthine commence à avoir ses feuilles et garde les galles en forme de haricot si caractéristiques. La Sarriette ou poivre d’âne, elle, nous rappelle les petits fromages qu’elle parfume.Nous finissons cette sélection de plantes odorantes par une Orchidée bécasse qui non seulement attire les insectes par son odeur mais aussi par sa forme d’insecte. Un avant goût de la balade du 1er mai.

Philippe nous a bien fait partager ses découvertes autour des odeurs et c’est le nez et les doigts odorants que nous sommes rentrés bien ensoleillés.

 

 

Pour aller plus loin :

 Quelques photos de la balade

 

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1er mai 2017 – Les orchidées d’Arpaillargues

Céphalanthère - détail

Céphalanthère – détail

Balade commentée par Yves Maccagno, botaniste de la Zébrine (que nous ne présentons plus) dans la garrigue et les bois d’Arpaillargues.

Rendez-vous : 9h devant la mairie d’Arpaillargues.

Présentation de la balade :
Après les orchidées de Cassagnoles l’an passé, nous allons découvrir celles du village, d’autres espèces, d’autres couleurs de ces mystérieuses fleurs, qui, nous le rappelons, sont des plantes terrestres vivaces à double bulbes ou à tubercule ou rhizome, dont il existe 25 000 espèces dans le monde et 200 en Europe.

 

Ça c'est bien passé
Yves et son fan club

Yves et son fan club

Sous un ciel bleu immaculé entre deux épisodes pluvieux, un petit groupe de huit personnes motivées a suivi Yves Maccagno non pas à la recherche du muguet, mais sur le chemin des orchidées d’Arpaillargues-Aureilhac.

Sur le chemin du moulin à vent

Des Sérapias reconnaissables à leur langue (bien pendues) voisinent avec de petits lins bleu, du thym rose … le thème de la sortie est bien les orchidées mais Yves, bien sûr nous a permis d’observer de nombreuses plantes qui jalonnent le chemin : Ormeaux aux feuilles asymétriques, Paliure bonnet d’évêques, Arum à la spathe pour capturer les insectes, Cornouiller sanguin en fleur, Nerprun alaterne aux bords des feuilles translucides, Hélianthème des Apennins aux petites fleurs blanches dont il faut retourner la fleur pour compter les cinq sépales (trois grands et deux minuscules).

Ophrys bécasse

Ophrys bécasse

Un peu plus loin, l’Ophrys bécasse reconnaissable à son petit bec et à ses pétales rosés et un Orchis bouc heureusement en bouton, voisinent avec l’Urosperme de Daléchamp d’un jaune pale aux feuilles douces et aux ligules marron.

Nous atteignons le « spot » des Orchis militaire ou pourpre au croisement du chemin du moulin. Un tapis de ces grandes orchidées avait été repéré l’an passé. Cette année il y en avait moins mais il en restait plusieurs en fleur, bon nombre étaient déjà fanées (plus précoces cette année) tout comme les grandes Barlies de Robert, elles, toutes fanées car en fleur depuis janvier. Nous avons eu la surprise d’apprendre que les orchidées pouvaient être hybrides. Nos orchis militaires étaient aussi pourpres avec de nombreuses fleurs mais d’un rose plus pâle. Elles apprécient les lieux ouverts et présentent des tiges et fleurs fanées (de l’an passé) portant des graines très fines impossibles à resemer d’autant que toutes les orchidées poussent en symbiose avec un champignon (qui fait office de réserve), comme presque tous les végétaux d’ailleurs précise Yves.

Vers la Viste et le chemin de Galon

Nous sommes revenus sur nos pas en observant au passage le Chèvrefeuille étrusque en fleur, l’Epine noire, le Frutican ou jasmin jaune, le Troène parfumé… pour bifurquer et passer sous la Viste et longer un terrain recouvert de Vesce jaune reste d’une culture et ensuite traverser la route et poursuivre sur le chemin de Galon bordé d’Erodium bec de grue (famille du géranium), de Salsifis sauvages dont la fleur est en fait un bouquet de fleurs, de Chêne kermès qui en Grèce peut atteindre deux mètres de diamètre, ce qui a permis à Yves de nous parler de sélection artificielle régressive : l’homme coupant depuis des centaines d’années les gros spécimens provoque une « perte de mémoire » des plantes qui restent de petites dimension.Nous avons observé le Cade aux pieds mâles et femelles (portant les fruits) dont le Gard est très riche. Notre département possède cinq cades de plus d’un mètre de diamètre, quarante deux de un mètre cinquante de circonférence, la majorité mâle (seulement quatre femelles) ce qui pose la question du changement de sexe des vieux spécimens, déjà observés chez les ifs en Angleterre. 

Chemin du Clos de Broussan

Orchis pyramidal

Orchis pyramidal

Après être passés près de la capitelle Méric (la plus belle du village) sur le chemin du Clos de Broussan nous avons bifurqué sur la droite pour emprunter un chemin bordé de terrains découverts où nous avons pu observer le très joli Orchis pyramidal juste ouvert. D’un rose fuchsia cet orchis de 15 à 20 centimètres de haut s’ouvre en forme de pyramide. Il tapissait le terrain l’an passé et cette année commence juste à s’ouvrir. Il voisine avec les Sérapias et les Ophrys bécasse et même avec les Ophrys en forme d’araignée déjà fanées. C’est donc un bien beau terrain à orchidées à remarquer.Yves a précisé la différence entre orchis et ophrys. L’Ophrys a trois pétales, l’un plus grand (le labelle) et trois sépales et prend l’apparence d’un insecte, alors que l’orchis présente une tige et de nombreuses fleurs regroupées en gros épis (avec, pour certains, un labelle ressemblant à des bonshommes en pantalon bouffant).

Le mode de reproduction des orchidées très élaboré témoigne d’une co-évolution avec l’animal. Certaines orchidées peuvent effectuer un triple stimulus. Elles produisent des phéromones et prennent la forme de l’insecte femelle pour attirer le mâle (qui apparaît 15 jours avant la femelle). Les pollinies se collent sur l’insecte ce qui permet la fécondation quand l’insecte visite une autre fleur.

Chemin du Clos de Trosse

Nous poursuivons sur le chemin du Clos de Trosse (ou grand vigne) en prenant à gauche pour passer devant l’ancien maset de Nelly et découvrons juste après un vieux chêne boursouflé un bouquet de Limodores à feuilles avortées. C’est une longue orchidée violette aux fleurs qui semblent placées à l’envers, les bractées reliées à la tige et qui n’a pas de feuille (pas de vert). C’est une plante parasite qui pousse sur des racines d’arbres . C’est la dernière orchidée que nous pourrons observer puisque les deux Céphalanthères de l’enclos de Coste Joulène ne sont pas revenues cette année (certaines orchidées ne ressortant que tous les 2, 10, voire 20 ans!).La balade se termine, après avoir observé près de la grande dalle de pierre le Dompte venin officinal et la douce Phlomis lychnite aux fleurs jaunes. 

L’enclos de Coste Joulène

Arrivés dans l’enclos nous avons pu suivre le sentier botanique presque terminé, avant de commencer l’Assemblée générale de notre association La Zébrine. Une matinée bien chargée riche de fleurs et d’observations de la nature qui nous enchante toujours !

Quelques photos de la balade

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30 octobre 2017 – Le village de Montfrin

Visite du village de Montfrin, du château et de l’apié avec un membre de l’association du Patrimoine de Montfrin.

Rendez-vous : 13 au parking de la salle polyvalente pour co-voiturage.

Quelques mots sur le village :
Situé entre Rhône et Gardon, Montfrin, dominé par son château classé au titre des Monuments Historiques, est un village doté d’un riche patrimoine.

 

Ça c'est bien passé
Les visiteurs

Les visiteurs

 

Le grand vent qui soufflait ce lundi n’a pas découragé treize membres de La Zébrine qui se sont retrouvés devant la Marianne sur la grand place de Montfrin.
Deux « Amis du patrimoine » du village, dont Régine Roux, la présidente de l’association, nous ont guidé par les rues de ce village proche mais inconnu ou plutôt méconnu (en passant) de la plupart des « zébriniens ».

Situé entre Rhône et Gardon Monsférinus qui signifie Mont giboyeux est dominé par un château et abrite une commanderie de templiers, une église romane, des façades Renaissance et un curieux apié.

Nous avons emprunté la rue principale rue Mendés-France en hommage à cet homme politique qui a habité le château. Quatre portes aux quatre points cardinaux ouvraient sur le village dont le centre ancien est un parfait rectangle.
L’empereur Antonin y fit édifier une tour de défense, base du donjon féodal.
Face à la mairie au mur en bossage se trouvait la maison Calvière de 1519 où logea Richelieu et qui conserve une belle façade Renaissance hélas en grand besoin de restauration.

L’église Notre-Dame

Notre-Dame de Malpas - le tympan

Notre-Dame de Malpas – le tympan

A proximité, l’église Notre Dame de Malpas bâtie en 1180 par les Templiers. Grande et sobre église romane, elle abrite des chapiteaux sculptés, des clefs de voûtes gravées d’inscriptions, des tableaux du 17e et 18 e s, dont l’un de Xavier Sigalon et un beau tympan représentant L’Annonciation et l’Adoration des mages avec une vierge et un enfant Jésus déjà grand, portant de longues robes d’un beau plissé.

La Commanderie des Templiers

Tout à coté, la Commanderie érigée en 1169 comprise dans un grand quadrilatère où tout communiquait est l’œuvre de ces moines-chevaliers qui étaient aussi exploitants et possédaient un très grand domaine. Co-seigneurs, ils avaient droit de pèche, moulins, puits, prison, four.. et même une carrière, nous le verrons plus loin. Les Hospitaliers qui leur ont succédés après le démantèlement de leur ordre se consacraient aux soins des malades. Ils ont restauré, modifié ces grands édifices du 14e au 17e s. et construit le clocher en 1372.

Ville d’eau

Cette rue est bordée de grandes maisons qui cachent, sous leurs modestes façades, des richesses du temps où Montfrin au 16e et 17e s. était ville d’eau. Ce village possède trois sources aux vertus dites curatives et a vu ainsi le passage à trois reprises de Louis XIII accompagné d’une grande cour dont Jean Baptiste Poquelin qui y rencontra Madeleine Béjart. Ses eaux ont peut être aussi contribué à la naissance de Louis XIV !

Le château

Le château de Montfrin

Le château de Montfrin

Nous avons continué la visite en empruntant un sentier longeant l’enceinte du château surplombant le jardin qui s’étage dans une ancienne carrière. D’abord château fort, transformé en « petit Versailles », le château, grand quadrilatère présente des façades classiques entourées de jardins en terrasse autrefois à la française attribués à Mansart. Quelque peu délaissés (aux regrets de certains) mais plantés de grands pins majestueux, ponctués de statues, ils offrent une vue magnifique sur le village et les alentours, ce jour là bien ventés !
Le château a connu bien des hôtes illustres, outre les Monteynard, il fut acquis en 1925 par la famille Servan-Schreiber puis Mendés-France, il est la propriété d’un descendant des Schreiber, époux d’Agnès B., le comte de Claret de Fleurieu, oléiculteur.
Il fut aussi pendant la dernière guerre le siège de la Kommandantur et cible du bombardement.

L’apié

L'apié de la Baume

L’apié de la Baume

Nous continuons à marcher sur le plateau où des vignes plantées dans les galets donnent un bon Côtes du Rhône et nous descendons vers Les Baumes où se trouve le plus grand apié, ou mur d’abeilles, de France. 75 niches à abeilles sont creusées sur le front de taille d’une ancienne carrière (peut-être des templiers) du 18e au 19e s, qui comprend un petit habitat troglodyte et les ruines d’une tour. Le site intrigue et des recherches sont à effectuer.

Ce fut une longue visite de trois heures d’un village languedocien qui mérite bien le détour, accompagné de guides bien documentés, membres d’une association que nous devons recevoir à notre tour pour faire visiter en échange notre propre village. A suivre !

 

Pour aller plus loin :

 Quelques photos de la balade

 

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25 septembre 2017 – le site archéologique de Glanum

Quartier de la source sacrée

Quartier de la source sacrée

Visite du site de Glanum antique à Saint-Rémy de Provence et de l’aqueduc et des moulins de Barbegal.

Rendez-vous : 8h15 au parking de la salle communale pour une visite à 9h30.

Quelques mots sur Glanum et Barbegal :
C’est une cité antique aux portes de Saint-Rémy-de-Provence. Plus d’un siècle de recherche archéologique sur le site de Glanum permet de présenter les témoins d’un ensemble architectural exceptionnel.
Installée au cœur du massif des Alpilles, au carrefour de grandes voies de circulation, la cité gauloise fut baignée d’influences grecques puis romaines et connaît son plein développement à partir du IIe siècle avant notre ère.
L’aqueduc et les moulins de Barbegal constituent un complexe romain de meunerie hydraulique situé à Fontvieille, à proximité de la ville d’Arles. Cet ensemble a été qualifié comme « La plus grande concentration connue de puissance mécanique du monde antique »

 

Ça c'est bien passé
La maison des Antes

La maison des Antes

Par un doux soleil d’automne, 25 personnes ont accompagné un « Martin prêcheur heureux » [sic] sur le site antique de Glanum à St-Remy-de-Provence.

Connu dès le 16e s. mais fouillé seulement au début du 20e s., ce site présente trois civilisations superposées qui se succèdent et se fécondent, ce qui explique l’interpénétration des cultures et les recoupements historiques. Les maisons s’élevant sur trois niveaux de peuplement : les Celtes, les Grecs et les Romains. En suivant la rue principale nous allons remonter le temps et surtout, insiste Clément, « il vous faut penser à ceux qui ont vécu dans ces lieux et non les voir comme de belles ruines ».

Commençons par le quartier résidentiel avec :

  • La maison d’Epona, où fut trouver une dédicace à cette divinité gauloise.
    Epona est la grande jument, sa présence fait référence à l’élite guerrière et cavalière (les chevaux furent domestiqués en -3500 ans).
  • De l’autre coté de la rue on aperçoit un mur à alvéoles qui nous ramène à une coutume plutôt barbare. Les celtes (ou gaulois) étaient des guerriers farouches qui coupaient les têtes de leurs ennemis (pour s’emparer de ce qu’elles contenaient), les accrochaient à leurs chevaux et les plaçaient dans des pierres ou des murs à alvéoles.
  • La maison des Antes. Une maison à péristyle de type toscan à un étage. Sans fenêtres mais avec des portes coulissantes et des puits de lumière, elle était chauffées avec des braseros. C’est une unité mono-familiale. Elle doit son nom à des pilastres carrés appelés antes qui délimitaient le laraire. C’est un espace dédié aux dieux lares qui prenaient soin de la maison alors que les pénates étaient les dieux du foyer, cuisine et garde-manger. Les génies, eux, étant des divinités personnelles. Les mannes (DM) sont les ancêtres auxquels on vouait un culte quotidien (avec pain, fruits miel, fleurs).
  • Clément a évoqué les éléments d’un repas composé de légumes : oignons, aulx, artichauts, asperges, lentilles, navets, choux et de viandes : vaches, veaux, sangliers, cochons, paons, perroquets, cigognes, flamants roses.
  • Les thermes

    Les thermes

    Le marché. Formé de plusieurs boutiques autour d’une cour entourée de colonnes doriques il comprend une pièce de dévotion avec un autel. Le mur est en grand appareil [+30 cm = grand appareil, de 0 à 20 cm petit appareil, de 20 à 30 cm moyen appareil]. Les romains ont coupé le marché hellénistique pour aménager un espace dédié à Cybèle.

  • La maison d’Atys et de Cybèle permet d’évoquer le mythe d’Atys le berger dont est amoureuse Cybèle (déesse de la nature) et qui s’émascule après avoir trahi le vœux de chasteté. Il est alors transformé en pin. Un bas relief en marbre trouvé dans la maison évoque ce thème. C’est une grande maison à péristyle avec impluvium et un autel votif de Loreia à Cybèle.
  • Les thermes. On y accède en suivant la rue principale ou rue des thermes, couverte de grandes dalles, qui suit le tracé de l’égout nord. C’est le lieu de réunion. Il comprend le palestre destiné aux jeux, le caldérium (salle chaude), le tépidarium (salle tiède) chauffées par l’hypocauste (dont il reste les piles de briques), le natatio (la piscine) alimentée par un masque qui crache l’eau.

 

 Le Centre monumental avec :

  • La Curie : lieu de réunion qui présente un mur en petit appareil et comprend deux pièces : la salle du conseil pour les curiates et la salle de dévotion avec une alvéole pour placer la statue de l’empereur.
  • La basilique est grande (45 x 24 m), c’est l’édifice principal du forum, un grand hall public où se trouvent 24 piliers toscans et un puits à dromos (couloir) avec trois volets de marches qui descendent vers l’eau sacrée. Ce puits fut comblé par les romains.
  • La Maison de Sulla

    La Maison de Sulla

    La maison de Sulla, en partie recouverte par la basilique mais dont les fouilles profondes ont exhumé le plan carré, les pièces disposées autour d’un atrium. L’une des pièces avait un pavement de mosaïques qui porte le nom de Co Sulla, ce qui nous ramène à Uzès où, sur les fameuses mosaïques, a été retrouvé le nom de Lucius Cornelius sans doute Sulla. A suivre ! (NDLR)

  • Le forum, la place publique vaste plate-forme dallée, qui présente deux temples géminés dont le grand est dédié à Auguste. Comme tous les temples ils doit être surélevé avec un nombre impair de marches, comprendre le pronaos (devant), la cela (cachée) circulaire ou carrée. Sur un axe de symétrie se trouvent deux têtes : Livie et Octavie.
  • La fontaine monumentale qui était alimentée (comme les thermes) par un aqueduc de 600 m., un barrage à voûte de 13 m. amenant l’eau du lac du Peiroun (où nous irons pique-niquer).
  • L’exèdre, salle avec banquette.
  • Le bouleterion, salle de réunion pour les notables, avec un autel à la déesse Hestia.

Le quartier de la source sacrée :

Après le mur d’enceinte de l’oppidum salyen (-700) qui comporte une porte-tour se trouve :

  • La source sacrée pour les glaniques avec un escalier qui descend à la source toujours avec les 3 volets de marches. Un lieu magnifique empreint de mystère.
  • Le temple corinthien dédié à Valetudo déesse de la santé.
  • Autels dédiés à Hercule

    Autels dédiés à Hercule

    Le sanctuaire d’Hercule, demi dieu gréco-latin symbole de la force représenté avec une peau de lion, un verre et une massue. Sept autels lui sont consacrés.

  • Les maisons salyennes (gauloises) (-600) sont de petites maisons de deux pièces, l’une présente un fumoir à vin (pour la conservation) avec ses briques rouge foncé.

Clément nous a alors invité à grimper sur le belvédère pour contempler l’ensemble du site et a conclu sa visite par quelques vers du « cimetière marin » de Paul Valéry en nous recommandant à nouveau de penser à ceux qui ont vécu sur ce site, à ceux qui s’y sont aimés. La vie toujours renaissante, les hommes d’aujourd’hui descendent toujours de ces peuples salyens, glans, gallo-grecs et gallo-romains.

Les Antiques

En sortant du site nous nous sommes dirigés vers les Antiques : l’arc triomphal et le mausolée des Julii. Ces édifices étaient visibles et cités depuis le Moyen Age.

  • Le Mausolée et l'arc de triomphe et

    Le Mausolée et l’arc de triomphe et

    L’arc de triomphe, monument officiel qui exalte la puissance de Rome a une baie unique avec un joli décor à caissons et un bandeau de fruits et de fleurs, il présente sur ses deux faces quatre groupes de captifs.

  • Le mausolée, monument privé, affirme l’orgueil d’une famille. Sur le socle quatre frises de batailles et de chasses, plus haut, des frises à décors marin et au sommet, au centre d’une colonnade circulaire deux statues de personnages en toge romaine de la famille des Julii.

Barbegal

Après un moment de pique nique et de repos sous les pins près du lac du Peiroun, nous avons continué notre périple vers l’aqueduc romain et les moulins de

Aqueduc de Barbegal

Aqueduc de Barbegal

Barbegal à Fontvieille. Un aqueduc qui rappelle bien sûr celui de l’Uzège mais qui a la particularité d’être double. Un conduit qui fait un coude à 90° et partait alimenter la ville d’Arles et un conduit qui se jetait sur les moulins placés en gradins en contrebas. L’eau actionnait deux séries de huit roues verticales à augets disposées de part et d’autre d’une allée centrale. Elles fournissaient l’énergie à des moulins à farine. Une maquette de ces moulins visible au Musée de l’Arles antique nous permet de mieux imaginer le site dont il ne reste pas grand chose.

Fourbus et la tête pleine d’images de l’antiquité nous avons remercié Clément de ses commentaires toujours passionnés et sensibles.

Ce résumé fort difficile à réaliser tant les explications de Clément étaient riches et foisonnantes est donc à compléter par la lecture d’un document pédagogique transmis par Dominique Buteau.

 

 

Pour aller plus loin :

 

Quelques photos et vidéo de la visite

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12 juin 2017 – Grotte de la salamandre

Grotte de la salamandre : la grande salle

La grande salle

Visite de la grotte de la salamandre à Méjannes-le-clap accompagnée par Marcel Watier l’un des découvreurs.

Rendez-vous : 9h30 au parking de la salle polyvalente d’Arpaillargues pour co-voiturage.

Quelques mots sur la visite :
La visite guidée sera suivie d’un pique-nique au bord de la Cèze sur la plage du Roy.

 

Ça c'est bien passé
En route vers la grotte

En route vers la grotte

Par un beau soleil et une chaude température allant de 33 à 37° (!), un groupe de dix huit Zébriniens guidé par Marcel Watier a descendu le petit chemin boisé qui conduit à la Grotte de la Salamandre, site Natura 2000, perdu au milieu des bois entre Méjannes-le-clap et St-André-de-Champclos.

Les bâtiments en bois s’intègrent fort bien dans la garrigue boisée environnante et la terrasse est comme la proue d’un navire flottant sur les chênes verts.

 

Marcel Watier

Marcel Watier est le doyen de La Zébrine et qui plus est, il est né à Arpaillargues au Mas Pradier. Parmi ses nombreuses activités, il fut le créateur du Club de spéléologie du Gard avec André Bonnet géologue et Robert de Joly et l’un des découvreurs de la Grotte de la Salamandre. Il a fait partie du groupe d’une quinzaine d’Uzétiens et Nîmois qui ont exploré cette grotte en 1965.

Marcel Watier

Marcel Watier

Il nous a expliqué avec modestie, qu’étant un des plus âgés du groupe (30 ans) , il a organisé cette exploration avec des jeunes de 15-16 ans qui sont restés 8 jours à explorer la grotte éclairée de leurs lampes à acétylène (réserve à la ceinture, casque avec photophore, bec et briquet).  Pour descendre les 50 ou 60 mètres de l’aven ils ont utilisé une échelle de Joly, (en câble et duralumin inventée par cet ingénieur bricoleur qui a découvert l’aven d’Orgnac).

 

La grotte

Point de traces animales ou humaines préhistoriques dans cette grotte dont l’ouverture est un aven. Le couloir d’accès actuel a été aménagé pour faciliter la visite et seule la salamandre (comme celle trouvée lors de la première descente, d’où son nom) et quelques chauves-souris fréquentent ce lieu.

Tous ceux qui ne connaissaient pas la grotte (la moitié du groupe) ont été émerveillés par les nombreuses stalactites ou stalagmites en forme de cierges, de colonnes, de méduses… et autres piles d’assiettes, mais ceux qui, comme nous (les rédacteurs) la connaissaient (et ont même assisté à un concert, que nous recommandons) ont été tout autant émerveillés. L’éclairage allant du naturel aux couleurs, non seulement révèle les détails des sculptures mais évite l’installation des mousses.

Draperies et stalagmites

Draperies et stalagmites

La guide de la grotte connaissait bien son sujet et a attiré notre attention sur de nombreuses particularités comme les concrétions excentriques, les grandes colonnes brisées en trois morceaux telles les ruines d’un temple romain, les draperies cristallines et autres merveilles. Un enregistrement « maison » vous en dira beaucoup plus, de cette vaste grotte où dans la grande sale pourrait, dit-elle, tenir la cathédrale Notre Dame : c’est la plus grande cavité aménagée d’Europe.

Nous avons dû quitter l’agréable fraîcheur (12 ou 13°) de la grotte pour affronter la chaleur extérieur (20° d’écart !) et retourner aux voitures pour descendre à l’ombre des bords de La Cèze à la Plage du Roy pour un agréable pique-nique sous le regard des chèvres sauvages et tout à côté d’un magnifique Lys martagon.

Encore une belle visite de découverte des trésors de notre région.

Pour aller plus loin :

 Quelques photos de la visite

La visite comme si vous y étiez (extraits)

 

 

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31 mars 2017 – L’Harmas de Fabre à Sérignan-du-Comtat

L'Harmas de Fabre (le mas)

L’Harmas de Fabre (le mas depuis le jardin)

Visite du domaine d’un entomologiste et humaniste : Jean-Henri Fabre.

Rendez-vous : 12h30 au parking de la salle communale pour une visite à 14h.

Quelques mots sur l’Harmas :
Avec sa façade rose et ses volets verts, la demeure est rustique mais de belle facture. Cette maison acquise en 1879, Jean-Henri Fabre l’a voulue accueillante et familiale, mais surtout studieuse. Le domaine laissé à l’abandon est un véritable paradis terrestre pour l’observation des insectes. D’une superficie d’environ 9 000 m2, le jardin a retrouvé son plan architectural d’antan : une partie fleurie, une autre plantée de grands arbres – dont certains par Fabre lui-même -, un potager, un bassin, une fontaine et un lavoir.

 

Ça c'est bien passé
Le guide du musée nous accueille

Le guide du musée nous accueille

Un beau soleil de fin de mars accompagnait la quinzaine de membres de la Zébrine sur le chemin de Sérignan-du-Comtat à une heure de route d’Arpaillargues (pas si loin finalement) pour découvrir l’Harmas de Jean-Henri Fabre : le domaine du fameux naturaliste ou entomologiste qui comprend un mas (ou bastide) et un jardin autrefois un harmas (terre en friche) qu’il transforma en un beau jardin. Devenue un musée, cette propriété est classée au titre des monuments historiques.

Nous avons pu visiter le mas à la façade rose et aux volets verts, témoin d’un temps passé avec son architecture et son mobilier provençaux, et surtout témoin de la vie d’un homme de la fin du 19e s.

Jean-Henri-Fabre

Jean-Henri-Fabre à sa table de travail

Un homme présenté comme l’archétype du savant s’intéressant à tout : animaux et surtout les insectes, plantes, minéraux, fossiles… Un enseignant, écrivain et poète en langue provençale faisant partie du Félibrige. Son cabinet de travail où figurent toutes ses collections dans de grandes bibliothèques est un véritable musée d’histoires naturelles et comprend 1 300 objets autour d’une petite table, modeste table en noyer où Fabre a écrit entre autres ses « Souvenirs entomologiques » traduit en 15 langues. Un œuvre considérable en 10 séries et 4000 pages curieusement plus connue et vénérée à l’étranger que dans notre pays !

Nous avons pu admirer quelques originaux de ses aquarelles car l’homme était aussi aquarelliste : il a produit plus de 600 planches de champignons. Ses fameux herbiers, exceptionnel inventaire de la flore régionale, comptent plus de 13 000 planches d’espèces de la France méridionale.

Nous sommes allés ensuite découvrir le jardin. Une grande allée de lilas en fleur et de grands arbres méditerranéens : Chênes, Pins d’Alep… mais aussi venant d’ailleurs : Calo-cèdre, Cèdre de l’Atlas, Oranger des Osages, Photinias… plus loin des arbustes en fleurs comme le merveilleux Lilas de Perse, les Coronilles… tout embaumait autour du bassin-fontaine où des grenouilles ou crapauds chantaient. Un petit coin de paradis entouré de hauts murs et qui comprenait un harmas où Fabre laissait croître les herbes folles et posait ses pièges à insectes et ses appareils inventés pour l’observation qu’il menait des heures durant. Son voisinage le prenait pour un « fada » alors qu’il était admiré par Darwin et Bergson.

En admiration devant un lilas de Perse

En admiration devant un lilas de Perse

Le potager et le verger représentaient un jardin vivrier provençal du XIXe s. autour d’un puits. Derrière la jolie serre a été reconstitué un jardin de montagne en réduction inspiré par le Ventoux que Fabre a longtemps parcouru.

Une modeste boutique-librairie a permis à certains passionnés comme Dieter d’acquérir des livres sur J.-H. Fabre ou sur les plantes.

Encore une visite fort intéressante sur un patrimoine naturel et humain étonnant.

 

Pour aller plus loin :

 

Quelques photos de la visite

 

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Samedi 28 janvier 2017 – L’Hôtel d’Agar de Cavaillon

Exposition Martine Lafon Hotel d'AgarLes expositions de l’Hôtel d’Agar à Cavaillon avec Martine Lafon à l’occasion de son exposition « Légendes d’hiver » et une guide de l’association de l’hôtel pour la présentation de l’exposition « Les crèches de l’Hôtel d’Agar » et ses collections .

Rendez-vous : 12h30 au parking de la salle communale pour une visite à 14h.

Quelques mots sur l’Hôtel :
Au cœur de Cavaillon, l’Hôtel d’Agar est bâti sur les ruines de la ville romaine qui s’était développée au bas de la colline Saint Jacques. Les premiers éléments de ce qui sera l’Hôtel d’Agar datent du 12 ème siècle. L’Hôtel a été passablement remanié au fil des siècles, parfois même malmené. La vaste demeure représente un condensé de l’histoire de la ville, de la cité gallo-romaine à l’agglomération du XXI ème siècle.
Quelques mots sur l’exposition de Martine Lafon :
Martine Lafon, l’artiste invitée de Noël 2016 à l’hôtel, revisite tout en rouge le mythe de Saint Véran de Cavaillon et du terrible dragon, la couloubre, ainsi qu’une réinterprétation du mythe de Saint Gens. Un hiver tout en couleur et fait de dialogues entre l’art contemporain et les mythes populaires.

 

Ça c'est bien passé
L'Hôtel d'Agar

L’Hôtel d’Agar

Cavaillon n’est pas très loin d’Arpaillargues et pourtant peu des treize membres de la Zébrine connaissait cette petite ville provençale entre Durance et Calavon et encore moins l’Hôtel d’Agar situé sur l’emplacement d’un bâtiment antique à proximité de l’Arc romain et de la colline rocheuse Saint-Jacques. Une ancienne maison signalée par sa tour médiévale octogonale avec gargouilles et par son jardin où trône une petite tour-volière.

Crèche des grands santons provençaux

Dés l’entrée nous sommes attirés par une foule de grands santons, richement habillés de tissus provençaux et de dentelles, occupant une pièce entière. Nos hôtes, Véronique Valton et Christian Morand, deux médecins passionnés de patrimoine provençal et collectionneurs impressionnants nous accueillent.

Martine Lafon, notre amie, artiste et Uzétienne, qui a motivé notre visite, y expose ses œuvres rouges, bien sûr, sur le thème du dragon et du loup. Elle est invitée à glisser ses œuvres d’art contemporain dans les trésors des collections permanentes de la maison.

La visite

Résumer cette visite riche et foisonnante est une gageure. Quelques enregistrements, des photos, ainsi que les pages du site de l’Hôtel d’Agar et de celui de Martine Lafon, la compléteront.

Affiche exposition Martine Lafon

Commençons par la légende de la Couloubre dont une représentation antique nous accueillait, une grosse masse de pierre qui figurait le dos d’un animal à la patte griffue. Proche parent de la Tarasque ou du Drac de Beaucaire et Tarascon, ce monstre habitait les eaux de la Sorgue, il fut vaincu par Saint Véran, évêque de Cavaillon. L’affiche de l’exposition de Martine évoquait bien cette légende ainsi que les tableaux qui courraient sur les murs de la première salle. La deuxième présentait des bibliothèques de pharmacie (ou droguier) remplies de superbes pots, des tableaux du 17e et 18e s. représentant l’intérieur d’un hôpital, œuvres originales et rares comme tous les objets de cette étonnante demeure inscrite aux Monuments historiques, véritable cabinet de curiosité.

Après avoir grimpé le vaste escalier à vis nous avons pénétré dans la salle consacrée aux œuvres de l’artiste contemporain invité entourées par une multitude d’objets étonnants : crèche contemporaine en porcelaine de Sèvres (plutôt inquiétante),

Santibelli

superbes boules de Noël en verre de Meisenthal, collection d’anciens colliers de chiens hérissés (contre les loups), béatilles (petites boites réalisées par des religieuses), paperolles (petits tableaux précieux et religieux en fines lanières de papier), grandes armoires sculptées (dites de Nîmes) remplies de trésors, Santibelli (petits saints aux couleurs vives), globes remplis de papillons, plantes, crânes… voisinaient avec les œuvres de Martine, telles que le fauteuil et la nappe du Petit chaperon rouge, l’installation des grandes boites rouges l’évoquant, des dessins et gravures sur le même thème…

La deuxième salle contenait ses livres d’artistes et emboîtages crées pour l’occasion, en rapport avec la légende de Saint Gens, qu’elle a présentés avec finesse et précision ; mais aussi le trésor de 340 pièces de monnaie romaine d’argent trouvées lors de fouilles du jardin, des meubles et armures orientaux… Nous ne savions plus où donner de la tête et des yeux. Christian, notre hôte, était à la mesure de ses trésors par ses explications foisonnantes et passionnées. Une vraie encyclopédie du patrimoine provençal ! Il a même abordé l’histoire des chafarcanis, ancêtres des indiennes, donc de nos tissus provençaux, dont il avait présenté une exposition, tout en commentant un grand tableau d’Antoine Raspal : La promenade aux Alyscamps, panorama de la société du 18e s.

La promenade des Alyscamps – Antoine Raspal

Les salles au dessous étaient semblables, tout autant remplies de trésors ethnographiques, de Santibelli et de santons napolitains merveilleux sous un plafond peint du 16e s. Les salles du bas présentaient les trouvailles lors de fouilles des caves et du jardin : stèles et statues antiques et médiévales, collections de vierges et lampes à huile en verre placées en file indienne, énormes boules de Noël, mais aussi chiens de pierre du jardin Boboli,…La dernière salle enfin présentait les derniers moules originaux du 18e s. des grands santons d’église conservés à Mende.

Tous ces objets, vous l’avez compris étaient dignes de figurer dans des musées tels que celui des Arts sacrés de Pont st Esprit ou le musée Arlaten (d’Arles) ou bien encore le Musée du vieux Nîmes. C’est bien d’ailleurs la visite d’un véritable musée privé liant patrimoine et art contemporain que nous avons pu faire et dans lequel nous reviendrons au printemps pour une nouvelle exposition de marionnettes, tant nous avons été « emballés » par cette visite !

La visite guidée… comme si vous y étiez (extrait) :

Les boules de Noël

Les fouilles de l’hôtel – Le trésor – Les Chafarcani et le peste – Supports surface

Ex-voto des Pénitents bleus – Chafarcani – La Garance

Santibelli – Tableau d’A. Raspal – Béatilles – Armoires – Santons et crèche

Pour aller plus loin :

Quelques photos de la visite de l’Hôtel

 

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