Journées de la pierre sèche – Uzès

Journée de la pierre sèche - Uzès

Organisée par l’Association L’Uzège, cette manifestation, qui se déroulait du 3 au 18 juillet 2017, avait pour but la promotion, la sauvegarde et la mise en valeur des constructions en pierre sèche. Cette architecture vernaculaire fait partie intégrante de l’histoire et de l’identité de notre territoire.Une série de conférences faisant appel à différents intervenants tous convaincus et spécialistes en leur domaine s’est tenue à la mairie d’Uzès (salon Racine) et a attiré plus de 120 personnes.

Thèmes des conférences

  • Les sites en Uzège – Pont-du-Gard et activités associatives / Philippe TIEBOT – Président Association La Zébrine
  • Présentation de la Fondation du Patrimoine / Christian SAORINE – Délégué départemental
  • Murs … murs d’autrefois et d’aujourd’hui / Didier RIESEN – Association Prima Vera
  • Pierre sèche, ancestrale et innovante, pratique durable sur les territoires / Claire CORNU – Architecte-urbaniste, C. M. A. de Vaucluse. Coordinatrice de la Fédération française professionnelle de la pierre sèche (FFPPS)
  • Construire aujourd’hui / Daniel MUNCK – Institut Languedocien de la pierre sèche (ILPS)
  • Entre pierre et terre, les Sentinelles et le Refuge d’Art, d’Andy Goldsworthy, artiste international du Land Art / Giulia PAGNETTI – CAIRN Centre d’Art, Dignes-les-Bains
Architecture vernaculaire en pays d'Uzège
Editions la Fenestrelle

La Zébrine s’est bien sûr associée à cette manifestation :

  • par les interventions de Philippe Tiébot et Daniel Munck,
  • par la publication du livre : Architecture vernaculaire en pays d’Uzège dont la 2e partie concerne précisément Arpaillargues et La Zébrine, rédigée par Philippe, aux Éditions de la Fenestrelle,
  • par l’exposition La Pierre sèche tradition & créativité, organisée en collaboration avec les associations L’Uzège et Prima Vera à la Médiathèque d’Uzès en juillet (et dont les permanences ont été tenues par des membres de la Zébrine).

 

L’exposition

Exposition Pierre sèche : tradition & créativitéIssue de l’exposition préalablement présentée in situ en 2015 lors de l’inauguration de la restauration de la cabane de Coste-Joulène, puis au temple du village, elle met en valeur les constructions du village et des autres villages de l’Uzège : Blauzac, St-Quentin-la-Poterie, Uzès, Aramon, Bourdic, Cabrières, Vers-Pont-du-Gard, St-Siffret, Montaren. De belles photos associées à celles des créations de Land Art et de l’architecture contemporaine de part le monde, en centrant sur les créations d’Andy Goldsworthy aux Refuges d’art de Digne-les-bains.
Près de 500 personnes sont venues admirer toutes ces constructions de pierre sèche dans la Chapelle de la médiathèque. Elles ont pu également participer à la création (work in progress) de la spirale de pierres sur la terrasse de la médiathèque qui a eu beaucoup de succès.

Ci joint l’introduction à l’exposition réalisée par Philippe et Annie et le petit guide-catalogue consacré aux cabanes de l’Uzège que le visiteur pouvait emporter.
Une manifestation importante pour nous, correspondant à la mission première de l’association, mais aussi, première exposition présentée en dehors du village après le prêt de l’exposition à Cabrières en 2016. Une action à renouveler.

Présentation et guide de l'exposition

La pierre sèche

Guide de l'exposition
Guide de l’exposition

guide exposition À la différence des monuments remarquables objets de toutes les recherches et de toutes les protections, le petit patrimoine rural tend à disparaître au mieux, par négligence ou par l’action dévastatrice de la modernité. Ce patrimoine vernaculaire, modeste et géographiquement dispersé, ne possède bien souvent d’autres mémoires qu’orales ou toponymiques. Très peu d’archives le mentionnent : il n’est qu’à consulter les cadastres et autres compoix pour se rendre compte de l’inexistence des cabanes et capitelles. Il arrive parfois que des propriétaires de parcelles d’anciennes garrigues ignorent qu’ils sont riches de ce patrimoine. Pourtant, ce patrimoine suscite depuis longtemps l’intérêt et des inventaires existent ça et là.

Difficile d’imaginer aujourd’hui, à l’époque du machinisme, que tant de mains nues aient pu bâtir ces constructions qui résistent au temps, malgré les assauts de la végétation reconquérante. Elles représentent un savoir-faire acquis sur l’ouvrage et transmis de génération en génération. Avec l’abandon des terres des garrigues c’est tout un savoir-faire qui s’oublie que tentent de retrouver et transmettre avec conviction quelques bénévoles et artisans bâtisseurs.

Une connaissance par la pratique

Au-delà de l’admiration esthétique que l’on peut porter sur ces paysages de pierre sèche, c’est

véritablement la pratique de l’exercice qui permet d’approcher toute la richesse de ce savoir-faire. Confrontés à la sobriété des ressources, le paysan bâtisseur a dû faire preuve d’ingéniosité pour bâtir avec si peu des constructions solides, durables et belles. Si la technique est simple, la pratique de la pierre sèche nécessite de faire appel ou de développer des qualités diverses. Chaque pierre doit être stable pour assurer la solidité et la longévité de l’édifice. Le travail réclame préparation, observation, mémorisation, écoute, patience et humilité…

Le devenir de la pierre sèche

La pierre sèche n’est pas un matériau du passé mais est promise à un bel avenir. Dans un monde confronté à l’épuisement des ressources naturelles, au déréglementent climatique, à l’hyper technicité des modes de production, à l’accélération des modes de vie, à la paupérisation de la biodiversité, la pierre sèche représente une des clés de notre avenir. Parce qu’elle procède de l’économie circulaire (on construit par l’emploi de matériaux locaux extraits du sol dans le respect des constructions existantes), de l’économie de la sobriété (pas d’engins ou gros matériel, pas de mortier), de l’économie solidaire (emploi d’une main d’oeuvre importante et locale), de l’écologie (bilan carbone nul) elle mérite de prendre pleinement sa place dans les projets architecturaux et paysagers de demain.

Les initiatives dans ce domaine sont de plus en plus nombreuses dans notre région et donnent espoir. Des associations de bénévoles s’activent : La Zébrine d’Arpaillargues-Auréilhac, l’association de La Librotte de Blauzac, l’Office de la Culture et du Patrimoine d’Aramon, l’association du Vallon d’Escaunes et Cantarelles à Sernhac. Plusieurs sentiers de capitelles ont été ouverts sur Saint-Quentin-la-poterie, Uzès (quartier La Montagne et quartier de Carrignargues), Arpaillargues-Aureilhac, Sernhac, Blauzac.

La demande de formation s’accroît, que ce soit pour les particuliers ou pour les professionnels : reliée par les actions du Syndicat Mixte des Gorges du Gardon et du Centre Socioculturel de Saint-Quentin-la-poterie qui interviennent sur des projets d’insertion professionnelle.

Des initiatives d’inventaire de la pierre sèche sont en cours comme celui du Collectif des garrigues de Sommières qui a mis en place un outil de recensement sur un Wiki. L’institut Languedocien de la pierre sèche agit en partenariat avec des associations ainsi que des professionnels de la pierre sèche et du patrimoine pour faciliter, dans le respect du code des marchés publics, les interventions des collectivités territoriales sur la pierre sèche.

Des architectes intègrent les propriétés de la pierre sèche dans leur projet. Des urbanistes s’intéressent au recours de ce matériau dans les projets d’aménagements. Des paysagistes dessinent des parcs ou jardins tracés de murs de pierre sèche. Des artistes du Land Art s’emparent de ce matériau pour créer des oeuvres remarquables.

Enfin la construction en pierre sèche (savoir et savoir-faire) est candidate au label « Patrimoine immatériel » de l’UNESCO. Un atout pour notre patrimoine local.

Quelques photos de l’exposition

Pour aller plus loin :

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