La Zébrine

Association de valorisation du patrimoine rural d'Arpaillargues-Aureilhac

25 septembre 2017 – le site archéologique de Glanum

Quartier de la source sacrée

Quartier de la source sacrée

Visite du site de Glanum antique à Saint-Rémy de Provence et de l’aqueduc et des moulins de Barbegal.

Rendez-vous : 8h15 au parking de la salle communale pour une visite à 9h30.

Quelques mots sur Glanum et Barbegal :
C’est une cité antique aux portes de Saint-Rémy-de-Provence. Plus d’un siècle de recherche archéologique sur le site de Glanum permet de présenter les témoins d’un ensemble architectural exceptionnel.
Installée au cœur du massif des Alpilles, au carrefour de grandes voies de circulation, la cité gauloise fut baignée d’influences grecques puis romaines et connaît son plein développement à partir du IIe siècle avant notre ère.
L’aqueduc et les moulins de Barbegal constituent un complexe romain de meunerie hydraulique situé à Fontvieille, à proximité de la ville d’Arles. Cet ensemble a été qualifié comme « La plus grande concentration connue de puissance mécanique du monde antique »

 

Ça c'est bien passé
La maison des Antes

La maison des Antes

Par un doux soleil d’automne, 25 personnes ont accompagné un « Martin prêcheur heureux » [sic] sur le site antique de Glanum à St-Remy-de-Provence.

Connu dès le 16e s. mais fouillé seulement au début du 20e s., ce site présente trois civilisations superposées qui se succèdent et se fécondent, ce qui explique l’interpénétration des cultures et les recoupements historiques. Les maisons s’élevant sur trois niveaux de peuplement : les Celtes, les Grecs et les Romains. En suivant la rue principale nous allons remonter le temps et surtout, insiste Clément, « il vous faut penser à ceux qui ont vécu dans ces lieux et non les voir comme de belles ruines ».

Commençons par le quartier résidentiel avec :

  • La maison d’Epona, où fut trouver une dédicace à cette divinité gauloise.
    Epona est la grande jument, sa présence fait référence à l’élite guerrière et cavalière (les chevaux furent domestiqués en -3500 ans).
  • De l’autre coté de la rue on aperçoit un mur à alvéoles qui nous ramène à une coutume plutôt barbare. Les celtes (ou gaulois) étaient des guerriers farouches qui coupaient les têtes de leurs ennemis (pour s’emparer de ce qu’elles contenaient), les accrochaient à leurs chevaux et les plaçaient dans des pierres ou des murs à alvéoles.
  • La maison des Antes. Une maison à péristyle de type toscan à un étage. Sans fenêtres mais avec des portes coulissantes et des puits de lumière, elle était chauffées avec des braseros. C’est une unité mono-familiale. Elle doit son nom à des pilastres carrés appelés antes qui délimitaient le laraire. C’est un espace dédié aux dieux lares qui prenaient soin de la maison alors que les pénates étaient les dieux du foyer, cuisine et garde-manger. Les génies, eux, étant des divinités personnelles. Les mannes (DM) sont les ancêtres auxquels on vouait un culte quotidien (avec pain, fruits miel, fleurs).
  • Clément a évoqué les éléments d’un repas composé de légumes : oignons, aulx, artichauts, asperges, lentilles, navets, choux et de viandes : vaches, veaux, sangliers, cochons, paons, perroquets, cigognes, flamants roses.
  • Les thermes

    Les thermes

    Le marché. Formé de plusieurs boutiques autour d’une cour entourée de colonnes doriques il comprend une pièce de dévotion avec un autel. Le mur est en grand appareil [+30 cm = grand appareil, de 0 à 20 cm petit appareil, de 20 à 30 cm moyen appareil]. Les romains ont coupé le marché hellénistique pour aménager un espace dédié à Cybèle.

  • La maison d’Atys et de Cybèle permet d’évoquer le mythe d’Atys le berger dont est amoureuse Cybèle (déesse de la nature) et qui s’émascule après avoir trahi le vœux de chasteté. Il est alors transformé en pin. Un bas relief en marbre trouvé dans la maison évoque ce thème. C’est une grande maison à péristyle avec impluvium et un autel votif de Loreia à Cybèle.
  • Les thermes. On y accède en suivant la rue principale ou rue des thermes, couverte de grandes dalles, qui suit le tracé de l’égout nord. C’est le lieu de réunion. Il comprend le palestre destiné aux jeux, le caldérium (salle chaude), le tépidarium (salle tiède) chauffées par l’hypocauste (dont il reste les piles de briques), le natatio (la piscine) alimentée par un masque qui crache l’eau.

 

 Le Centre monumental avec :

  • La Curie : lieu de réunion qui présente un mur en petit appareil et comprend deux pièces : la salle du conseil pour les curiates et la salle de dévotion avec une alvéole pour placer la statue de l’empereur.
  • La basilique est grande (45 x 24 m), c’est l’édifice principal du forum, un grand hall public où se trouvent 24 piliers toscans et un puits à dromos (couloir) avec trois volets de marches qui descendent vers l’eau sacrée. Ce puits fut comblé par les romains.
  • La Maison de Sulla

    La Maison de Sulla

    La maison de Sulla, en partie recouverte par la basilique mais dont les fouilles profondes ont exhumé le plan carré, les pièces disposées autour d’un atrium. L’une des pièces avait un pavement de mosaïques qui porte le nom de Co Sulla, ce qui nous ramène à Uzès où, sur les fameuses mosaïques, a été retrouvé le nom de Lucius Cornelius sans doute Sulla. A suivre ! (NDLR)

  • Le forum, la place publique vaste plate-forme dallée, qui présente deux temples géminés dont le grand est dédié à Auguste. Comme tous les temples ils doit être surélevé avec un nombre impair de marches, comprendre le pronaos (devant), la cela (cachée) circulaire ou carrée. Sur un axe de symétrie se trouvent deux têtes : Livie et Octavie.
  • La fontaine monumentale qui était alimentée (comme les thermes) par un aqueduc de 600 m., un barrage à voûte de 13 m. amenant l’eau du lac du Peiroun (où nous irons pique-niquer).
  • L’exèdre, salle avec banquette.
  • Le bouleterion, salle de réunion pour les notables, avec un autel à la déesse Hestia.

Le quartier de la source sacrée :

Après le mur d’enceinte de l’oppidum salyen (-700) qui comporte une porte-tour se trouve :

  • La source sacrée pour les glaniques avec un escalier qui descend à la source toujours avec les 3 volets de marches. Un lieu magnifique empreint de mystère.
  • Le temple corinthien dédié à Valetudo déesse de la santé.
  • Autels dédiés à Hercule

    Autels dédiés à Hercule

    Le sanctuaire d’Hercule, demi dieu gréco-latin symbole de la force représenté avec une peau de lion, un verre et une massue. Sept autels lui sont consacrés.

  • Les maisons salyennes (gauloises) (-600) sont de petites maisons de deux pièces, l’une présente un fumoir à vin (pour la conservation) avec ses briques rouge foncé.

Clément nous a alors invité à grimper sur le belvédère pour contempler l’ensemble du site et a conclu sa visite par quelques vers du « cimetière marin » de Paul Valéry en nous recommandant à nouveau de penser à ceux qui ont vécu sur ce site, à ceux qui s’y sont aimés. La vie toujours renaissante, les hommes d’aujourd’hui descendent toujours de ces peuples salyens, glans, gallo-grecs et gallo-romains.

Les Antiques

En sortant du site nous nous sommes dirigés vers les Antiques : l’arc triomphal et le mausolée des Julii. Ces édifices étaient visibles et cités depuis le Moyen Age.

  • Le Mausolée et l'arc de triomphe et

    Le Mausolée et l’arc de triomphe et

    L’arc de triomphe, monument officiel qui exalte la puissance de Rome a une baie unique avec un joli décor à caissons et un bandeau de fruits et de fleurs, il présente sur ses deux faces quatre groupes de captifs.

  • Le mausolée, monument privé, affirme l’orgueil d’une famille. Sur le socle quatre frises de batailles et de chasses, plus haut, des frises à décors marin et au sommet, au centre d’une colonnade circulaire deux statues de personnages en toge romaine de la famille des Julii.

Barbegal

Après un moment de pique nique et de repos sous les pins près du lac du Peiroun, nous avons continué notre périple vers l’aqueduc romain et les moulins de

Aqueduc de Barbegal

Aqueduc de Barbegal

Barbegal à Fontvieille. Un aqueduc qui rappelle bien sûr celui de l’Uzège mais qui a la particularité d’être double. Un conduit qui fait un coude à 90° et partait alimenter la ville d’Arles et un conduit qui se jetait sur les moulins placés en gradins en contrebas. L’eau actionnait deux séries de huit roues verticales à augets disposées de part et d’autre d’une allée centrale. Elles fournissaient l’énergie à des moulins à farine. Une maquette de ces moulins visible au Musée de l’Arles antique nous permet de mieux imaginer le site dont il ne reste pas grand chose.

Fourbus et la tête pleine d’images de l’antiquité nous avons remercié Clément de ses commentaires toujours passionnés et sensibles.

Ce résumé fort difficile à réaliser tant les explications de Clément étaient riches et foisonnantes est donc à compléter par la lecture d’un document pédagogique transmis par Dominique Buteau.

 

 

Pour aller plus loin :

 

Quelques photos et vidéo de la visite

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