La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

18 février 2020- L’abeille, la ruche, l’apiculteur

Conférence de Pierre Chante

Abeille butineuse

 L’abeille, la ruche et l’apiculteur. Conférence de notre guide de Rochegude, qui est aussi un apiculteur amateur et passionné.

 

Rendez-vous : à la salle polyvalente d’Arpaillargues le mardi 18 février à 18h

Nous terminerons par quelques douceurs de miel

 

 

Ça c'est bien passé

Affiche conférence sur les abeilles

Un petit essaim de 25 personnes est venu écouter Pierre Chante dans la salle polyvalente ce mardi 18 février 2020. Notre guide de Rochegude, ancien professeur d’histoire géographie est un apiculteur amateur et passionné depuis plusieurs années.

Il nous a d’abord présenté les abeilles en commençant, comme il se doit, par la reine, difficile à reconnaitre pour un œil non averti au milieu de nombreuses abeilles domestiques. Car il ne s’agissait pas d’observer comme avec Albert Mahé, les abeilles sauvages ou solitaires, mais leurs cousines dites domestiques, celles qui produisent le doux miel et vivent en colonies.

La Reine

La reine est plus grande et plus grosse, uniquement nourrie de gelée royale et n’a qu’une fonction : la reproduction tout au long de l’année. Elle peut vivre 2 ou 3 ans à la différence des ouvrières qui elles, ne vivent que quelques semaines (6) à quelques mois (5 à 6) selon les saisons. Elle ne s’échappe de la ruche que pour le vol nuptial où environnée de faux bourdons (abeilles mâles) elle va s’accoupler plusieurs fois afin de remplir son spermathèque puis revenir à la ruche pour pondre 2000 œufs par jour et ne plus en sortir jusqu’à un éventuel essaimage.

Colonie d’abeilles, cherchez la reine

Les ouvrières

Les autres abeilles qui peuvent être 40 000 dans une ruche, forment la cour de la reine. Elles sont issues d’œufs fécondés et élevées avec une bouillie de miel et de pollen. Elles vont avoir plusieurs rôles selon leur age, dans leur courte vie. On parle même des 7 métiers de l’abeille : nettoyeuse, nourrice, manutentionnaire, architecte, ventileuse, gardienne et enfin butineuse. Seules les butineuses sortent de la ruche et c’est là que nous pouvons les voir, à la recherche du nectar, du pollen, de la propolis et de l’eau. Elles peuvent visiter 700 fleurs par heure.

Les faux bourdons

Les abeilles

Les faux bourdons sont les abeilles mâles, plus trapus et plus velus, ils peuvent être une centaine dans la ruche. Ils sont issus d’œufs non fécondés. Leur rôle est de féconder la reine. Ceux qui y parviennent en meurent. Incapables de butiner ils puisent dans les réserves de miel de la ruche et sont expulsés en automne et meurent aussitôt.

La colonie

Les abeilles forment une société très organisée qu’il faut considérer comme un individu, une colonie, et curieusement cette colonie se multiplie en se divisant.

Au printemps, les abeilles fabriquent de nouvelles reines, la colonie décide de faire un essaim composé d’une reine (vieille ou nouvelle) et de la moitié des ouvrières, qui quitte la ruche en se plaçant à proximité, souvent sur un arbre, et qui peut être récupéré par un apiculteur.

 

Anatomie d’une abeille

Anatomie d’une abeille

L’abeille a 2 antennes, 2 paires d’ailes, 3 paires de pattes avec des corbeilles pour le pollen, un abdomen terminé par un dard (qui peut piquer), des stigmates pour respirer, des yeux : 2 gros et 3 petits pour une vision très large, 1 bouche avec trompe pour aspirer le nectar, élaborer le miel, la propolis ou la cire.

Langage et capacité

Pour communiquer les abeilles utilisent plusieurs langages. On parle même de danse des butineuses qui permet d’indiquer aux autres butineuses l’emplacement de fleurs en abondance, la direction à prendre, la distance à parcourir, la quantité de fleurs et leur odeur (portée par la butineuse). Elles effectuent un vol circulaire et des frétillements.

Les abeilles ont aussi la capacité de compter, elles connaissent le concept de zéro et peuvent effectuer des opérations de soustractions et d’additions.

Abeilles et ruches

La ruche et l’apiculteur

Les plus anciennes ruches étaient creusées dans les troncs d’arbres par imitation de la nature. L’homme a observé que les abeilles aimaient se loger dans des cavités et des troncs. Nous connaissons bien en Cévennes les ruches troncs constituées d’un tronc de châtaignier entre deux lauzes. D’autres étaient en paille tressée. Ces ruches primitives ont perduré jusqu’au 20e siècle où les apiculteurs les ont adaptées pour plus de commodité et moins de risques de briser les rayons et blesser les abeilles. Ils ont crée les ruches à cadres avec un coffre, surmonté d’une hausse et des cadres. Cadres à manipuler avec précaution après avoir enfumé les abeilles, c’est à dire détourner leur attention et éviter leur agressivité (la fumée évoquant pour elles l’incendie, un grand danger à éviter, fumée qui cache aussi l’odeur de l’apiculteur).

L’apiculteur généralement passionné, et qui considère les abeilles comme ses filles (dixit certains apiculteurs de la salle), se doivent de respecter les abeilles, ne pas les brusquer et les considérer uniquement comme source de revenu, ne pas les nourrir de sucre pour plus de production et ne pas les affamer en leur retirant trop de miel en hiver.

Dangers qui menacent les abeilles

Outres les insecticides, herbicides, comme le glyphosate, qui les empoisonnent, certaines maladies et le fameux frelon asiatique (depuis 2004) menacent nos amies les abeilles. Leur population diminue depuis une trentaine d’années alors qu’elles sont essentielles pour la biodiversité. Les 20 000 sortes d’abeilles assurent 80 % de la pollinisation.

40 % des abeilles ont disparu. La production de miel en France a chuté de moitié depuis 20 ans.

Pierre a bien insisté sur l’urgence à interdire tout insecticide, de signaler les nids de frelons, de planter des fleurs mellifères et d’encourager l’agriculture biologique. Ce que ne manqueront pas de faire activement les membres de la Zébrine !

Et pour terminer cette passionnante conférence en douceurs, nous avons dégusté quelques morceaux de pains d’épices, goûté un petit assortiment de miels et découvert le chouchen ou hydromel.

 

Pour aller plus loin :

Quelques photos de la conférence

 

 

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