
Le mercredi 18 février : de 15h à 17h30 – Exposition et projection de documentaires sur Mayotte et les Comores.
Durant les années 90, Ka-Ty, alors professeur d’art et déléguée à la Culture, a partagé la vie des Mahorais pendant 6 ans. Mayotte était alors une Collectivité Territoriale Française, sillonnée par quelques pistes, souvent sans électricité, et un accès collectif à l’eau.
Conférence et projection proposée par Ka-Ty Deslandes
RV à 14h 40 à la salle polyvalente d’Arpaillargues et Aureilhac pour covoiturage

Les noms de Mayotte et des Comores évoquent des îles lointaines et peu connues pour la plupart d’entre nous. C’est ainsi que quinze zébriniens curieux ont répondu à l’invitation de Ka. Ty Deslandes pour découvrir un pays où elle a vécu de nombreuses années et dont elle a ramené peintures et objets. Elle proposait une exposition et des projections de films documentaires.
Ka. Ty
C’est une grande voyageuse. Originaire de Sèvres et de parents artisans, « dès son enfance elle dessine et fabrique des mondes ». Elle devient professeur d’art et peintre. Sa vie bascule vers les tropiques, quand, détachée par le Ministère des affaires étrangères, elle s’installe à Vanuatu, puis à Mayotte et à La Réunion pour des missions culturelles et d’enseignement de l’Art. Elle continue à voyager en Inde, en Nouvelle-Calédonie, en Grèce… et revient s’installer à Uzès depuis une dizaine d’années. Elle fait partie de la Zébrine depuis lors et a participé à de nombreuse sorties. Elle a crée l’association le Batandélam, un collectif d’artistes, qui présente chaque année une exposition dans son jardin et sa maison.
Les films documentaires

Ka. Ty est aussi une réalisatrice. Elle a crée plusieurs documentaires sur Mayotte dans les années 90 qu’elle nous a présentés.
Les femmes mahoraises
Le premier film est consacré aux Mahoraises. Il est réalisé avec la participation de ses grands élèves de 3e. Ka. Ty a bien précisé qu’elle a eu le droit de filmer les femmes parce qu’elle est une femme. Ces femmes possèdent la terre et ont en charge tous les travaux de la maison ainsi que l’éducation des enfants. Les hommes, eux, vont de maison en maison et sont pour la plupart polygames. C’est un autre monde que nous présente ce film. Les jeunes filles, ses élèves, misent sur l’école pour s’en libérer et leur témoignage est émouvant.
Les chants et danses debaa
Le deuxième et le troisième films présentent les chants et danses de jeunes filles rassemblées parfois pour fêter la réussite au Bac de l’une d’elles. En ligne, côte à côte, en costume traditionnel, elles entonnent des chants religieux issus de sourates (poèmes mystiques louant la vie du Prophète), rythmés d’une belle gestuelle rituelle. La danse debaa est un art dansé et chanté d’inspiration soufi réservé aux femmes.
Une autre danse les présente se passant avec dextérité un long bâton de bois rebondissant dans un mortier.
Histoire de Mayotte
Des questions ont bien sûr fusé sur le passé de cette île, de ses habitants et de ce département français d’outre mer si lointain et méconnu. Ce qui a permis à Gilles de nous présenter un résumé de son histoire complexe. Gilles et Martine Demuth, eux aussi, ont vécu aux Comores où Gilles a enseigné l’Histoire dans les années 80. Ci-dessous le texte « Histoire de Mayotte » (→), qui reprend la présentation qu’il a bien voulu rédiger pour nous (ouf !).
L’exposition
Toute la maison de Ka. Ty, jardin et intérieur est un petit musée, une galerie permanente. Son atelier, qui s’ouvre sur une fenêtre où éclate le jaune d’un grand mimosa, regorge d’objets et de grands tableaux. Coquillages, coraux, poteries, boites et petits meubles en bois exotiques et même en cocotier… voisinent.
Les poteries
Les poteries brunes et ocres proviennent d’un atelier organisé par Ka. Ty où des potières de la brousse sont venues transmettre et réaliser en les façonnant et les modelant à la main de beaux vases, coupes, marmites pansues et brûle-parfum… ornés à l’engobe de motifs géométriques traditionnels. Une vingtaine de potières y ont participé et un four à bois a même été construit pour l’occasion.

Les peintures
Aux murs de l’atelier les grandes toiles de Ka. Ty, souvent bleues et sable, complètent le sentiment d’être ailleurs, dans ces îles lointaines. Elle peint sur plusieurs supports en privilégiant la toile de jute des « gonis », ces grands sacs récupérés. Elle y inclus des éléments végétaux glanés sur les plages et je retrouvais la superbe exposition que je lui ai proposée d’installer dans la Médiathèque d’Uzès en 2013. On ne sait où regarder tant les œuvres d’art et d’artisanat se côtoient et se répondent.
Le Goûter
Nous nous sommes retrouvés ensuite autour d’une grande table garnie de gâteaux apportés par les zébriniens pour remercier Ka. Ty de son invitation. Conversations et précisions se mêlaient en un échange chaleureux.
Ce voyage immobile aux Comores, ce petit archipel des Tropiques, fut riche d’informations. Nous connaissons mieux à présent ses habitants, son patrimoine artisanal et musical. Ce moment amical de partage des connaissances et des créations fut très agréable et nous remercions vivement Ka. Ty de l’avoir initié.
Pour aller plus loin
- La poterie de Mayotte patrimoine culturel immatériel
- Le debaa expression des mahoraises
- Site de Ka. Ty Deslandes
Quelques photos de la visite







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