La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

Étiquette : 2020

Hommage à Liz

Aux marches du Palais

Notre amie Liz (Elisabeth Darroch) nous a quittés.
Pour tous ceux qui l’appréciaient, voici le texte que Philippe a prononcé lors des obsèques, ainsi que celui de son frère Alan Darroch. Chacun évoque une Liz différente, mais toujours volontaire, humaine, une belle personne gentille et souriante.
Voici aussi quelques photos prises lors des sorties de la Zébrine et des chantiers qu’elle ne manquait jamais. Nous ne l’oublierons pas.

Nous ferons comme le suggère Yves, une balade en son hommage dès que les règles sanitaires le permettront.

(novembre 2020)

Texte de Philippe pour la Zébrine

Notre amie Liz nous a quittés et elle nous manque.

Pour certains Liz est entrée dans leur vie par la porte de la danse écossaise. On se retrouvait depuis près de 20 ans chaque mardi pour partager quelques reels et strathspeys à Arpaillargues avec les Amis des Danses du Monde. On avait très vite remarqué ses pas élégants, légers et assurés dont nous pouvions nous inspirer. Chaque année, le 25 janvier, elle acceptait, non sans une certaine insistance de notre part, elle très discrète, à célébrer, en langue scot, le poète écossais Robert Burns avec tous les amis danseurs et danseuses. L’année dernière elle avait même cuisiné, avec quelques uns d’entre nous, le fameux plat national : le haggis. Et finalement ça lui avait bien plu.

D’autres ont connu Liz par le biais du patrimoine. Habituée des sorties organisées par notre association villageoise ou par l’Office du Tourisme, elle ne manquait pas une occasion de venir découvrir les villages pittoresques de l’Uzège ou des régions plus éloignées, les musées, les sites archéologiques. Une façon conviviale de mieux connaître le pays qu’elle avait décidé d’adopter et qui l’avait bien accueillie.

Certains l’ont rencontré lors des nombreuses randonnées et balades qu’elle engageait toujours avec curiosité et énergie. D’un pas alerte et décidé elle entraînait souvent ses amis pour de longues balades avec toujours la volonté de parcourir de nouveaux chemins. Que ce soit avec ses amis de l’association La Fenestrelle à Uzès, de la Zébrine à Arpaillargues ou avec ses copines qu’elle guidait souvent car elle connaissait vraiment bien la garrigue.

Le patrimoine pour Liz c’était aussi la pierre sèche. Elle était fidèle aux rendez-vous du dimanche matin pour les séances de restauration de murets avec la Zébrine ou pour un stage plus sérieux. Travailler la pierre sèche, remonter les murs, suspendre son geste pour parler botanique ou blaguer sur les histoires d’Yves dans un esprit décontracté et tout en convivialité était pour elle un plaisir évident. Avec Annie,et d’autres, elle a organisé et installé un petit sentier botanique pour lequel sa connaissance des plantes était précieuse. Elle aimait se retrouver dans la nature et appréciait particulièrement le calme de l’enclos de Coste Joulène.

Elle a accepté d’être trésorière de La Zébrine non sans une hésitation mais son attachement à l’association et ses activités a emporté sa décision. Elle manifesta à cette occasion un dévouement et une rigueur, qualité écossaise sans doute.

On la rencontrait bien souvent sur le marché d’Uzès le sourire engageant quand elle croisait une connaissance. On la retrouvait chez le meilleur pâtissier où elle n’oubliait jamais de se réserver ses croissants du dimanche.

Liz était une femme aux occupations multiples dans lesquelles elle s’engageait pleinement. C’était une belle personne. La plupart des témoignages que nous avons reçus depuis l’annonce de sa disparition évoquent sa gentillesse et son sourire.

Texte d'Alan, frère de Liz (version française)

Il y a de nombreuses années, j’avais environ 3 ans, un matin, je refusais de manger les croûtes de toast et les avait laissées sur le côté de mon assiette. Liz, qui avait 5 ou 6 ans et assise à côté de moi a annoncé « Je vais m’en occuper. » Nos parents et moi avons supposé qu’elle allait les manger elle-même. Cependant, la seconde suivante, elle a ramassé les croûtes et a commencé à les fourrer dans ma bouche très surprise. Je n’avais d’autre choix que de manger.
Cette vision claire de ce qui était bien et du mal et de la forte détermination d’essayer de corriger ce qui n’allait pas est restée chez elle tout au long de sa vie.
Liz est née en janvier 1949 à Melbourne en Australie où notre père était en poste depuis trois ans. À la fin de son affectation, la famille est retournée en Grande-Bretagne et s’est réinstallée en Écosse. John et moi sommes apparus assez rapidement par la suite, puis en 1960, notre père a été affecté à Malte. Nous sommes partis en bateau depuis Southampton et, après le froid et l’humidité de l’Écosse, nous nous sommes retrouvés dans la lumière, la chaleur et la mer Méditerranée chaude. Nos trois années là-bas ont été idylliquement heureuses et Liz a conservé un amour profond pour la chaleur du Sud qui était l’une de ses inspirations pour venir à Uzès.
Heureusement, comme il s’avère maintenant, Anne et moi, pour le 70e anniversaire de Liz, l’avons emmenée en vacances à Malte où nous avons passé une semaine merveilleuse à revisiter nos endroits spéciaux, partageant nos souvenirs de lieux et d’événements et en général revivre notre enfance à moitié oubliée.
Après Malte, nous sommes retournés à St Andrews. C’est une ville ancienne et belle avec une histoire riche et variée. Lorsque Liz envisagea où elle devrait prendre sa retraite après avoir quitté Londres, dans une certaine mesure elle cherchait une ville qui résume ces qualités mêmes.
Après l’école, Liz est allée à l’Université de Dundee pour étudier les sciences sociales et de là, elle a déménagé à Londres où elle avait travaillé pendant les trois étés précédents et où elle avait compris que tout se passait là, probablement correctement puisque c’était les années soixante et Londres était le centre du monde. Et, comme Nancy sa cousine peut en témoigner, Liz y a participé avec enthousiasme.
Elle a travaillé à Londres dans plusieurs emplois avant de rejoindre le département comptabilité du British Film Institut. Un travail idéal qui lui a permis de se livrer à ses intérêts culturels tout en faisant une contribution à l’organisation. En même temps, elle s’impliquait de plus en plus en politique et était une socialiste engagée et radicale toujours motivée par sa forte éthique et son sens profond d’humanité. Elle pensait profondément à la politique, à l’économie et à la société et n’avait pas seulement des opinions bien arrêtées mais a également essayé de les mettre en pratique. Elle était un membre fidèle du Parti travailliste d’Islington, a servi de trésorière pendant de nombreuses années et a célébré le moment où Jeremy Corbyn a été élu député.
Pendant tout son séjour à Londres, Liz a fourni un lieu de séjour très apprécié dans la capitale pour John et moi, ses frères. Sa générosité à fournir un lit ou un plancher, à nous nourrir et nous emmener parfois à un concert ou au cinéma était une source d’inspiration et ce n’était pas seulement nous qui étions les récipiendaires reconnaissants de son hospitalité.
En plus du British Film Institute et de la politique, Liz aimait aussi marcher et se perdre dans le sud de l’Angleterre, en particulier avec sa bonne amie Sheryl. Cette marche a conduit à des week-ends de marche en France et finalement a conduit Liz à envisager une retraite anticipée et un déménagement permanent en France. Elle a passé plusieurs vacances prolongées à la découverte de nombreuses villes et villages différents en France et en Italie jusqu’à ce qu’elle ait trouvé son emplacement de rêve : Uzès.
Liz adorait les livres. Elle était une lectrice avide de fiction et de non-fiction et son salon est tapissé d’étagères pleines. Elle avait une grande curiosité pour le monde et, dans nos conversations hebdomadaires, je savais que j’avais une écoute attentive et fiable sur tous les faits et théories que j’introduisais dans nos conversations.

Ces longues conversations ont été un moment fort de mes semaines et nous avons parlé et ri et refait le monde.
Liz n’a jamais eu d’enfants mais on dit souvent qu’elle aurait été une mère formidable. Ses neveux et nièces ont certainement été charmés par elle, ont adoré les cadeaux qu’elle leur a envoyés et ont beaucoup apprécié leurs vacances chez elle d’abord à Londres puis à Uzès.
Liz avait toujours minimisé l’impact de la maladie du sang qu’elle avait depuis de nombreuses années. Elle était toujours une personne très indépendante et n’a jamais été du genre à faire connaître ses difficultés, préférant porter le fardeau seule. L’aggravation de son état a coïncidé avec la Covid, ce qui expliquait que nous n’étions pas en mesure de voir clairement la détérioration.
L’inattendu de son décès a été difficile à supporter et sa maison à notre arrivée avait l’air comme si elle venait de sortir pour faire du shopping et réapparaîtrait à la porte dans un très court instant.
Malheureusement, elle ne reviendra pas mais j’espère que nous pourrons tous chérir nos souvenirs d’une très généreuse, chaleureuse personne, intéressante et aimante et que j’ai eu un immense plaisir de connaître de toute ma vie.
Alors, Liz, au revoir, merci pour tout et je te pardonne complètement de m’avoir gavé de terribles croûtes de pain grillé.

(traduction automatique revisitée)

>>> Texte original (anglais)

 

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10 octobre 2020 – Visite d’Aubussargues

Aubussargues

Visite guidée du village d’Aubussargues par Jean-Christophe Galant professeur d’histoire et historien du village.

Rendez-vous : 10 h sur la place de l’église

 

 

Ça c'est bien passé

Place de l’église

C’est sur la place derrière l’église d’Aubussargues, par un temps superbe d’automne, qu’une quinzaine de zébriniens se sont regroupés pour suivre la visite de Jean-Christophe Galant.

 

 

 

 

 

Livre de Jean-Christophe Galant

Notre guide

Professeur d’histoire à Uzès, il est l’auteur (avec Mireille Olmière) des « Belles demeures d’Uzès » Ed. Presses du Languedoc. Il prépare d’ailleurs sur le même principe, un livre sur Aubussargues qui doit être bientôt publié aux Éditions La Fenestrelle.

Il est aussi issu d’une vieille famille du village qui habite la même maison depuis le 17e siècle : les Nouet. Il a donc fouillé dans les coffres des archives familiales, mais il a fait aussi un important travail de recherche notamment sur le compoix d’Aubussargues. Il a eu la gentillesse de nous faire partager le résultat de ce travail, en nous conduisant dans les ruelles du village en attirant notre attention sur les façades, les encadrements des portes et des fenêtres et en nous évoquant la vie des habitants qui s’y sont succédés.

 

Eglise d’Aubussargues

Le village

Sur cette place où se trouvaient l’ancien cimetière et le four banal, entre le château neuf et l’église, il a dressé l’histoire du village de 325 habitants dont la configuration n’a pas beaucoup changé depuis le cadastre napoléonien de 1811, en tout cas en ce qui concerne le centre ancien qui va du temple au quartier des escudières. La plupart des maisons figuraient aussi dans le compoix de 1669.

En 1380 le village comptait 6 feux c’est à dire 24 personnes en 5 ou 6 maisons puis le village s’est développé au 15e et 16e siècle.

Deux riches familles uzétiennes ont fait construire le château vieux et la maison noble de la coseigneurie au 14 et 15e siècles : les familles Milon, puis de Joannis (riches nobles de Naples devenus protestants, qui ont dirigé la communauté protestante de l’Uzège). Ensuite la famille des de Vergèze à partir de 1570. Riche famille dont l’un des membres acheta une bel hôtel particulier à Uzès. Notable, il fut à la révolution le héros royaliste de la Jalesada.

 

Le château neuf

Le château neuf

qui succède au château vieux est bien visible de la place. Il fut construit au 17e siècle et avait l’apparence d’un château provençal d’après un daguerréotype de 1860. Possession des de Vergèze, puis des Boileau de Castelneau, il passe ensuite par les femmes aux de Valfons puis aux d’André et c’est toujours leur héritier qui le possède.Il ne reste du château d’origine que quelques voûtes, des fenêtres et les tours qui furent rehaussées et coiffées de mâchicoulis et de tuiles d’ardoises, ce qui lui donne un air angevin. La vicomtesse d’André, qui le fit reconstruire de 1897 à 1904 grâce aux assurances, après un terrible incendie dû à la foudre, avait, dit-on, un gendre directeur d’une manufacture d’ardoises ! Mais c’était aussi la mode de l’époque d’utiliser l’ardoise, comme au Château Bérard ou à celui de St Victor-des-Oules. L’immense moulin à huile qui y était accolé a disparu pendant les travaux et le bâtiment abrite aujourd’hui les cuisines. Une vingtaine de personnes y habitaient au 19e siècle, c’était un château ouvert sur le village : des anciens se souviennent bien être allés se promener dans le parc. Aujourd’hui il est bien fermé de hauts murs : d’autres temps, d’autres mœurs !

La vicomtesse d’André a fait aussi construire un petit oratoire dans la garrigue appelé la Madone, en remerciement d’une guérison grâce à une source proche. C’est un lieu de balade que connaissent bien quelques zébriniens.

 

Porte du château vieux

Le château vieux

vu de l’autre côté de la place, il reste peu de chose du bâtiment de 1000 m² inclus en partie dans le château neuf et dont les pierres ont été réutilisées : une belle porte au coin de la rue du temple du 16e s., quelques encadrements de portes et de fenêtres en quart de rond du 13e siècle, les plus anciens vestiges du village et une jolie cheminée sarrasine du 14e s. qui coiffe le bâtiment de l’autre côté de la rue du temple. L’ancienne maison forte fut transformée en ferme du château neuf. Elle en est séparée par la rue du temple construite pour y accéder.

 

 

Le temple

Le Temple

en poursuivant la rue ouverte en 1830, on peut découvrir le temple protestant construit en 1845. Il est grand et sa façade est imposante avec deux colonnes doriques surmontées d’un fronton et d’un petit clocher coiffé d’une croix huguenote. Le village fut autrefois tout protestant à la suite du seigneur et c’est ainsi que l’église devint temple à partir de 1591 jusqu’en 1685 (Révocation de L’Édit de Nantes).

Le temple se trouve aux limites du bâti du village : les Ubizes.

 

 

 

Le puits médiéval

Le puits

Revenant sur nos pas nous sommes passés par la rue du puits dans ce quartier de poulonge (puits long, profond) où se trouve le plus vieux puits du village (du moyen âge) juste devant une très grande maison du 17e siècle complétée d’un moulin à huile au 19e siècle. Un système d’écoulement de l’eau original permettait d’alimenter l’abreuvoir de la maison voisine qui appartient aujourd’hui à l’ancienne ministre de l’environnement Corine Lepage.

De nombreux puits ou citernes sont encore visibles dans le village.

 

Boucher et fournier

en poursuivant dans la ruelle fleurie on est passé devant la boucherie où on abattait et vendait la viande. Par contre il n’y avait pas de boulangerie mais un fournier qui avait la charge de la « cuite ». Par contrat avec la mairie le fournier faisait la cuisson du pain le mercredi et le samedi. Il passait dans les maisons récupérer les pâtes et livrait les pains cuits dans le four derrière l’église.

 

Pigeonnier du seigneur

Pigeonniers et moulins

Outre les châteaux et la maison noble, sont considérés comme biens nobles les pigeonniers et les moulins en raison de leur rapport élevé. Un moulin fut vendu au 18e siècle 17000 livres, c’était le prix d’un bel hôtel particulier à Uzès.

Il reste encore plusieurs moulins à Aubussargues. Celui que l’on peut voir de la route à la limite de Bourdic était un moulin à vent pour le blé.

Le moulin à eau sur le Bourdic fut racheté par la famille Chalier, famille de meuniers dont une branche est venue s’installer à Arpaillargues.

Le moulin à huile du 19e siècle de la rue du puits est resté dans son jus, il fonctionnait à la vapeur. Le moulin disparu du château était un moulin à sang, il fonctionnait par la traction animale.

Nous avons pu voir trois pigeonniers, l’un des de Vergèze dans la Grand’rue qui date du 17e s.  , deux autres inclus dans les bâtiments. Les pigeons étaient élevés pour leur chair mais aussi pour leur fiente, la colombine, excellent engrais naturel très recherché. Les pigeonniers comportent des randières (pierres saillantes) pour protéger des rongeurs.

 

La place de l’église

Autrefois s’y trouvaient trois cafés (Roussel, Clavel et Hours), un énorme griffe (fontaine) et un abreuvoir détruits dans les années 40 ou 50. Des cartes postales anciennes témoignent de son animation dans les années 1920.

 

L’église

Elle se présente en une seule nef avec une voûte en berceau, mais devait posséder des chapelles latérales qui ont disparu à la Réforme lorsqu’elle devint le temple de la RPR (religion prétendue réformée).

Elle fut restaurée au 20e siècle comme de nombreuses églises de la région.

 

La clastre

La clastre

ou presbytère, maison du prieur, est une très longue maison. Elle fut la possession de la famille Bouet, des notables protestants dont un des membres fut Maire, a rédigé les cahiers de doléances et dirigé le village pendant la Révolution.

En 1860 la famille Mathieu double sa longueur par l’adjonction de magnaneries car ils se sont lancés dans le commerce international en important des vers à soie de Roumanie et de Russie. Hélas les vers ont contracté des maladies ce qui a donné lieu à de nombreux procès.

La maison fut vendue en 1990 par cette même famille en deux lots.

 

Maison Audibert

Datée de 1620 elle présente des encadrements de fenêtres du 16e s. avec chanfrein sur de gros blocs construits par des maîtres maçons, des voûtes en berceau et une galerie (terrasse couverte avec colonnes).

Elle fut un temps la propriété des Nouet dont nous allons reparler.

 

La Mairie

continuant par la Grand’rue nous passons devant plusieurs maisons dont les portails sont surmontés de dates du 18e siècle et nous atteignons la Mairie qui fut une maison particulière mais aussi l’école. Elle devint l’Hôtel de la mairie en 1907 quand l’école fut construite.

 

Fenêtre Renaissance de la maison Nouet

La Maison noble Nouet

Presque en face de la mairie se trouve la coseigneurie où se sont succédées les familles Milon, de Joannis, Vergèze et enfin Nouet.

La maison fut vendue à Louis Nouet maître cardeur en 1676, pour la somme de 450 écus d’or pour financer l’installation des enfants de Vergèze partis vers le refuge en Irlande.

La famille Nouet est aussi une famille protestante dont certains membres sont envoyés aux galères mais qui ont pu tout de même conserver leur maison et reconstituer leurs biens. Les Nouet roturiers ont donc possédé une maison noble exonérée d’impôts.

La façade présente encore une magnifique fenêtre Renaissance et de grandes portes modifiées au 19e pour laisser passer de plus grosses charrettes.

A l’intérieur elle conserve une tour arasée au 19e s. , une porte torsadée du 15e s. rare, et une cheminée avec écu armorié IHS.

 

Les masades

Les masades

Au bout de la Grand’rue se trouve une maison aux fenêtres néogothiques du 20e s. facilement remarquable mais bien contemporaine. Nous avons continué jusqu’aux masades, ces longs mas construits après le quartier des escudières par le Maire Mathieu (celui dont l’ancêtre a incendié le château à la Révolution) en 1845 dans le but d’y installer des habitants du village. Ces mas sont tous construits sur le même modèle avec des cours au sud et sont vendus par lots. Une initiative rare dans la région.

La rue descend vers le Bourdic où se trouve le lavoir que l’on peut voir de la route de Serviers.

Un peu fourbus, nous sommes revenus vers la place de l’église où nous avons remercié chaleureusement notre guide, d’avoir non seulement transmis ses connaissances mais d’avoir su éveiller notre regard à l’archéologie du bâti. L’ histoire des maisons et de leurs habitants sont aussi révélés par les pierres. Ce qui est bien fait pour nous plaire, nous, muraillers et amateurs du patrimoine.

 

Pour aller plus loin

La presse en parle

article Républicain d'Uzès du 15 au 21 octobre 2020

Quelques photos de la visite


 

 

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Chantier pierre sèche – 27 septembre 2020

Le mur entre les arbres

Ce dimanche 27 septembre, dernier dimanche du mois, comme il se doit, une dizaine de personnes se sont retrouvées à l’enclos de Coste Joulène pour continuer le chantier des murs de pierre sèche. Il fait relativement beau, disons qu’il ne pleut pas encore !

 

Les muraillers

Certains se sont centrés sur le mur longeant le sentier des Conques, autrefois un chemin vicinal important puisqu’il reliait Arpaillargues à Montaren.

Début du chantier 10/2019

Ce chantier a démarré en octobre 2019. Après avoir terminé le mur du fond de l’enclos en opus incertum sous le grand chêne penché, les muraillers se sont attaqués à un nouveau chantier !

Le but est de remonter le mur faisant face à l’enclos et ainsi avoir une belle perspective sur le chemin et l’entrée de l’enclos. Nous verrons bien selon les motivations et les disponibilités de chacun si nous arriverons à faire toute la longueur du mur et rejoindre les premiers tronçons de mur restaurés en 2011.

 

 

Le mur en mars

Depuis le confinement et la chaleur estivale, les travaux ont progressé au ralenti, mais le mur monte et s’épaissit. Les zébriniens ont continué à débroussailler, retirer les pierres tombées enfouies dans la terre meuble et noire, trier ces pierres sur le bord du chemin… pendant que d’autres remontaient le mur et créaient un clapas.

 

 

 

Fin du sentier de pierres

Le sentier botanique

Suivant le principe que chacun s’investit à sa façon, à son rythme et selon ses goûts dans le chantier, d’autres encore, ont continué le chemin de pierres qui borde le sentier botanique des anciens oliviers. Petite pierre, après petite pierre, comme le petit Poucet, elles ont terminé le sentier qui matérialise le chemin et met en valeur ces vieux oliviers par des cercles de pierres. Souhaitons que les sangliers ne viennent pas comme au printemps retourner la terre et les pierres !

 

 

Le pique-nique

Une partie des pique-niqueurs

Juste avant midi, quelques zébriniens nous ont rejoints pour pique-niquer en chœur et, oh surprise ! un groupe d’enfants promeneurs d’Arpaillargues accompagné d’un adulte se sont joints à nous. Tous les muraillers sont ravis de voir que le lieu est utilisé et apprécié. Le repas s’est donc déroulé en bonne compagnie, échanges et conversations multiples arrosés de bon vin (un Gewurztraminer), pour les grands, bien entendu !

La pluie venant, quelques uns sont repartis se mettre au chaud et au sec et d’autres courageux passionnés ont continué.

Ce fut une bien belle journée d’automne dans ce lieu calme et reposant à renouveler fin octobre si le temps le permet !

 

Le chantier en images

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4 octobre 2020 – 5ème Fête des confitures et autres mixtures

La Zébrine organise le 4 octobre 2020 la 5ème édition de la Fête des confitures

HÉLAS, LA FÊTE EST ANNULÉE EN RAISON DES MESURES SANITAIRES ÉMISES PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL

Banderole et pot géant de confiture

Comme toujours ce sera la fête de la gourmandise partagée où l’on s’échangera recettes, petits secrets de fabrication et pots dans le parc C. de Gaulle à Arpaillargues.

Cette année, il n’y a pas de fruits mis en vedette, ce sera tutti frutti, mais nous associerons confitures et lectures. 
Nous vous invitons donc à venir troquer vos pots de confiture, déguster petits gâteaux et autres douceurs de fruits murs… et assister ou participer aux lectures de 14 à 17h sous les saules du parc C. de Gaulle à Arpaillargues.
A vos chaudrons !

 

De la confiture à la lecture !

De la lecture à la confiture

L’idée est simplement de faire partager des pages savoureuses : extrait de roman, conte, poésie, théâtre, chanson, article, etc. lus par des membres de La Zébrine ou tout autre gourmand. 

Chacun se souvient de la maison de pain d’épices d’Hansel et Gretel, des madeleines de Proust, de la chanson « la confiture ça dégouline », de dictons et autres expressions liées à la confiture. Nous vous proposons un petit moment de partage et de douceurs. 

 

 

Cette année encore participez au TROC DES CONFITURES

Le troc des confituresVous avez des spécialités « maison » et souhaitez les faire partager et découvrir d’autres recettes…
Alors, venez avec vos pots de confitures et autres mixtures pour les proposer à la dégustation et pour échanger avec d’autres amateurs. Le principe est simple : « un pot contre un pot ». Vous apportez vos pots de « confiture ou autre mixture » de votre fabrication, vous faites goûter, vous trouvez l’âme sœur, vous échangez vos pots.

Dégustation tout au long de la fête

La fête attire de nombreux gourmands

Vous pouvez aussi venir en simple gourmand prendre une citronnade, un thé, un café accompagnés d’une tranche de gâteau étalée de confiture maison.

Vous pourrez également repartir, contre quelques piécettes, avec un pot de confiture  que les membres de la Zébrine ont préparé (vente au profit de l’association pour la préservation et la valorisation du patrimoine du village).

Il sera également possible d’acheter les confitures des « troqueurs » si on n’a pas de pot à échanger !


Organisée dans le respects des consignes sanitaires et des gestes barrières.

 

Ça c'est bien passé pour une mini-fête des conftures

Quelques pots de confitures

Le dimanche 11 octobre, juste une semaine après la date prévue (4 octobre) pour notre fête des confitures, un groupe de huit zébriniens se sont réunis à Aureilhac chez Dieter et Irmgard pour une mini ou micro fête des confitures.

 

 

 

 

 

Goûter gourmand

Le goûter

L’idée était d’échanger quelques pots de confiture et de déguster quelques gâteaux et quelques gaufres toujours aussi bonnes. Les gourmands étaient comblés, la table était recouverte de gâteaux et une bouteille surprise de champagne venait fêter les anniversaires de certains !

 

 

 

Belle tablée

Les convives

Le soleil était de la partie mais le vent aussi !

Bien abrités dans le jardin, nous avons évoqué la balade de la veille à Aubussargues et Annie a lu quelques textes de George Sand sur les confitures, puisque le thème de cette année était « De la confiture à la lecture ». C’était un avant goût de la Fête de l’an prochain, nous ne perdons pas espoir.

 

 

Le lieu

Le soleil nous quittant, nous sommes rentrés dans la grande cuisine avec la cheminée typique des maisons languedociennes, là où nous avions coupé et préparé la confiture de coings et de citres les années précédentes, pour continuer à discourir, avec les masques cette fois ci !

Bref ce fut un moment bien agréable qui nous a un peu consolé de l’absence de la fête.

 

Confitures et lectures

Le futur

Mais comme vous étiez nombreux à ne pas être disponibles, il se pourrait que nous renouvelions l’idée un de ces jours dans un autre lieu (si les mesures sanitaires le permettent) . Alors n’oubliez pas les confitures, c’est le moment des citres !

 

 

Quelques photos de la mini fête


 

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14 septembre 2020 – Balade autour du Domaine de La Tuilerie à Violès

Domaine de La Tuilerie

Pour sa première sortie après la saison chaude et suivant le programme annoncé lors du repas champêtre de  juin dernier, nous vous proposons de nous retrouver pour une balade autour du Domaine de la Tuilerie à Violès avec Edith.

Rendez-vous : 10h15  au parking de la Cité médiévale de Vaison la Romaine ou 8h45 au parking de la salle polyvalente pour covoiturage.

Quelques mots sur la sortie: Au menu : découverte des villages de Séguret, Sablet, Gigondas le matin et, l’après midi, visite de La Roque Alric et, peut-être, la cité médiévale de Vaison-la-Romaine (si le temps nous le permet). Tout cela bien sûr en voiture et non pas à pied et agrémenté d’un repas à l’auberge du domaine à midi (25€/personne) concocté par la belle-fille d’Edith.

 

Ça c'est bien passé

Vaison-la-romaine

Par une fort belle journée de fin d’été une vingtaine de zébriniens se sont retrouvés au pied de la cité médiévale de Vaison la romaine pour commencer une balade dans les beaux villages de l’ancien Comtat Venaissin.

 

 

Edith Henry

Edith

Arpaillarguoise et zébrinienne, elle a vécu une trentaine d’années à Violès au domaine de La Tuilerie. Elle nous a proposés de découvrir les lieux où elle avait l’habitude d’emmener ses amis et ses enfants et nous l’en remercions chaleureusement.

 

 

 

 

Le Pont romain

Le Pont romain

Une fois franchi le Pont romain qui est le véritable lien entre la ville basse moderne et la cité médiévale , nous avons commencé à grimper par les ruelles caladées (pavées). Daté du 2e siècle après J-C, il est célèbre pour son arche unique et sa crue de 1992.

 

 

La cité médiévale

Nous passons le porche et le beffroi du 14 e siècle et nous découvrons les beaux hôtels particuliers qui bordent les rues, construits parfois avec les vestiges antiques de la ville basse. Nous admirons les portes et les fenêtres à meneaux et à croisées.

Vaison la romaine à la particularité d’avoir à la fois une ville antique au bord de l’Ouvèze et médiévale sur le rocher, avec des déplacements de populations et d’habitats successifs de la préhistoire à nos jours. Capitale du peuple Voconces « Vasio vocontiorum » (vasio = source), elle fut ensuite l’une des villes les plus riches de la Narbonnaise au 2e siècle avec l’occupation romaine.

Au 13 e siècle la population a cherché refuge sur le rocher au pied du château, construit par les Comtes de Toulouse au 12e siècle et devenu propriété papale en 1274 jusqu’en 1791. C’est au 19e siècle que le développement urbain contraignit une nouvelle fois ses habitants à quitter son promontoire. Il y a aujourd’hui 6 000 Vaisonnais(es).

De belles fontaines, certaines avec des mascarons, agrémentent places et placettes. La cathédrale-haute surmontée d’un clocher de plan carré est du 15 e siècle, ses grandes voûtes en ogives et ses vitraux contemporains sont remarquables.

Le château, tout au sommet du village, est un château fort aux pierres claires. Nous nous contentons de le contempler du rocher ou de ses remparts pour les plus courageux.

 

Repas à l’Auberge de la Tuilerie

Le domaine de La Tuilerie

Le domaine viticole Grand-père Jules se trouve au milieu des vignes juste avant le village de Violès. C’était le domaine d’Edith et Gérard Henry. Il est aujourd’hui celui de leur fils  qui a pris la suite de son père, mais c’est bien Edith qui a crée l’Auberge de la Tuilerie, d’abord ferme-auberge en 1986 puis restaurant en 1990. Plus table d’hôte que restaurant, elle y accueillait ses amis viticulteurs, ses clients fidèles, certains venus même du Danemark, et tous les amateurs d’une cuisine méditerranéenne raffinée et goûteuse. Elle a bien voulu nous raconter l’histoire de sa formation, de son installation et de son succès.

Sa belle-fille nous a régalés entre autres d’un crespèu et d’un nougat glacé délicieux, accompagnés de vins biologiques du domaine. Des bouteilles aux noms de ses petits enfants : le Benjamin, le Cadet, l’Ainé, Victor, Léa… sans oublier les Bulles éphémères.

Après une courte visite des caves et malgré la chaleur, nous avons quitté l’agréable jardin ombragé de grands platanes, pour repartir en balade.

 

Tour carrée de l’église St Nazaire

Sablet

Nous traversons les vignes du domaine et à quelques kilomètres, voici le village de Sablet sur son mont sableux de saffre, dominé par une tour carrée. Un rempart et 8 tours enserrent des ruelles en colimaçon abritées de « soustéts » (passages couverts) qui montent jusqu’à l’église et à la table d’orientation où nous avons une vue magnifique sur un paysage de vignes et les falaises de Rasteau.

 

 

 

 

Séguret vu de Sablet

Séguret

Village classé « Plus beaux villages de France« , c’est un « village médiéval aux allures de crèche provençale ». Tout comme Vaison et Sablet, ce village faisait partie du Comtat Venaissin, ils ont tous trois un passé commun. Il a été bâti au 10e siècle avec ses maisons serrées derrière les remparts, gages de sécurité dans ces périodes agitées. Il tire son nom du provençal Ségur (sécuritas en latin).

 

Portail neuf ou porte des Huguenots

Du portail de la bise au portail neuf

Nous franchissons le portail de la bise au nord (mistral) et empruntons la rue des Poternes qui traverse le village jusqu’au portail neuf au sud ou « porte des Huguenots ». Nous grimpons à nouveau par de belles ruelles caladées. (Il faut toujours grimper dans ces villages perchés, oh ! les molets !). Nous admirons la fontaine avec ses mascarons (têtes grotesques), flanquée d’un lavoir où certains se rafraîchissent et même s’éclaboussent. Ouf qu’il fait chaud ! Nous entrons dans la chapelle Sainte Thècle, lieu d’exposition qui abrite aussi une statue gallo-romaine du Dieu Sylvain, puis nous grimpons jusqu’à l’église Saint Denis divinement fraîche. C’est une église provençale type au style baroque qui présente en décembre « le mystère de Li bergié de Séguret » une pastorale de Noël. « Tout le village est transformé à Noël par les lumières et les décors, c’est magnifique ! « , nous dit Edith qui aime particulièrement Séguret.

 

Entrelacs de branches de platanes

La place des arceaux

Nous terminons par la place des arceaux derrière le portail sud où nous nous émerveillons de la tonnelle de platanes centenaires faite d’un superbe entrelac de branches. Les platanes ont le label « Arbres remarquables de France« . Après une dernière photo de groupe et un nouveau rafraîchissement au lavoir, nous décidons de repartir vers le Gard malgré l’envie de continuer à découvrir d’autres villages, comme Gigondas, La Roque Alric, Crestet…

Ce sera pour une autre sortie au printemps peut-être.

Merci encore à Edith de nous avoir fait partager ses petits coins de paradis vauclusiens.

A l’ombre de la tonnelle de platanes

Pour aller plus loin

Quelques photos de la visite

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Pique-nique champêtre du 28 juin 2020

Au pied du mur

Les Zébriniens sont sortis de leur coquille ce dimanche 28 juin, journée d’élections municipales pour les Arpaillarguois. Une dizaine de membres de l’association se sont retrouvés à l’enclos de Coste Joulène.

 

 

 

 

 

Les travaux

Le mur en mars

Chacun selon son rythme et ses envies a donc choisi de :

  • continuer le mur de pierre (bien avancé par Daniel) qui borde le chemin des Conques,
  • continuer à dégager les pierres et les branches sur le prolongement du mur,
  • débroussailler et éclaircir le terrain entre l’escalier d’entrée et la cabane,
  • remettre en place les pierres bordant le parcours botanique si énergiquement déplacées par notre Lucienne, le sanglier femelle semi-apprivoisée,
  • ou bien encore de simplement venir piqueniquer en portant comme il se doit un petit rosé frais.

Après les travaux et les agapes les conversations bien déliées tournaient autour des vacances, des voyages à venir ou remis… et nous avons essayé d’envisager la rentrée prochaine sans covid, espérons le !

Après avoir rappelé la liste des sorties et activités, nous en avons retenu certaines et reporté d’autres à 2021. C’est ainsi que septembre, octobre et novembre seront bien chargés.

Les sorties et activités maintenues

  • En septembre
    • La visite des dolmens de Palières pourrait être envisagée en automne, le bois d’Arbousiers étant à ce moment-là le plus spectaculaire (fin septembre)
    • Les dentelles de Montmirail et le domaine de La Tuilerie à Violes avec Edith au moment des vendanges
  • En octobre
    • Visite d’Aubussargues avec Jean-Christhophe Galant (fin octobre).
    • La 5e Fête des confitures… début octobre (4 octobre ?)
  •   En novembre
    • La sériciculture avec Bernard Malzac
    • Flânerie à Uzès avec D. Claret et J-G Blanc

Les sorties et activités reportées en 2021

  • Le sentier des capitelles de Nages et Solorgues
  • Beaume de Venise
  • Le Cirque de Navacelles
  • Le Mont Lozère

Fête des confitures 2019

La Fête des confitures

  • La 5e Fête des confitures pourrait être sur le thème des figues (s’il y en a) et de la lecture.
    Le lieu choisi est le pré « Charles De Gaule » d’Arpaillargues comme pour la 1ère fête et celle de l’an passé. La date du dimanche 5 octobre est retenue.  Chacun est invité à préparer des confitures pour le troc et surtout pour la « vente » au profit de l’association. Cette année nous vous proposons d’associer confiture et littérature et de sélectionner un texte qui évoque ces gourmandises, et de le lire à l’assistance.  Nous proposons également comme cela a été suggéré lors de l’AG un tournois de pétanque familial avec un joli lot de confiture pour les gagnants !

 

Feuillet de complément recto

Feuillet de complément recto

Sentier botanique des anciens oliviers

Annie a ensuite présenté le feuillet de complément au parcours botanique des anciens oliviers. Quelques plantes à rajouter, apparues à la faveur de la lumière retrouvée dans l’enclos. D’autres encore comme le Millepertuis et le Géranium Robert pourraient y être inclus.

 

 

Un pique-nique bien agréable

Bien que nous nous étions installés sur le mur bien à l’ombre du chêne et de l’arbousier, le pique-nique-réunion s’est interrompu à cause de la chaleur. Chacun est rentré se mettre au frais, bien décidé à reprendre les activités zébriniennes qui nous ont bien manquées !

 

 

 

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11 mars 2020 – Visite de Vézénobres

Vézénobres

Les capitelles de Vézénobres (le bois Rascalas) et le circuit de l’eau. Visite du centre ancien de Vézénobres. Visite guidée par Michel Wienin, scientifique et spéléologue chevronné,  ancien président de la Société Cévenole de Spéléologie et Préhistoire..

Rendez-vous : 10h  au parking de la table d’orientation de Vézénobres ou 9h15 au parking de la salle polyvalente pour covoiturage.

Quelques mots sur la sortie:
La visite a été proposée par Annie et Philippe avec l’aide de Marcel Watier pour le choix du guide. Un pique-nique est prévu.

 

Ça c'est bien passé

Le site

Sous un ciel radieux (bien différent de celui de Nîmes lors de la précédente sortie !) et une température estivale, un groupe de 17 zébriniens a pris la petite route de Brignon, Cruviers, Ners… pour grimper jusqu’au parking de la table d’orientation de Vézénobres où ils ont retrouvé Michel Wienin, notre guide du jour.

Michel et les zébiniens dans la montée du fort

Michel Wienin

Il est à la fois géologue, chercheur, enseignant… il a réalisé l’inventaire des sites industriels en Languedoc Roussillon. Il est aussi spéléologue et ami de Marcel Watier, ce qui nous a permis (et nous en remercions Marcel) de l’avoir pour guide. Mais il est aussi un enfant de Vézénobres où il a la chance d’habiter dans sa maison de famille (du 12e s.) qu’il nous a aimablement ouverte. Connaissant bien l’histoire de son village, il a su nous faire comprendre son évolution à partir d’un intéressant point de vue économique et technique.

Table d’orientation

La table d’orientation

Nous avons commencé par nous situer à partir de la table d’orientation qui se trouve au sommet du village à l’emplacement de l’oppidum et du fort. Michel nous a désigné tous les sommets que nous pouvions apercevoir. D’un côté les Cévennes avec le Mont Lozère, l’Aigoual…, le Pic St Loup, pour les plus connus, de l’autre côté la garrigue avec le Mont Bouquet (dont nous avons l’habitude de voir la face opposée)… et même le Ventoux, mais aussi le Gardon … le tout dans une visibilité exceptionnelle.

Quelques fragments de mur d’enceinte du fort qui succède à l’oppidum gallo-romain  demeurent encore en place, surmontés pendant la dernière guerre par une tour de guet dont il ne reste que l’encrage des piliers.

Le village médiéval

Vézénobres est un superbe village perché qui a le label Village de caractère et compte 1800 habitants. Étape sur le chemin de Regordane il a connu une grande prospérité au Moyen Age.

Nous entrons dans le village par la porte de l’Auro (vent du nord), une des cinq portes de l’enceinte. Seules quelques belles pierres à bossage témoignent de son existence. Nous descendons la rue du Haut plan, celle de la Montée du fort pour atteindre la Grand rue. Des rues caladées, bordées d’anciennes maisons.

Maison de famille de Michel Wienin

Maison à calabert

Nous entrons dans celle de notre guide pour y découvrir une vaste pièce voutée en berceaux croisés qui parait traversante tant elle est éclairée par la terrasse couverte voutée en berceau, appelée autrefois calabert et destinée au séchage des figues. Notre hôte nous explique que toutes les maisons de cette rue possédaient au 17e siècle ce genre de terrasse, ce qui participe aujourd’hui à la beauté du village, offrant à la vue ces alignements de grandes voûtes. Jadis on y installait sur de grandes piques de bois, des colliers de figues (séparées par des nœuds) que l’on laissait sécher quelques mois pour obtenir ces fameuses figues sèches prêtes à fournir des fruits en hiver, vendues à la foire de la St André en automne. De la terrasse la vue est magnifique sur les collines, les toits du village, le Gardon et le verger-conservatoire des figuiers où 1000 figuiers de 100 variétés différentes proviennent du Conservatoire botanique National de Porqueroles. La grande pièce servait d’échoppe au Moyen Age, ouvrant par une large porte sur la rue, une plus petite porte permettait d’accéder par un escalier aux chambres. Un autre escalier descendait sur trois niveaux où étaient abrités les bêtes, les marchandises…

Les andrones

En remontant la Grand rue, nous passons devant d’étroites ruelles ou escaliers qui permettaient d’atteindre la rue en dessous, sans avoir besoin de parcourir ces longues rues parallèles.

Les doubles portes

Les doubles portes

Nous passons devant des maisons aux curieux doubles encadrements de portes. A la fin du 18e s., pour échapper à l‘impôt sur les portes et fenêtres, de nombreuses portes cochères ont été réduites offrant cette curieuse architecture parfois doublée. De longs claveaux faits d’un calcaire blanc et dur du pays constituent ces grands arceaux du Moyen Age où s’incorporent des encadrements de porte plus tardifs.

Certaines fenêtres au dernier étage des maisons sont surmontées de la carrelle (carréla) ou poulie pour monter la paille ou le foin et plusieurs maisons possèdent une corniche décorative.

Maison romane

Rue des maisons romanes

Nous continuons cette passionnante lecture de façades pour atteindre la rue des maisons romanes. Exceptionnelle rue bordée de magnifiques façades de rares maisons civiles à étage du 12 et 13e s. Une fine corniche de losanges posés sur la pointe décore plusieurs maisons créant un bel ensemble. Partout règne le calcaire blanc et dur comme le marbre. Quelques pierres en réemploi sont incorporées à la façade comme ce chapiteau avec une chimère (au dessus de la fenêtre). Ces riches demeures étaient habitées par des artisans et des marchands, certains désignés comme Génois ou Pisans, car le village se trouvait sur le chemin de Regordane, importante voie de commerce médiéval.

Château de Thoiras

Le château de Thoiras

Nous poursuivons en passant près de la porte Viterne et nous dirigeons vers le château de la famille Girard. La plus belle demeure du village avec ses mâchicoulis et ses fenêtres à meneaux, vendue au 17e s. à la commune, il abrite la Mairie, l’Office de Tourisme et la Maison de la figue.Nous pénétrons dans l’ancienne cour du château devenue rue du porche, ruelle voûtée par une verrière du 20e siècle en passant sous une porte de défense et nous arrivons à la place de la Mairie.

Place de la Mairie

Située entre la Grand’rue et la rue de l’horloge, voici la plus belle place du village où se trouve bien sûr la Mairie à la porte modifiée, mais aussi les cafés et restaurants, un puits-citerne et une fontaine au curieux visage aux yeux multiples. Surmontant le toit de la Mairie, nous apercevons une jolie petite tourelle dite « cheminée sarrazine » qui pourrait être une ancienne cheminée ou une lanterne des morts. Une belle demeure présente une porte et des fenêtres trilobées.

Porte de Sabran

Porte de Sabran

Nous descendons par la rue de l’horloge vers la porte de Sabran (nom d’une famille importante du village). C’est l’unique porte du 13e siècle conservée, elle fut surmontée d’une tour de l’horloge au 19e siècle.

Devenue une nécessité sociale, l’horloge apparait avec le salariat et les manufactures. Le cadran indiquait les 24 heures et à minuit sonnait deux fois 24 heures, pic et repic. Les 48 coups sont devenus vite insupportables et l’horloge fut remplacée par une plus classique et plus discrète.

A proximité, contre l’ancien rempart se trouve un grand bassin-citerne qui contenait l’eau de la Mayre que nous verrons cette après midi. Notre guide se souvient qu’enfant il venait y chercher de l’eau quand la citerne du haut était à sec. Le bassin, lui, ne l’était jamais.

Le château de Montanègre

Nous retournons vers le haut du village en passant près de la porte Bourgoule (du bourg) et près du château de Montanègre ou Fay Péraut du 12e, 14e siècle, quasiment détruit lors des guerres de Rohan (1628). Le village presque entièrement protestant a souffert de ces guerres. Sont détruits l’enceinte et le château dont il ne reste presque, à dessein et pour l’exemple, qu’un haut mur superbement rectiligne coiffé d’une colonie de corneilles.

Pique-nique

Nous retournons vers le parking sur le chemin de Pateférine où à l’ombre de petits chênes verts, nous nous restaurons confortablement installés sur les tables de pique-nique au bord du chemin qui conduit vers les capitelles et les sources.

Sur le chemin des capitelles

Chemin des capitelles

Le circuit du bois Rascalas est celui qui a motivé notre sortie. Il figure dans le livre du Collectif des Garrigues : L’art de la pierre sèche en Garrigue parmi les 20 balades sur les sentiers du Gard et de l’Hérault, comme notre sentier des Conques.

Le chemin circule entre des murs de pierre sèche, parfois se transforme en chemin clapier et longe des enclos plantés d’oliviers.

Culture de l’olivier

La culture de l’olivier est toujours présente à Vézénobres, elle fût très importante après celle de la figue au 17 e, remplacée par celle du mûriers avec la sériciculture, puis par celle de la vigne dans les terres plus riches et de l’olivier dans les terres plus pauvres. C’était, nous dit Michel, une culture industrielle, non pas seulement pour l’alimentation (pour garnir nos salades) mais pour l’industrie textile et entre autre de la laine. Les fils de laine étaient enduits d’huile d’olive pour faciliter le tissage, les tissus obtenus étaient ensuite nettoyés à la terre de Sommières puis foulés (au moulin à foulon) pour les épaissir et les rendre plus résistants. Elle était aussi utilisée dans les savonneries.

Capitelles et tombeaux

Nous apercevons la première capitelle mais aussi un curieux maset dans le sous bois, juste derrière la cabane. Ce n’est pas un maset mais un tombeau réalisé au 19e siècle (les briques utilisées en témoignent) pour une famille protestante. Plusieurs tombeaux semblables se trouvent dans les bois ou sur les murs et clapas, ils datent d’un temps où les protestants n’avaient pas le droit d’être enterrés dans les cimetières catholiques et devaient l’être, comme en Cévennes, dans le champ près de leur mas ou dans les caves.

Certaines capitelles observées ressemblent aux nôtres, mais la plupart sont plutôt du style « carrade », avec les portes excentrées et constituées de pierres plates et régulières. S’ensuivit une discussion de spécialistes sur la construction de ces fameuses cabanes. Michel, à l’encontre des opinions les plus répandues, nous parle de construction en anneaux et non de voûte à encorbellement… nous nous garderons bien de trancher ce dilemme !

Source de la Mayre

Les sources

Nous continuons notre chemin vers les sources. D’abord la Mayre, source mère, abritée par un petit édifice voûté du 19 e siècle, fermé par une porte en fer. Il est le point de départ d’une longue canalisation en terre cuite réalisée par la commune et le Comte de Bernis-Calvière (propriétaire de la source) pour fournir en eau (partagée à parts égales) le village et le château. L’eau  canalisée se divise en deux. Une canalisation se poursuit jusqu’au bassin du Payre (le père) réservoir de 600 m3 pour desservir le château qui se trouve à 1 km, jalonnée de regards voûtés (permettant le nettoyage). L’autre canalisation part en direction du village pour alimenter les deux grands bassins de la place de la Mairie et celui près de la tour de l’horloge.

Le sentier se poursuit jusqu’à la source captée, autre source abritée par un édifice semblable à celui de la Mayre contenant une eau claire.

Chemin de Regordane

La balade se poursuit dans un chemin caillouteux comme le lit d’un ruisseau où nous admirons un vieil arbousier torsadé. Nous atteignons la route de Deaux en empruntant encore une variante du chemin de  Regordane révélant, dans la pierre, quelques anciennes ornières. Nous décidons ensuite d’écourter la longue boucle prévue par notre guide qui tenait à nous faire découvrir une grande muraille à Martignargues. Il fait vraiment trop chaud et les zébriniens sont déjà bien fatigués.

Château de Calvière

Le château de Calvière

La remontée vers le village est un peu lente. Nous faisons halte pour admirer le château de Calvière, ce petit Versailles baroque crée en 1745 par l’architecte G. Rollin pour le Marquis de Calvière au milieu d’un grand jardin de 17 hectares qui nécessitait beaucoup d’eau, entre autre pour remplir de somptueux bassins ! Toujours la propriété de la famille Calvière et Bernis, il ne se visite pas ! Nous nous glissons dans une partie de l’ancien jardin où Michel avait l’habitude de jouer enfant, pour observer les deux bessous (jumeaux), les deux derniers bassins jumeaux.

Nous atteignons enfin le haut du village où nous attendent bien à l’ombre le deuxième groupe de zébriniens qui avait prudemment rebroussé chemin à la Mayre. Tous fatigués mais contents, nous avons remercié chaleureusement notre guide après avoir tout de même rejoint la fameuse muraille en voiture. Etonnant haut et large mur protégeant simplement une vigne : mystère !

Cette randonnée rendue sportive par la chaleur mais instructive, dans ce village chargé d’histoire, au patrimoine riche entre autres de pierre sèche, et qui plus est, accompagnée d’un guide exceptionnel, correspond tout à fait à l’esprit des visites appréciées par les zébriniens.

 

Quelques photos de la visite

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27 février 2020 – Visite sur le thème de l’Eau à Nîmes

Jardins de la Fontaine

Jardins de la Fontaine

L’eau à Nîmes, visite guidée du jardin de La Fontaine, du Castellum divisorium et du quartier des teinturiers avec un guide de l’Office de Tourisme.

Rendez-vous : 9h 30 à l’entrée du Jardin de la Fontaine ou 8h30 au parking de la salle polyvalente pour covoiturage.

Quelques mots sur la sortie:
La visite a été proposée par Gino. Un repas est prévu au restaurant Les Alysées

 

Ça c'est bien passé

Le site

Dès 9 h 30, un groupe de 15 personnes s’est retrouvé devant la belle grille dorée de l’entrée du Jardin de la Fontaine. Un petit groupe de courageux zébriniens qui pourrait regretter le choix du thème du jour : l’eau, car l’eau du ciel commence à tomber et le mois de février est encore frais !

 

Jardins de la Fontaine © O T Nîmes

Le Jardin de la Fontaine

Notre guide Sophie Wildbolz munie d’un grand parapluie, sans se départir de sa bonne humeur, a commencé à évoquer le grand ensemble composé de la source, du canal et du jardin, au cœur de la ville. Plus exactement au cœur de la ville gauloise qui s’étendait de la colline surmontée par la Tour Magne (d’abord gauloise) jusqu’au début du Boulevard Jean Jaurès. Cette ville est agrandie par les gallo-romains toujours autour de la source sacrée de Nemausus devenue Augusteum. Au Moyen age elle se déplace et se concentre autour des arènes (lieu de refuge). Elle s’étend ensuite progressivement, atteignant une apogée au 17e et 18e siècles où sont entrepris les grands travaux de l’architecte Jacques Philippe Mareschal (1739-1760) qui, pour contrôler le débit de la source, fait construire ces canaux aux formes arrondies, puis ce magnifique jardin inspiré de La Villa d’Este ainsi que le grand cours (Avenue Jean Jaurès) aujourd’hui réaménagé par Michel Vilmotte trouvant enfin toute sa mesure et attestant des qualités visionnaires de son concepteur.

Canal et pont du Jardin de la Fontaine

Le canal

C’est donc bien à la demande de la ville poussée par ses habitants que le grand canal fut entrepris et c’est bien pour réguler la source et non pour orner le jardin. Un double canal qui ceinture le jardin et rejoint le centre ville où il disparait en partie et se transformait en agau. Aujourd’hui, il abrite de grandes carpes dont le rôle est d’épurer l’eau, de limiter la prolifération d’algues générées par la pollution liée à la décharge des Lauzières située au dessus du bassin de rétention de la source autrefois si claire. Le canal comptait jadis trois moulins le long de son cours.

La source et l’Augusteum

Source et temple de Diane

La source est déjà connue et vénérée par une tribu indigène avant même les Gaulois (ou Volques arécomiques) qui y implantèrent un lieu de culte et un temple dédié à Nemoz. Elle est réinvestie par les gallo-grecs puis les gallo-romains qui y célébraient le culte de Nemausus et qui, en 25 avant notre ère, érigèrent un sanctuaire du culte impérial, un Augusteum décidé par Auguste, tout en conservant le culte de Nemausus.

Les quelques marches qui plongent dans la source sont romaines. Un fanum (petit temple) se trouvait à proximité et un autel sur l’île artificielle du nymphée (là où se trouve aujourd’hui l’ensemble des sculptures au-dessus des colonnades qui plongent dans l’eau venant de la source). Les seuls éléments antiques conservés sont les exèdres (bancs) et des colonnes retaillées. Tout un jeu d’eau se déployait autour du nymphée pour impressionner les fidèles.

L’Augusteum comportait aussi un théâtre que l’on devine sous la pelouse à flanc de colline et un grand portique à colonnes dont quelques éléments (les propylées ou vestibule) sont visibles au Musée de la romanité.

La source n’est jamais à sec, même par les fortes chaleurs et la sécheresse de l’été. Elle coule toujours en un mince filet d’eau et les travaux de régulation de Jacques Philippe Mareschal fonctionnent même pendant les inondations. Ce sont les eaux des cadereaux qui ont inondé la ville en 1988 et 2002, pas celles de la source pourtant issue de l’eau de ruissèlement des collines voisines.

Dans le temple de Diane

Le Temple de Diane

Diane, déesse de la chasse était aussi celle des sources. Le bâtiment ne comprenant pas de fenêtres, il a été dénommé temple par un archéologue du 19e siècle, (peut-être Auguste Pelet ). Aujourd’hui, il reste mystérieux mais lié à l’Augusteum. Certains évoquent une bibliothèque, d’autres encore un lieu de prières et de méditations annonciatrices (incubation), mais pas un temple et encore moins dédié à Diane.

 

Castellum-Divisorium

Le Castellum divisorium

Pas très éloigné du jardin et de la source se trouve un autre ouvrage gallo-romain très rare car il n’en existe que 2 ou 3 dans le monde : le Castellum divisorium ou plutôt le bassin de distribution des eaux de l’aqueduc du Pont du Gard.

L’eau est si importante pour les romains qu’ils ont fait construire à grands frais un aqueduc comme dans toutes les grandes villes romaines pour que l’eau soit accessible à tous, mais surtout par ostentation. Nîmes ne manquait pas d’eau pourtant, outre la source, une importante nappe phréatique se trouve à peu de profondeur. L’aqueduc devait alimenter les 250 fontaines publiques de la ville antique, les thermes et quelques riches demeures possédant l’eau courante. Dix conduites rayonnent dans un bassin circulaire et trois bondes permettent son nettoyage. Il se trouve rue de la lampèze et fut découvert en 1844 par Auguste Pelet (Inspecteur des monuments historiques) qui a étudié le tracé de l’aqueduc suite à des effondrements. Le castellum a échappé par miracle au dynamitage de la colline à la construction du fort Vauban.

L’Agau (dessin d’Émilien Frossard – 1835)

L’Agau

Dans le prolongement du canal, qui a cet endroit se divise et devient souterrain sous le Boulevard Victor Hugo, se trouvait l’Agau, un écoulement naturel, renforcé au Moyen Age et où se sont installés des teinturiers, des soyeux et des tanneurs. Tous ont besoin d’eau et implantent leurs ateliers en contrebas du canal. Au 19e siècle (1870 ?) à la chute de l’artisanat de la soie, le canal est recouvert et devient la rue Nationale. S’y installent de beaux hôtels particuliers à l’image de l’Hôtel de La Baume riche demeure du 17e siècle.

Les teinturiers utilisaient l’indigo, méthode par oxydation qui a produit le fameux Denim, laine ou coton bleu, rustique et solide produit à Nîmes (mais aussi un peu partout en Europe et même à Uzès, selon les dernières études !). En 1990, lors de la construction de la Coupole des Halles, la rue Nationale se voit coupée en deux, elle reprend le nom de rue de l’Agau du côté du square Antonin.

Curieusement, l’Agau se trouverait sur l’emplacement de la Via Domitia, en effet la rue Nationale conduit directement à la Porte Auguste.

 

Notre guide a conclu sa visite par l’évocation du scandale des fuites d’eau présenté dans la fameuse émission d’Elise Lucet, Cash investigation, qui témoigne de l’importance de l’eau dans la gestion communale.

L’eau est une véritable richesse à préserver, de plus en plus précieuse dans cette période de réchauffement climatique. Les zébriniens en sont bien conscients.

Tous satisfaits de leur guide, ils envisagent d’autres visites sur le thème de l’arbre, des ferronneries… ou d’autres encore.

 

 Quelques photos de la visite

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18 février 2020- L’abeille, la ruche, l’apiculteur

Conférence de Pierre Chante

Abeille butineuse

 L’abeille, la ruche et l’apiculteur. Conférence de notre guide de Rochegude, qui est aussi un apiculteur amateur et passionné.

 

Rendez-vous : à la salle polyvalente d’Arpaillargues le mardi 18 février à 18h

Nous terminerons par quelques douceurs de miel

 

 

Ça c'est bien passé

Affiche conférence sur les abeilles

Un petit essaim de 25 personnes est venu écouter Pierre Chante dans la salle polyvalente ce mardi 18 février 2020. Notre guide de Rochegude, ancien professeur d’histoire géographie est un apiculteur amateur et passionné depuis plusieurs années.

Il nous a d’abord présenté les abeilles en commençant, comme il se doit, par la reine, difficile à reconnaitre pour un œil non averti au milieu de nombreuses abeilles domestiques. Car il ne s’agissait pas d’observer comme avec Albert Mahé, les abeilles sauvages ou solitaires, mais leurs cousines dites domestiques, celles qui produisent le doux miel et vivent en colonies.

La Reine

La reine est plus grande et plus grosse, uniquement nourrie de gelée royale et n’a qu’une fonction : la reproduction tout au long de l’année. Elle peut vivre 2 ou 3 ans à la différence des ouvrières qui elles, ne vivent que quelques semaines (6) à quelques mois (5 à 6) selon les saisons. Elle ne s’échappe de la ruche que pour le vol nuptial où environnée de faux bourdons (abeilles mâles) elle va s’accoupler plusieurs fois afin de remplir son spermathèque puis revenir à la ruche pour pondre 2000 œufs par jour et ne plus en sortir jusqu’à un éventuel essaimage.

Colonie d’abeilles, cherchez la reine

Les ouvrières

Les autres abeilles qui peuvent être 40 000 dans une ruche, forment la cour de la reine. Elles sont issues d’œufs fécondés et élevées avec une bouillie de miel et de pollen. Elles vont avoir plusieurs rôles selon leur age, dans leur courte vie. On parle même des 7 métiers de l’abeille : nettoyeuse, nourrice, manutentionnaire, architecte, ventileuse, gardienne et enfin butineuse. Seules les butineuses sortent de la ruche et c’est là que nous pouvons les voir, à la recherche du nectar, du pollen, de la propolis et de l’eau. Elles peuvent visiter 700 fleurs par heure.

Les faux bourdons

Les abeilles

Les faux bourdons sont les abeilles mâles, plus trapus et plus velus, ils peuvent être une centaine dans la ruche. Ils sont issus d’œufs non fécondés. Leur rôle est de féconder la reine. Ceux qui y parviennent en meurent. Incapables de butiner ils puisent dans les réserves de miel de la ruche et sont expulsés en automne et meurent aussitôt.

La colonie

Les abeilles forment une société très organisée qu’il faut considérer comme un individu, une colonie, et curieusement cette colonie se multiplie en se divisant.

Au printemps, les abeilles fabriquent de nouvelles reines, la colonie décide de faire un essaim composé d’une reine (vieille ou nouvelle) et de la moitié des ouvrières, qui quitte la ruche en se plaçant à proximité, souvent sur un arbre, et qui peut être récupéré par un apiculteur.

 

Anatomie d’une abeille

Anatomie d’une abeille

L’abeille a 2 antennes, 2 paires d’ailes, 3 paires de pattes avec des corbeilles pour le pollen, un abdomen terminé par un dard (qui peut piquer), des stigmates pour respirer, des yeux : 2 gros et 3 petits pour une vision très large, 1 bouche avec trompe pour aspirer le nectar, élaborer le miel, la propolis ou la cire.

Langage et capacité

Pour communiquer les abeilles utilisent plusieurs langages. On parle même de danse des butineuses qui permet d’indiquer aux autres butineuses l’emplacement de fleurs en abondance, la direction à prendre, la distance à parcourir, la quantité de fleurs et leur odeur (portée par la butineuse). Elles effectuent un vol circulaire et des frétillements.

Les abeilles ont aussi la capacité de compter, elles connaissent le concept de zéro et peuvent effectuer des opérations de soustractions et d’additions.

Abeilles et ruches

La ruche et l’apiculteur

Les plus anciennes ruches étaient creusées dans les troncs d’arbres par imitation de la nature. L’homme a observé que les abeilles aimaient se loger dans des cavités et des troncs. Nous connaissons bien en Cévennes les ruches troncs constituées d’un tronc de châtaignier entre deux lauzes. D’autres étaient en paille tressée. Ces ruches primitives ont perduré jusqu’au 20e siècle où les apiculteurs les ont adaptées pour plus de commodité et moins de risques de briser les rayons et blesser les abeilles. Ils ont crée les ruches à cadres avec un coffre, surmonté d’une hausse et des cadres. Cadres à manipuler avec précaution après avoir enfumé les abeilles, c’est à dire détourner leur attention et éviter leur agressivité (la fumée évoquant pour elles l’incendie, un grand danger à éviter, fumée qui cache aussi l’odeur de l’apiculteur).

L’apiculteur généralement passionné, et qui considère les abeilles comme ses filles (dixit certains apiculteurs de la salle), se doivent de respecter les abeilles, ne pas les brusquer et les considérer uniquement comme source de revenu, ne pas les nourrir de sucre pour plus de production et ne pas les affamer en leur retirant trop de miel en hiver.

Dangers qui menacent les abeilles

Outres les insecticides, herbicides, comme le glyphosate, qui les empoisonnent, certaines maladies et le fameux frelon asiatique (depuis 2004) menacent nos amies les abeilles. Leur population diminue depuis une trentaine d’années alors qu’elles sont essentielles pour la biodiversité. Les 20 000 sortes d’abeilles assurent 80 % de la pollinisation.

40 % des abeilles ont disparu. La production de miel en France a chuté de moitié depuis 20 ans.

Pierre a bien insisté sur l’urgence à interdire tout insecticide, de signaler les nids de frelons, de planter des fleurs mellifères et d’encourager l’agriculture biologique. Ce que ne manqueront pas de faire activement les membres de la Zébrine !

Et pour terminer cette passionnante conférence en douceurs, nous avons dégusté quelques morceaux de pains d’épices, goûté un petit assortiment de miels et découvert le chouchen ou hydromel.

 

Pour aller plus loin :

Quelques photos de la conférence

 

 

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Programme des sorties et conférences patrimoine 2020

Les sorties, expositions et conférences

Les dates surlignées sont  définitives .

 

Abeille

 Le mardi 18 février à 18h  : L’abeille, la ruche et l’apiculteur. Conférence de Pierre Chante, notre guide de Rochegude, qui est aussi un apiculteur amateur et passionné. >>> lire le compte rendu

 

 

 

Jardins de la Fontaine Le jeudi 27 février à 9h30  : L’eau à Nîmes, visite guidée proposée par Gino : visite du jardin de La Fontaine, du Castellum divisorium et du quartier des teinturiers avec un guide de l’OT. >>> lire le compte rendu

 

 

 

Vézénobres Le lundi 9 mars   : Les capitelles de Vézénobres (le bois de Rascalas) et le circuit de l’eau. Visite du centre ancien de Vézénobres. Visite guidée par Michel Wienin, scientifique et spéléologue chevronné, président de la Société Cévenole de Spéléologie et Préhistoire. >>> lire le compte rendu

 

 

dolmen de la Grande Pallière - Anduze Le lundi 6 avril  Les dolmens de la grande Pallière. Il a été répertorié quinze dolmens ou coffres dans la région d’’Anduze, peut-être même le double. Des monuments que l’on pourra découvrir sur les crêtes de la Grande Pallière.  Reporté à plus tard !

 

 

Mousses et lichens Le vendredi 24 avril à 14h  : Avril en balade. Mousses et lichens : un monde insoupçonné. La loupe à la main venez découvrir avec Philippe, lichens et mousses, ces végétaux très communs peuplant la terre depuis la nuit des temps qui recèlent une diversité insoupçonnée et cachent des secrets bien gardés. La balade emprunte une partie du sentier des Conques bordé de murs de pierre sèche et d’arbres couverts de ces plantes archaïques. Annulé

 

Repas champètre Le dimanche 26 avril  : Repas champêtre.  A l’occasion du chantier pierre sèche du dernier dimanche d’Avril, repas champêtre proposé par Dieter : omelette aux asperges ou autres agapes ! Reporté à plus tard !

 

 

 

Sentier des Combes Nages et SolorguesEn mai : Le sentier des combes de Nages-et-Solorgues. Découverte d’un sentier de capitelles et murs de pierre sèche guidé par les membres de l’association Nages, garrigues et pierres sèches. Reporté à plus tard !

 

 

 

Beaumes de Venise

 Le mardi 12 Mai  : Beaumes-de-Venise. Balade sur les hauteurs du village avec la visite de la chapelle Notre Dame d’Aubune, organisée par  Claudine. Reporté à plus tard !

 

 

 

 

Dentelles de Montmirail

 Le lundi 14 septembre   : Autour du Domaine de la Tuilerie au pied des dentelles de Montmirail.  Balade à la cité médiévale de Vaison la romaine, à Séguret et à Sablet. Visite et repas à l’auberge de La Tuilerie avec  Edith.

 

 

 

 

Cirque de NavacellesEn septembre : Le cirque de Navacelles. Balade  dans les spectaculaires gorges de la Vis avec Thierry et Edith. Reporté à plus tard !

 

 

 

 

Le Mont LozèreEn septembre : Le Mont Lozère. Weekend sur le Mont Lozère à partir des Gorges de la Jonte proposé par Dieter et Irmgard. Reporté à plus tard !

 

 

 

 

Aubussargues Le samedi 10 octobre  de 10 à 12h : Aubussargues. Visite du village guidée par Jean-Cristophe Galant professeur d’histoire et historien du village.

 

 

 

 

UzèsEn octobre : Flanerie dans les rues d’Uzès dans les années 50, visite guidée par deux Uzétiens : Dominique Claret et Jean-Gabriel Blanc. Reporté à plus tard !

 

 

 

 

Fête des confitures Le dimanche 4 octobre  de 14 à 17h : 5ème Fête des confitures et autres mixtures. Le thème de cette année : « Tutti frutti », car les figues n’ont pas été au rendez vous. Une innovation : les lectures gourmandes, pour faire partager des textes savoureux sur les confitures et autres gourmandises. Annulé

>>> pour en savoir +

 

 

La SéricicultureEn novembre : La Sériciculture en Uzège et Arpaillargues. Conférence de Bernard Malzac président de HCU et fondateur des Editions La Fenestrelle . Reporté à plus tard !

 

 

 

 

 

Si vous souhaitez participer à ces sorties contactez-nous, tout est possible… il suffira de vous acquitter d’une petite cotisation annuelle de 15€ !

 

 

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