
L’oppidum Saint Vincent à Gaujac et le Camp de César à Laudun sont deux oppidums très proches. Leurs visites pourraient être assurées par les membres d’associations qui les réhabilitent. Prévoir le pique-nique.
Visites proposées par Gino et par Philippe , organisées par Philippe et Annie
RV à 9h pour co-voiturage devant la salle polyvalente

Après plusieurs prévisions de visites ajournées, nous avons enfin pu aller découvrir les deux plus fameux oppida du Gard bas-rhodanien : l’oppidum Saint-Vincent de Gaujac et le Camp de César de Laudun. Dix sept personnes étaient au rendez-vous et se sont retrouvées, de bon matin, au pied de l’oppidum de Gaujac.
L’Oppidum Saint-Vincent de Gaujac
Tout au bout du chemin de l’oppidum à Gaujac, le sentier s’élève dans le bois sur 1,2 km, pour une petite balade bucolique. Il est bordé de Cistes blancs de Montpellier, de Mélites à feuilles de Mélisse, d’Herbes à bitume, de Saponaires… jusqu’à la porte de l’oppidum Saint-Vincent défendue par la tour de Trajan. Tout juste le temps, après une petite pause pour reprendre son souffle, de faire un repérage du site et voilà notre guide qui nous rejoint.

Notre guide
Dominique Cannaud est le président de la SECABR : Société d’Étude des Civilisations Antiques Bas-Rhodaniennes. Cette association a pour mission d’inventorier et promouvoir le patrimoine archéologique et historique du pays bas-rhodanien depuis 1958. Elle est garante de l’étude, de la sauvegarde de sites archéologiques tel que l’oppidum Saint-Vincent de Gaujac. Pour faire connaitre ses recherches, l’association a crée la revue Rhodanie depuis plus de quarante ans et notre guide en est le directeur de publication depuis plus de vingt ans. Considéré comme le fil spirituel de Jean Charmasson, archéologue découvreur du site, Dominique a participé depuis l’âge de 12 ans à toutes les fouilles et a lui-même découvert les thermes du site. Il fait, depuis, de nombreuses visites guidées avec gentillesse, simplicité et compétence.
L’oppidum
La présentation du site par Jean Charmasson est fort bien faite sur le site de la SECABR dans « les grandes étapes de l’histoire de l’oppidum« , en savoir plus. Je vais donc me contenter de rapporter brièvement notre visite.
Le temple et les thermes
Regroupés devant le temple d’Apollon et d’Artémise, nous avons écouté Dominique nous parler du temple gaulois le précédant, nous avons observé les prospections, les sondages, nous avons suivi le parcours d’un romain dans les thermes et peu à peu nous avons pris conscience du travail fourni par l’association car « on ne voyait rien, avant, tout était recouvert de terre et de broussailles » nous dit-il. Aujourd’hui, le site est magnifique. Les murs de gros blocs de pierre sèche gaulois, surmontés de fleurs de cistes et d’iris, les murs gallo-romains aux plus petites pierres bien maçonnées, les morceaux de colonnes, le demi cercle du Palestre, la citerne, les canalisations… en font un site splendide face au vert de la colline boisée. Nous avons écouté les commentaires de notre guide près du Tépidarium, accompagnés des photos du Guide de l’oppidum (dont la nouvelle version est en cours de parution), sous un soleil ardent, puis nous avons suivi un sentier pour atteindre le site du Forum bien embroussaillé et interrompu par la carrière des tailleurs de pierres qui ont « dévoré » les constructions antiques : quel dommage ! Les traces d’un haut mur de plus de 3 mètres persistent çà et là dans la végétation.

Le village médiéval
Nous sommes remontés vers le village médiéval fondé par les familles des carriers au sommet de l’oppidum. Passant devant un puits longtemps noté comme silo, nous avons retrouvé les murs de maisons rectangulaires sobrement équipées de bancs de pierres, presque accolées aux ruines de l’Église Saint-Vincent de plan cruciforme avec abside trilobée construite sur une ancienne citerne gallo-romaine chevauchant un ancien aqueduc romain.
Le pique-nique
Il était bien plus de midi quand notre guide nous a quittés, chaleureusement remercié. Nous nous sommes dirigés vers un coin bien ombragé pourvu de tables et de chaises par les fouilleurs (qui s’y retrouvent tous les jeudis), pour y reprendre des forces avant la descente vers le parking et la visite du second oppidum.
Quelques photos de la visite
Le Camp de César de Laudun
L’oppidum du camp de César se trouve à 8 km de celui de Gaujac. Ils se ressemblent et se complètent, même histoire, même situation. Nous traversons le village de Laudun et grimpons sur le vaste plateau de Lacau, bien visible depuis la route, dont l’étendue et la hauteur lui ont valu sans doute son nom qui n’a rien à voir avec César ni avec un camp militaire !
Point de guide pour la visite, c’est donc Philippe, notre président et un peu moi-même, qui avons travaillé le sujet. On trouve tout sur Internet mais il s’agit d’en faire une présentation pas trop longue ni trop « spécialisée » car les rapports de fouilles sont nombreux et conséquents. Voici donc le résultat de nos recherches.
L’oppidum
Bien installés, certains même allongés, à l’ombre d’un beau chêne vert, nous avons écouté le début de la présentation accompagnée de plans issus des Bulletins HCU (Histoire et Civilisation de l’Uzège dont nous faisions partis). Le site semble encore plus vaste que celui de Gaujac, 18 hectares et il présente une tour gallo-romaine, la mieux conservée du midi de la France. Nous sommes passés par la poterne pour atteindre la tour, le théâtre puis le forum et la basilique. On pourrait s’y croire en visionnant les reconstitutions lorsque l’application de « réalité augmentée » (disponible sur le lieu) fonctionne malgré le soleil, sur un bon smartphone ! Nous avons déambulé en recherchant l’ombre rare en passant ensuite par la porte charretière et le quartier des habitations et d’artisans.
La Chapelle Saint-Jean-de-Todon
Après quelques instants d’hésitation et la défection de deux membres à cause du soleil, le groupe de courageux zébriniens a poursuivi la visite jusqu’à la chapelle en suivant le bord de la falaise qui offrait une superbe vue sur le Rhône, les villages et les cultures jusqu’au Mont Ventoux perdu dans la brume de chaleur.

La Cabre d’or
Au dernier belvédère, juste au dessus du « passage du loup« , un étroit couloir de 27 cm de large, nous nous sommes arrêtés pour évoquer et raconter la légende de la fameuse chèvre d’or si présente en Provence mais aussi dans le Gard, et surtout à Orsan et Laudun.
La chapelle
A nouveau, bien installés à l’ombre d’un magnifique chêne centenaire, vous avez gentiment écouté ma rapide présentation de la chapelle Saint-Jean-de-Rouzigue ou Saint-Jean-de-Todon à la longue nef aux murs décorés en opus spicatum sise sur le rocher même et entourée d’une nécropole de près de 200 tombeaux rupestres. Ceintes de modestes maisons médiévales, la chapelle est le dernier vestige de l’occupation du Camp de César.
Nous en retournant vers le village gallo-romain, puis en descendant vers le parking, nous avons pu mettre nos pas dans les pas des habitants de ces sites voisins dont il reste encore tant de témoignages. Cette plongée dans l’antiquité, le passé, peut nous laisser songeurs sur notre civilisations et son devenir.

Pour aller plus loin
- Le Temple d’Apollon et l’oppidum Saint-Vincent à Gaujac (fouilles 2019)
- Le Camp de César en réalité augmentée
- Persée : Aux marges de l’ancienne agglomération antique… St-Jean-de-Todon
- Persée : L’Oppidum du Camp de César à Laudun / D. Goury
Quelques photos de la visite






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