30 Janvier 2026 – Balade naturaliste à Puechredon

Paysage Puechredon
Paysage Puechredon

Balade naturaliste autour de Logrian. Départ du petit hameau de Puechredon situé juste avant Logrian et circuit de 8 km. Au programme plusieurs très beaux arbres récemment inventoriés, ruine de château et d’église et une très jolie chapelle… 

Balade organisée et conduite par Yves

 

RV à 9h45 à la salle polyvalente d’Arpaillargues et Aureilhac pour covoiturage

 

Ça c'est bien passé

Grand Chêne et chapelle de Puechredon

Avec la chance inouïe d’une journée ensoleillée dans une période trop pluvieuse, onze membres de la Zébrine ont suivi Yves Maccagno sur les sentiers de Puechredon. Nous allions découvrir et observer des plantes et plusieurs arbres remarquables, descendre dans une grotte et grimper jusqu’au Castellas.

 

Leçon de botanique : le Filaire

Notre guide

Naturaliste et botaniste, Yves est passionné par les arbres. Ancien agent du Parc National des Cévennes, il a consacré sa retraite à l’inventaire des arbres remarquables du Gard. Il a déjà publié deux livres (papier) et trois livres en ligne sur le site des « Têtards arboricoles ». Il nous a déjà accompagné dans de nombreuses sorties autour des arbres, des orchidées, des oiseaux, de la Chapelle de Pise… et a fait également partie des muraillers de la Zébrine. Nous le remercions de nous guider et de nous transmettre entre autres son grand savoir botanique avec gentillesse et humour.

 

Le village

La chapelle de Puechredon

A proximité de Logrian où nous nous trouvions l’an passé, se trouve le petit village de Puechredon qui, comme son nom l’indique, est un puech issu du latin podium ou colline et ronde du terme occitan redon. Il compte seulement une cinquantaine d’habitants. Nous passons entre quelques grandes bâtisses à vocation viticole pour atteindre une jolie chapelle.

 

L’église

Chapelle plus qu’église, elle remplace une plus ancienne en ruine. Elle date de 1686. C’est la chapelle « provençale » type. De belle proportion, toute en pierres du sol à la jolie abside en cul-de- four. De jolis vitraux contemporains ornés de feuilles et d’épis de blé l’éclairent doucement. Elle s’ouvre sur une curieuse vieille porte fermière. Elle se trouve sur un socle rocheux qui laisse présager l’importance des pierres et des rochers sur le parcours de notre balade.

 

Devant le cade

Les arbres remarquables

Le Cade ou Genévrier oxycèdre

Sitôt dépassés les murs d’un des vieux mas du village, nous nous sommes arrêtés devant un beau et vieux cade mâle au port parfait de 1,70 mètre de circonférence. C’est le soixantième Cade de plus de 1,50 m recensé dans le Gard. Yves précise que parmi la quinzaine de vieux et gros individus recensés en France, six se trouvent dans le Gard et tous mâles et ne présentent donc pas de cônes. Eh oui, le cade est de la famille des conifères. Celui-ci a de toutes petites feuilles où on peut tout de même voir les deux bandes blanches (CA 2) qui le distingue du Genévrier commun.

 

Le beau Chêne vert

Le Chêne vert ou Yeuse

Tout à côté de la chapelle se trouve un magnifique Chêne vert de trois mètres de circonférence, superbe avec son port impressionnant et son houppier de vingt mètres de diamètre. C’est l’arbre représentatif de la garrigue. Le Gard en compte de nombreux et très gros individus. C’est le deuxième arbre remarquable observé.

 

Le Filaire

Yves a pris en main un rameau de Filaire à feuilles moyennes pour nous offrir une petite leçon de botanique. Nous avons remarqué ses feuilles opposées, disposées en spirales sur la branche. Elles sont caractéristiques et suivent une double action ascendante et descendante dévoilée par la génétique (j’en resterai là, peut-être avez vous mémorisé toutes ses explications.) Il nous a aussi parlé de « timidité », de facteurs d’élancement, de l’alliance du laurier avec un champignon et un puceron et de bien d’autres choses !

 

Le Nerprun alaterne

Le Nerprun alaterne

Les feuilles de cet arbuste le distingue du Filaire car elles sont alternées, vertes des deux côtés avec un rebord translucide qui le distingue aussi du Chêne vert. Il possède aussi en ce moment de toutes petites fleurs qui se transformeront en boules rouges. Nous en admireront aussi un spécimen inhabituellement grand en fin de parcours.

 

 

Le grand Pistachier térébinthe

Les Pistachiers

Yves nous a présenté un arbuste dépourvu de feuilles aux fines branches grises qui portent généralement une sorte de long haricot, une galle que l’on pourrait prendre pour un fruit. Très commun dans la garrigue c’est le Pistachier térébinthe qui se distingue du Pistachier lentisque aux feuilles persistantes. Nous avons pique-niqué à côté de l’un d’eux. Et là aussi nous en rencontrerons un très grand près de la Chapelle de Pise en fin d’après midi, ce qui a permis à Yves de nous reparler de la perte de mémoire de la dimension originelle des arbres du fait de leur régression provoquée par des sélections successives des grands spécimens par l’homme (hum ! difficile à expliquer !) tels que ceux que nous venons de signaler : le Filaire, le Nerprun, le Pistachier. Les grands individus qu’on a laissé pousser sont rares donc étonnants.

 

Le Fragon ou petit Houx

Le Fragon ou petit houx

C’est le « houx des garrigues ». Certains en font des bouquets à Noël car il porte de belles boules rouges mais il est très piquant. C’est une plante curieuse avec ses feuilles qui n’en sont pas se terminant par une pointe redoutable. Ce sont des cladodes, de petits rameaux qui portent sur leur envers une toute petite fleur qui deviendra un fruit rouge.

 

Le cimetière

Le cimetière

Peu après la chapelle, nous avons emprunté un sentier bordé de végétation pour nous arrêter ensuite devant un curieux enclos circulaire délimité par une longue grille en fer. Un enclos planté de Cyprès et de Pins qui renferme quelques tombes. Sans doute un cimetière protestant, mais de taille inhabituelle. La plus ancienne tombe porte le nom de la famille Bros de Puechredon.

 

Dans la grotte

La grotte

Nous avons continué le sentier très agréable, bordé des arbres caractéristiques de la garrigue que nous venons d’évoquer ainsi que de grands rochers de calcaire dur. Parmi eux se trouve quelques grottes. Nous sommes descendus dans la grotte de Bergeron, une jolie cavité tout en longueur au plafond couvert de petites concrétions en formation. Cette longue salle se poursuit par un petit boyau accessible aux seuls spéléos (dont fait partie Yves).

 

Le plan du castellas de F. Mazauric

Le Castellas

Le sentier balisé bifurquait soudain en direction du Castellas, nom courant des gros châteaux de la région. Il porte le nom de château de Roque-Haulte ou Roucaute et il est souvent rattaché au village de Bragassargues qu’il domine. C’est une ancienne forteresse des Comtes Bermond de Sauve, bâti au 12e siècle. J’ai trouvé (sur internet) un plan du château réalisé par Félix Mazauric, archéologue et conservateur du Musée archéologique de Nîmes. Dans le livre de 1910, « Statistiques des enceintes préhistorique et protohistorique du Gard » , il y distingue quatre enceintes successives de la protohistoire au Moyen Age.
Il est dit par ailleurs que c’était le château de la reine Blanche de Castille et que les troupes royales de Saint Louis attaquèrent le château en 1240 et le rasèrent presque complètement.
Il en reste en effet que des tronçons de murs solides. On y entre par une belle porte médiévale, seul vestige debout et l’intérieur est un amoncellement de roches et de murs renversés.
Nous avons grimpé jusqu’au bord de la falaise où nous avons pique-niqué face à une vue splendide sur Bragassargues et le moutonnement vert des bois de Chênes et autres arbres persistants.

A l’écoute de la légende du Castellas

Légende du Castellas

Bien reposés, nous avons ensuite atteint le sommet du Castellas, peut-être le donjon où Yves nous a raconté une histoire sur le château transmise par le Maire du village passionné de numismatique.
Il est dit (par A. Rulman) qu’un berger découvrit dans les ruines du château un trésor de pièces anciennes enfermées dans une urne en bronze en forme de casque. Les pièces portaient en face un soleil sous un nuage et au revers de grandes armoiries écartelées. Le texte de la légende est consultable en pièce jointe confié par Yves. Mais on ne sait pas ce que sont devenues les pièces d’or !

Contournant les ruines du donjon, nous avons traversé en file indienne les différentes enceintes en prenant garde où nous mettions les pieds et nous sommes revenus à notre point de départ après nous être arrêtés pour admirer un curieux champignon jaune citron joliment installé sur le tronc ou les branches de quelques arbres, comme une fleur, la Trémelle. Nous avons ensuite terminé la balade en nous arrêtant devant le grand Nerprun et le grand Filaire, deux arbres remarquables cités plus haut.

Interrogé sur ses inventaires, Yves déclare : « Sur les 10 000 arbres isolés que j’ai vus en 20 ans, on peut considérer qu’un bon millier sont remarquables à différents titres, soit pour leurs mensurations soit pour leurs relations avec l’homme.
Pour les chênes pubescents environ 150, pour les chênes verts une cinquantaine. Finalement cela fait en moyenne un remarquable par commune ». 

 

La Chapelle de Pise

La Chapelle de Pise

Comme certains du groupe ne connaissaient pas cette chapelle exceptionnelle découverte l’an passé et qui se trouvait tout près, Yves a bien voulu nous y accompagner (cf compte-rendu – accès protégé)
Après en avoir fait le tour et admiré les arcatures, sculptures et vitraux, nous avons rencontré son propriétaire en revenant vers les voitures. Aimable, il a accepté de nous recevoir dans sa chapelle un jour prochain.

 

 

Cette première sortie de l’année fut une journée bien agréable de découvertes des beautés de la nature et d’un territoire proche et pourtant méconnu. Une belle balade autant naturaliste que patrimoniale.

 

Pour aller plus loin

 

Quelques photos de la visite

 

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