La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

27 février 2020 – Visite sur le thème de l’Eau à Nîmes

Jardins de la Fontaine

Jardins de la Fontaine

L’eau à Nîmes, visite guidée du jardin de La Fontaine, du Castellum divisorium et du quartier des teinturiers avec un guide de l’Office de Tourisme.

Rendez-vous : 9h 30 à l’entrée du Jardin de la Fontaine ou 8h30 au parking de la salle polyvalente pour covoiturage.

Quelques mots sur la sortie:
La visite a été proposée par Gino. Un repas est prévu au restaurant Les Alysées

 

Ça c'est bien passé

Le site

Dès 9 h 30, un groupe de 15 personnes s’est retrouvé devant la belle grille dorée de l’entrée du Jardin de la Fontaine. Un petit groupe de courageux zébriniens qui pourrait regretter le choix du thème du jour : l’eau, car l’eau du ciel commence à tomber et le mois de février est encore frais !

 

Jardins de la Fontaine © O T Nîmes

Le Jardin de la Fontaine

Notre guide Sophie Wildbolz munie d’un grand parapluie, sans se départir de sa bonne humeur, a commencé à évoquer le grand ensemble composé de la source, du canal et du jardin, au cœur de la ville. Plus exactement au cœur de la ville gauloise qui s’étendait de la colline surmontée par la Tour Magne (d’abord gauloise) jusqu’au début du Boulevard Jean Jaurès. Cette ville est agrandie par les gallo-romains toujours autour de la source sacrée de Nemausus devenue Augusteum. Au Moyen age elle se déplace et se concentre autour des arènes (lieu de refuge). Elle s’étend ensuite progressivement, atteignant une apogée au 17e et 18e siècles où sont entrepris les grands travaux de l’architecte Jacques Philippe Mareschal (1739-1760) qui, pour contrôler le débit de la source, fait construire ces canaux aux formes arrondies, puis ce magnifique jardin inspiré de La Villa d’Este ainsi que le grand cours (Avenue Jean Jaurès) aujourd’hui réaménagé par Michel Vilmotte trouvant enfin toute sa mesure et attestant des qualités visionnaires de son concepteur.

Canal et pont du Jardin de la Fontaine

Le canal

C’est donc bien à la demande de la ville poussée par ses habitants que le grand canal fut entrepris et c’est bien pour réguler la source et non pour orner le jardin. Un double canal qui ceinture le jardin et rejoint le centre ville où il disparait en partie et se transformait en agau. Aujourd’hui, il abrite de grandes carpes dont le rôle est d’épurer l’eau, de limiter la prolifération d’algues générées par la pollution liée à la décharge des Lauzières située au dessus du bassin de rétention de la source autrefois si claire. Le canal comptait jadis trois moulins le long de son cours.

La source et l’Augusteum

Source et temple de Diane

La source est déjà connue et vénérée par une tribu indigène avant même les Gaulois (ou Volques arécomiques) qui y implantèrent un lieu de culte et un temple dédié à Nemoz. Elle est réinvestie par les gallo-grecs puis les gallo-romains qui y célébraient le culte de Nemausus et qui, en 25 avant notre ère, érigèrent un sanctuaire du culte impérial, un Augusteum décidé par Auguste, tout en conservant le culte de Nemausus.

Les quelques marches qui plongent dans la source sont romaines. Un fanum (petit temple) se trouvait à proximité et un autel sur l’île artificielle du nymphée (là où se trouve aujourd’hui l’ensemble des sculptures au-dessus des colonnades qui plongent dans l’eau venant de la source). Les seuls éléments antiques conservés sont les exèdres (bancs) et des colonnes retaillées. Tout un jeu d’eau se déployait autour du nymphée pour impressionner les fidèles.

L’Augusteum comportait aussi un théâtre que l’on devine sous la pelouse à flanc de colline et un grand portique à colonnes dont quelques éléments (les propylées ou vestibule) sont visibles au Musée de la romanité.

La source n’est jamais à sec, même par les fortes chaleurs et la sécheresse de l’été. Elle coule toujours en un mince filet d’eau et les travaux de régulation de Jacques Philippe Mareschal fonctionnent même pendant les inondations. Ce sont les eaux des cadereaux qui ont inondé la ville en 1988 et 2002, pas celles de la source pourtant issue de l’eau de ruissèlement des collines voisines.

Dans le temple de Diane

Le Temple de Diane

Diane, déesse de la chasse était aussi celle des sources. Le bâtiment ne comprenant pas de fenêtres, il a été dénommé temple par un archéologue du 19e siècle, (peut-être Auguste Pelet ). Aujourd’hui, il reste mystérieux mais lié à l’Augusteum. Certains évoquent une bibliothèque, d’autres encore un lieu de prières et de méditations annonciatrices (incubation), mais pas un temple et encore moins dédié à Diane.

 

Castellum-Divisorium

Le Castellum divisorium

Pas très éloigné du jardin et de la source se trouve un autre ouvrage gallo-romain très rare car il n’en existe que 2 ou 3 dans le monde : le Castellum divisorium ou plutôt le bassin de distribution des eaux de l’aqueduc du Pont du Gard.

L’eau est si importante pour les romains qu’ils ont fait construire à grands frais un aqueduc comme dans toutes les grandes villes romaines pour que l’eau soit accessible à tous, mais surtout par ostentation. Nîmes ne manquait pas d’eau pourtant, outre la source, une importante nappe phréatique se trouve à peu de profondeur. L’aqueduc devait alimenter les 250 fontaines publiques de la ville antique, les thermes et quelques riches demeures possédant l’eau courante. Dix conduites rayonnent dans un bassin circulaire et trois bondes permettent son nettoyage. Il se trouve rue de la lampèze et fut découvert en 1844 par Auguste Pelet (Inspecteur des monuments historiques) qui a étudié le tracé de l’aqueduc suite à des effondrements. Le castellum a échappé par miracle au dynamitage de la colline à la construction du fort Vauban.

L’Agau (dessin d’Émilien Frossard – 1835)

L’Agau

Dans le prolongement du canal, qui a cet endroit se divise et devient souterrain sous le Boulevard Victor Hugo, se trouvait l’Agau, un écoulement naturel, renforcé au Moyen Age et où se sont installés des teinturiers, des soyeux et des tanneurs. Tous ont besoin d’eau et implantent leurs ateliers en contrebas du canal. Au 19e siècle (1870 ?) à la chute de l’artisanat de la soie, le canal est recouvert et devient la rue Nationale. S’y installent de beaux hôtels particuliers à l’image de l’Hôtel de La Baume riche demeure du 17e siècle.

Les teinturiers utilisaient l’indigo, méthode par oxydation qui a produit le fameux Denim, laine ou coton bleu, rustique et solide produit à Nîmes (mais aussi un peu partout en Europe et même à Uzès, selon les dernières études !). En 1990, lors de la construction de la Coupole des Halles, la rue Nationale se voit coupée en deux, elle reprend le nom de rue de l’Agau du côté du square Antonin.

Curieusement, l’Agau se trouverait sur l’emplacement de la Via Domitia, en effet la rue Nationale conduit directement à la Porte Auguste.

 

Notre guide a conclu sa visite par l’évocation du scandale des fuites d’eau présenté dans la fameuse émission d’Elise Lucet, Cash investigation, qui témoigne de l’importance de l’eau dans la gestion communale.

L’eau est une véritable richesse à préserver, de plus en plus précieuse dans cette période de réchauffement climatique. Les zébriniens en sont bien conscients.

Tous satisfaits de leur guide, ils envisagent d’autres visites sur le thème de l’arbre, des ferronneries… ou d’autres encore.

 

 Quelques photos de la visite

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